ORCUITE. — TROUBLES DES FONCTIONS GÉNITALES
modifications anatomiques, aux conséquences d'inflammations du canal de l'urèthre, des testicules et de leurs annexes, du cordon spermatique, de la prostate etc., également encore à des néoformations, etc. Le traitement électrique n'aura pas grand chose à faire ici et, dans la règle, paraîtra rarement nécessaire.
Toutefois une autre portion des cas doit être rattachée à des affections organiques graves du système nerveux (périphérique ou central). Les troubles des fonctions génitales, les pollutions, l'impuissance, La spermatorrhée, le priapisme etc., ne sont ici que le symptôme d'un tabès au début, d'une myélite chronique, d'une compression de la moelle épinière possibles, ou bien encore d'une lésion plus grave des nerfs de la queue de cheval etc. On sait que quelques affections de la moelle épinière affaiblissent habituellement de bonne heure ou même souvent anéantissent les fonctions sexuelles, (ainsi en particulier le tabès, la myélite transverse, la compression, la méningite chronique), tandis que ces mêmes affections laissent, chez d'autres individus, les fonctions génitales absolument intactes (ainsi les formes diverses rie poliomyélite, la paralysie spinale spastique etc.) Pour les premières, le traitement électrique peut intervenir avec avantage en agissant directement comme médication symptomatique sur les fonctions génitales troublées, en faisant disparaître, après guérison delà maladie fondamentale, la faiblesse persistante des dites fonctions. Toutefois la possibilité de la guérison ou même de l'amélioration sera toujours gouvernée par l'affection principale et dépendra de cette dernière ; et comme Bénédikt le fait très judicieusement remarquer, il n'est pas d'ailleurs toujours absolument avantageux pour les malades que l'on rétablisse prématurément ces fonctions ; en effet, chez un tabétique, l'excitation et la surexcitation de la moelle épinière rendues par là de nouveau possibles, peuvent très aisément devenir très nuisibles par suite d'un coït répété.
Un troisième groupe embrasse ces cas de troubles génitaux fonctionnels, dans lesquels ces derniers existent à l'état d'isolement, proviennent de causes locales, sont provoqués d'ordinaire par une surexcitation de la fonction et par suite font l'objet principal des plaintes et du traitement ; ou bien dans lesquels, ils ne sont que le symptôme d'une névrose fonctionnelle générale, d'une névrasthénie, d'une irritation spinale, d'une hypochondrie etc. Enfin ces troubles peuvent, se développer sur la base d'une diathèse névropathique, d'une faiblesse et excitabilité nerveuses générales, peut-être par suite de causes bien moins importantes et différentes, excès vénériens, inflammation, états d'excitation et d'affaiblissement du canal de l'urèthre dans la région des conduits éjaculateurs). Ce sont de beaucoup les formes les plus fréquentes et celles également à propos dequelles le traitement a
présenté ses plus beaux résultats et pour lesquels l'électrothérapie est tout spécialement indiquée. Ce sont, pour la plupart des degrés divers de faiblesse irritable de la région sexuelle qui nous occupent ici et qui amènent, par une série de conséquences v ariables l'affaiblissement de la virilité, une éjaculation hâtive, une érection défec tueuse, des pollutions nocturnes anormalement fréquentes, finalement des pollutions diurnes et la spermatorrhée : états qui ensuite sont le plus souvent accompagnés de toute une série de symptômes nerveux différents, de phénomènes névrasthéniques dans toutes les zones nerveuses possibles, mais particulièrement d'une disposition fortement hypochondrique.
Mais il y a encore en outre des cas particuliers, que l'on ne peut ranger dans aucun de ces trois groupes, dans lesquels par exemple l'impuissance absolue, les pollutions anormales ou l'aspermie se présentent chez des hommes d'ailleurs très bien portants, d'un passé irréprochable et sans nul signe d'une affection des parties génitales ou du système nerveux. Enfin il existe aussi certains troubles qui naissent par suite du diabète, de l'intoxication saturnine, de l'alcoolisme et autres.
Tous ces états divers ont été soumis, avec un bonheur plus ou moins grand, par différents observateurs, à l'action du traitement électrique. Les résultats que mentionnent Schulz, Bénédikt, Môbius, etc., et auxquels je pourrais ajouter toute une série de succès, prouvent à coup sûr qu'il faut accorder très positivement une grande importance sur ce terrain, au courant électrique et que l'on peut obtenir; dans bien des cas, au moyen du traitement électrique seul ou uni à d'autres adjuvants simultanés des résultats très satisfaisants.
La méthode de traitement à employer ici doit être naturellement avant tout dirigée contre l'affection fondamentale et pour beaucoup de cas cela est même l'essentiel. Je vous renverrai, à ce point de vue, à ce que je vous ai dit, en temps et lieu, du traitement des affections cérébrales et de la colonne vertébrale et surtout du traitement de la névrasthénie et des étals qui s'y rattachent. En tant que ces choses rentrent dans le domaine de l'électrothérapie, il faut essayer naturellement tout d'abord les méthodes d'application qu'elles réclament.
Mais avec cela seul vous n'aboutirez pas en général, car, dans beaucoup de cas, dans la plupart même, vous devrez y ajouter encore un traitement électrique direct des organes sexuels, tout semblable à celui qui est mis en pratique, lorsque ces affections présentent d'autres symptômes. Et d'autre part ce traitement direct sera, plus d'une fois, la chose principale ou même cefle qui deva être exclusivement appliquée, lorsque l'affection sexuelle sera le seul ou du moins le plus apparent symptôme de l'état général pathologique.