‹ Traité d'électrothérapieChapitre 33 sur 290 · QUATRIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

QUATRIÈME LEÇON

Sommaire : Lois physiques de la distribution du courant et application de ces lois à l'électrolhérapie. — Lois d'Ohm. — Force <le centrant. Résistance des différents conducteurs : résistance des tissus animaux particulièrement de Tépiderme. — Différences individuelles d'homme à homme et leurs conséquences. Résistance matérielle et extra-matérielle ; conclusions qu'on en lire pour la construction des appareils. — Densité du courant et lois de cette densité. Déductions pratiques pour les différents besoins de l'électrothérapie. — Effets électrohjtiques et cataphoriques.

Dans la grande pluralité des cas, l'intention manifestée par le thérapeutiste est de faire agir le courant électrique sur des points isolés et déterminés du corps humain, sur les parties malades, dont la forme et le fonctionnement sont dérangés, de le faire agir avec une certaine force, densité et direction, quelquefois même d'une manière prépondérante avec l'un des deux pôles. C'est ainsi qu'on veut opérer pour ramener la santé.

Vous avez appris à connaître, dans les leçons précédentes, les sources du courant et les appareils servant à le manier commodément, lors de son introduction dans le corps. Aujourd'hui nous avons à examiner de quelle manière nous pouvons faire pénétrer le courant dans h' corps humain et le localiser, comme nous le désirons, sur certains points déterminés. Il faut, à cet effet, nous rappeler les lois de la distribution du courant en différentes parties conductrices. Le corps humain n'est pas autre chose qu'une grande masse conductrice, présentant des résistances déterminées ; aussi peut-on lui appliquer d'une manière illimitée les lois qui président à la distribution de l'électricité dans de grandes masses conductrices.

Or ces lois sont celles d'Ohm, bien connues ; leur parfaite connaissance importe extrêmement au médecin; ce n'est qu'en y obéissant constamment, en les étudiant à fjnd et en les utilisant avec habileté que vous serez à même d'appliquer le courant d'une manière rationnelle cl scientifique. Je ne connais, en physique, rien de plus important, pour le thérapeutiste, que la connaissance exacte de ces mêmes low : il l.nit qu'elles soient continuellement présentes à votre mémoire el que vous puissiez les utiliser dans toutes les directions. Je dois naturellement me borner ici à ne mentionner que les points essentiels et à laisser à vos réflexions la complète élucidation de ces lois.

1° La force du courant (intensité = Ij dépend en première ligne de la force électromotrice (= E), des combinaisons employées pour la produire, des métaux el liquides utilisés par la chaîne, de la place des métaux dans la série des tensions, de la force des aimants indui- Bantsou du courant induisant, du nombre des torsions sur les rou-

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leaux, etc. Si ensuite vous égalisez tous les autres rapports, particulièrement l'arc de fermeture, et la forme extérieure des différentes combinaisons, la force du courant devient directement proportionnelle à la force électromotrice d'une chaîne ou de toute autre source d'électrieité.

11 résulte de là que les différents éléments et les différentes combinaisons peuvent avoir une valeur distincte et qu'en faisant un choix parmi eux, il faut tenir compte des différences de leur force électromotrice. Si l'on veut obtenir une certaine force de courant, et elle doit être relativement assez considérable, dans l'électrothérapie, il faut choisir exclusivement des éléments d'une force électromotrice relativement assez considérable, des appareils d'induction d'une grandeur déterminée et d'un nombre suffisant de torsions. Du reste la pratique courante a suffisamment tranché ces questions.

2° Mais vous trouverez immédiatement qu'à égalité de force électromotrice, la qualité de l'arc de fermeture exerce une influence notable sur la force du courant (je suppose naturellement, à ce propos, que vous employez l'une ou l'autre des ressources que la physique met à votre disposition pour mesurer la force du courant). En effet l'arc de fermeture oppose une certaine résistance (= R) à l'écoulement du courant ; des arcs de fermeture de constructions diverses provoquent des résistances plus ou moins grandes, mais suivant la diversité de ces résistances se produisent aussi des modifications dans la force du courant ; la loi qui exprime ces corrélations, est ainsi conçue : la force du courant est inversement proportionnelle à la résistance de la chaîne de fermeture.

De la comparaison de ce paragraphe avec le précédent, se déduit immédiatement l'expression réelle de la force du courant dans une combinaison close : la force du courant est égale à la force électromo-

E trice divisée par la résistance, c'est-à-dire I = -r— *.

Ce théorème a une importance pratique considérable ; car, dans le corps humain, comme vous allez l'entendre, nous avons affaire à d'énormes résistances, qui entravent la direction ; voilà pourquoi, dans certaines circonstances où dans un but thérapeutique, nous sommes obligés de choisir des combinaisons de force électromotrice relativement considérable, nous n'obtiendrons cependant que des courants d'une force relativement médiocre.

3° Mais des recherches ultérieures vous apprendront que la qualité du conducteur, dans l'arc de fermeture (qu'il s'agisse de différents métaux

Noua rappelons une fois pour toutes que nous avons, conformément à la notation adoptée par Erb, exprimé les formules par les lettres initiales des mots français qui en représentent les termes.

| | l'REAMBL LE DE PHYSIQUE

ou liquides, de solutions salines, île tissus animaux, ou, n'importent quels autres), n'es! pas seule à exercer de l'influence sur la résistance qu'il présente; la forme du conducteur oppose aussi de la résistance. Prenez, parexemple, une quantité déterminée, 500 grammes d'un métal quelconque, comme le cuivre; vous pourrez l'obtenir sous forme d'un eylindre court et épais ou sous forme d'un fil ayant cinquante mètres de longueur : vous trouverez que le fil de cuivre, intercalé dans l'arc de fermeture, oppose au courant une résistance toute autre que celle du petit cylindre en cuivre. En examinant de plus près, on remarque que la résistance d'un conducteur quelconque est directement proportionnelle à sa longueur (que. par conséquent, elle s'accroît quand la longueur B'accroll et, inversement proportionnelle à sa coupe transversale (que, par conséquent, elle s'accroît quand la coupe transversale décroît).

Il résulte de là immédiatement pour la source du courant, (d'après le théorème 2) que la force du courant diminue quand la longueur du conducteur augmente (c'est-à-dire qu'elle est inversement proportionnelle à la longueur du conducteur), mais que, par contre, elle augmente avec r augmentation de sa coupe transversale, (ce qui veut dire qu'elle est directement proportionnelle à la coupe transversale). Le courant sera donc (toutes choses d'ailleurs égales), d'autant plus fort que l'arc de fermeture sera plus court et plus épais et d'autant plus faible que cel arc sers plus long et plus mince. De ces théorèmes, qui sont presque les plu6 importants pour nos études, se déduisent immédiatement certaines conclusions, relatives à l'éleclrothérapie, nous devons les examiner de plus près, pour mettre en relief sur notre terrain spécial précisément ces importants détails.

Les différents corps conducteurs présentent au courant des obstacles divers : les métaux sont de beaucoup les meilleurs conducteurs ; mais entre tous, X argent pur est celui qui résiste le moins ; viennent ensuite le cuivre, l'or, le zinc, le fer, le platine, le palladium, etc. La plus forte résistance est présentée par le mercure (elle est environ cinquante fois plus forte que celle de l'argent). Les deux métaux sont employés comme unités de mesure en fait de résistance '.

Des résistances bien plus grandes proviennent de divers liquides conducteurs tel> que diverses solutions salines, des acides dilués, etc. Ils sont bien plus mauvais conducteurs que les métaux et offrent une résistance 10,000 fois et même 300,000 fois plus grande que celle du mercure : la | lus mauvaise conductrice est l'eau pure distillée, dont la résislanceesf 120 millions de foisplus grande que celle du mercure (Zech). Mais une -impie addition de sels ou d'acides suffit pour augmenter considérablement sa vertu conductrice.

i . L'unité la plus usuelle, celle de Siemens, est égale à la résistance d'une colonne de mercure, d'un millimètre de diamètre et d'un mètre de longueur.

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