DIFFERENCES DE RESISTANCE DE LA PEAU
mince que la couche cornée, dûment humectée, peut prendre ellemême une part essentielle à la conductibilité du courant.
Toujours est-il que les différences d'épaisseur et d'humectation de IVpiderme, que le nombre des villosités et des orifices glandulaires suffisent amplement à expliquer que l'épiderme, sur plusieurs parties du corps, puisse opposer des résistances différentes au courant électrique et que, chez divers individus, on observe, aux mêmes places, de notables différences, en ce qui concerne la résistance au courant électrique.
Le sexe, l'âge, la race et le régime exercent ici la plus grande influence ; des portions de l'épiderme non recouvertes se comportent autrement que ces mêmes portions couvertes par les vêtements, exposées à de fréquentes pressions, autrement que celles qui n'y sont pas exposées; celles pourvues de beaucoup de pores de dégorgement autrement que celles qui en ont moins ; les personnes qui transpirent souvent et beaucoup, se comportent autrement que celles qui ont la peau habituellement sèche; celles qui souvent se lavent, se savonnent, se trottent d'essences, etc., autrement que celles qui ne le font pas. De toutes ces conditions que l'électrothérapeute prudent ne doit jamais perdre de vue, résultent des différences extraordinaires dans la conductibilité de la peau, et il importe extrêmement d'en tenir compte. Permettezmoi de citer, comme exemples, quelques nombres qui prouvent énergiquement les différences individuelles et locales qui signalent la résistance de la peau au courant électrique.
Placez successivement, sur différentes parties symétriquesdu corps, les mêmes électrodes avec la même humectation, avec une eau également chaude, une durée égale de courant, en intercalant le même galvanomètre, le nombre des éléments restant toujours le même, vous obtiendrez aux parties du corps énoncées ci-dessous, les déviations suivantes de l'aiguille, à peu près proportionnelles à la force du courant :
Aux deux tempes, 40°
Aux deux joues, o0°
Aux deux surfaces parallèles du cou, 35°
Aux deux omoplates, 20°
Aux deux muscles lombaires, è>°
Aux deux faces antérieures des cuisses, 3°
Aux deux articulations du genou, 26°
Aux deux faces externes de la jambe, 2°
Aux deux faces antérieures des bras, 25°
Aux deux faces externes des avant-bras, 22°
Aux deux paumes des mains, 20°
Vous trouverez que les mêmes proportions existent chez toutes les personnes possibles. Les différences de résistance de conductibilité sur
les mêm$$ points de la peau chez différents individus sont souvent encore plus remarquables. Chez dix jeunes gens bien portants, j'ai trouvé les déclinaisons suivantes de l'aiguille, en suivant le même ordre dans mes expériences, anode sur le sternum, kathode sur le nerf cubital du bras droit :
IQo 18» — 9° — 7° — 0° — 1G° — 6° — 16° — 4° — 8°.
Ghez deux jeunes filles, j'obtins, avec une pile de dix éléments, en plaçant l'anode sur la région lombaire, la kathode sur la nuque, chez l'une 33° de déclinaison de l'aiguille, chez l'autre 5° seulement (pour cette dernière, il fallut treize éléments pour amener 33° de déclinaison de L'aiguille).
Ghez deux /munîtes atteints de paralysie saturnine, que j'examinai simultanément et qui prirent tous deux des bains sulfureux, j'obtins les notables différences suivantes dans deux expériences:
Ie Expérience. Anode sur le sternum, Kathode sur le deltoïde gauche. Cas A (âge de 44 ans) Cas B (âge de 26 ans)
Avec 6 éléments :U° comme déviation de l'aiguille 4° comme déviation de l'aiguille.
Avec 4 éléments •26° 2° —
Avec 2 éléments 16° 0' —
2e Expérience. Anode sur le sternum ; {Cathode sur le nerf radial droit. Avec 6 éléments unme déviation de l'aiguille 7° comme déviation de l'aiguille.
Avec 4 éléments l \ ■ — 3° —
Avec 2 éléments
Ainsi des différences énormes dont je pourrais encore multiplier les exemples.
Chez la même personne, à une seule et même place de la peau, la résistance au courant électrique subit de notables changements, avec l'augmention de la force du courant, avec une meilleure humectation. avec un afflux de sang plus considérable à la peau. Cela est extrêmement important, quand il s'agit de procéder à des épreuves quantitatives d'irritabilité et cela peut facilement se démontrera chaque instant. Quand les électrodes sont bien fixes, La déviation initiale de l'aiguille augmente avec la durée de l'effet, malgré que le nombre des éléments reste le même; elle augmente avec toute nouvelle fermeturedu courant, encore davantage à chaque commutation et elle s'arrête enfin à un chiffre bien plus élevé que le chiffre initial. Cette
RÉSISTANCE VARIABLE DE LA l'EAU 49
diminution de la résistance de conductibilité est encore plus remar- Hoable, quand on fait agir successivement des courants plus forts et que l'on revient ensuite à des courants moins forts, c'est-à-dire à un moins grand nombre d'éléments. Je cite donc l'expérience suivante: les électrodes étant bien fixées et le nombre des éléments croissant de '« en 4), l'on détermine à chaque degré, des fermetures réitérées et inversions de courant, jusqu'à ce que, chaque fois, l'aiguille du galvanomètre soit arrivée au repos ; on trouve alors :
vec 8
érn.
0° déviât
aig.
Avec
20 élém.
éviat.
d'ai
Ici donc la résistance de conductibilité a baissé peu à peu, au point qu'à la fin, avec 4 éléments on obtenait de l'aiguille une indication plus forte qu'auparavant avec 12 éléments. Cette circonstance entrave bien des fois l'insinuation du courant, dont je vous parlerai plus tard. Les causes prochaines de cette diminution de la résistance de conductibilité par l'action du courant lui-même, ne sont pas encore bien claires. Il y a lieu de songer aux effets cataphoriques du courant, à des modifications de la polarisation, mais tout particulièrement (E. Remak) à l'action du courant sur les vaisseaux sanguins de la peau, à leur élargissement et à l'humectation plus grande de la peau, ainsi provoquée, notamment aux alentours des parties velues, des glandes de la transpiration, etc. C'est sans doute pourquoi l'application d'une pâte de moutarde diminue considérablement la résistance de la peau.
Vous verrez souvent avec surprise combien est grande la résistance. que présente la peau d'un enfant. Elle est encore bien plus grande dans un âge avancé; chez les vieillards, la résistance de conductibilité île la peau est extrêmement grande, de sorte que, chez ces personnes, vous pouvez, même sur la tête, monter impunément à des nombres d'éléments «pie des jeunes gens vigoureux ne peuvent absolument pas supporter. Vous trouverez, à l'aide du galvanomètre, que cette tolérance, cette torpeur du cerveau se réduit, en règle générale, à une résistance très haute de la peau. Ainsi une fois, pour un septuagénaire, souffrant de la tète, j'ai été forcé d'employer 24 éléments Stohrer, d'une batterie fonctionnant très bien ! pour obtenir la force de courant nécessaire (de 30 à 35° de déclinaison de l'aiguille). Vous pourrez rencontrer tous les jours des faits semblables.
De là naît la règle impérieuse que voici : chez tout individu que l'on veut examine?' ou traiter, il faut juger de la résistance de sa peau, par quelques opérations préliminaires faites avec le galvanomi-trc
Erb, — Électrothérapie. 4
Comparativement à la résistance de 1'épiderme, la longueur du corps humain n'a pus ou presque pas d'importance; quelque considérable qu'elle soit, cela ne modifie guère la force du courant; celle-ci ne dépen<Lque de l'action de l'épidémie aux points où sont fixées les électrodes. Sous ce rapport, il importe d'étudier le fait suivant: quand on place les électrodes à la nuque et au creux poplité (c'est-à-dire sur un espace qui a plus d'un mètre de longueur), le courant est beaucoup plus fort que si l'on pose les électrodes à 10 ou 15 centimètres de distance sur les deux omoplates ou dans la région des reins. L'expérience suivante fera connaître les détails de l'opération :
Somme bien portant, d'âge moyen. Deux électrodes « moyennes », Aet R
appliquées en différents endroits, courant de 10 éléments, fermé jusqu'à ce
que l'aiguille s'arrête au point de repos, puis commutation et deuxième
lecture de la déclinaison de l'aiguille, galvanomètre. 150 de résistance.
1° Électrode A sur la nuque, B sur le creux poplité, distance 100 ctm.
Déclinaison de l'aiguille, lors de la première direction du courant, 19°.
« après le changement du courant, 24°.
2° Électrode À à droite, B à gauche, sur le muscle des reins. Dist., 10 ctm.
Déclinaison de l'aiguille lors de la première direction du courant, 10°.
« lors du changement, lo°.
I Électrode A sur le sternum, B sur la surf. int. de l'av. -bras. Dist, 50 ctm.
Déclinaison de l'aiguille lors de la première direction du courant, J°.
« après l'inversion, 8°.
4° Électrode A sur le sternum, B sur le muscle deltoïde. Dist. 21 ctm.
Déclinaison de l'aiguille après la première direction du courant, 11°.
« après le revirement, 15°.
.1° Électrodes A et B sur Ja surface interne de l'avant-bras. Dist. ;i ctm.
Déclinaison de l'aiguille lors de la première direction du courant,
« Après le revirement, 2°.
.N'importe quelles variantes de cette expérience démontrent toujours l'indépendance de la force du cornant par rapport à la plus ou moins grande un petite distance des électrodes.
Dans l'application ordinaire, la force du courant qui pénètre dans le corps même, dépend surtout de la résistance de l'épiderme ; tout le reste n'a qu'une importance secondaire. Et comme la longueur 'I ■ i->- conducteur (c'est-à-dire l'épaisseur de l'épidémie), n'éprouve nulle part de notables différences, il est naturel de penser que seule la coupe transversale, gué fou peut modifier à volonté, joue un rôle décisif, dans L'introduction d'un fort courant dans le corps, c'est-à-dire que la grandeur de la surface épidcrm\que servant à introduire le courant dans le corp- autrement dit la grandeur des électrodes appliquées sur l'épidémie . détermine en réalité la forer du courant; quant à ce qui gît sous cette couche épidermique, c'est assez indifférent,