FORMULE .NORMALE DE LA REACTION GALVANIQUE DE L ACOUSTIQUE
rants plus forts, par une intensité plus grande et par une durée quelque peu plus longue ; elle n'est plus alors une sensation de son momentanée, car elle ne cesse que peu à peu de se faire entendre, tant que la fermeture de la chaîne persiste ; c'est ce qui a déterminé Brenner à admettre dans la formule normale du nerf acoustique, une durée de kathode (KaD), c'est-à-dire la sensation qui, durant une longue fermeture existe avec la kathode d'analogue complet du KaFTe dans la loi de commotion des nerfs moteurs). La formule normale et complète du nerf acoustique est donc conçue en ces termes :
KaFS ' = son bruyant
KaDS > = son décroissant et s'évanouissant
KaO =3 rien
An F — rien
AnD =3 rien
AnOs = son court est faible
On ne peut constater cette formule normale chez différentes personnes qu'avec des forces de courants différentes ; mais chez une seule et même personne examinée, il faut maintenir toujours une force de courant à peu près identique, il est bien plus facile d'établir la réaction KaF qui se manifeste plus promptement, que la réaction AnÛ ; pour obtenir cette dernière, on fera bien d'employer auparavant une plus longue durée de courant.
Nous trouvons donc ici, sur un nerf du cerveau, que la loi des diflérentes actions polaires trouvées par les physiologistes, la Ka n'existant que lors de la fermeture et l'anode rien qu'à l'ouverture, que cette loi, dis-je, se manifeste avec une merveilleuse précision et netteté ; et il est intéressant au plus haut point, de lire dans Brenner et d'autres combien est parfaite la concordance des phénomènes sur les nerfs moteurs et sur le nerf acoustique, même sous tous les autres rapports, en ce qui concerne la manière de se comporter envers la durée de fermeture, les changements du courant, les fermetures réitérées, les simples fluctuations du courant, etc.
Et cependant nous devons ici nous demander avec étonnement pourquoi nous n'obtenons sur ce nerf que les pures actions polaires. Car il est absolument nécessaire, d'après nos analyses antérieures que, là où se trouve une kathode sur le nerf, il y ait aussi une anode et nous devrions donc ici, aussi, comme sur le nerf moteur, avec l'excitation de la kathode, nous attendre à trouver l'effet de l'anode virtuelle secondaire et vice versa. Pourquoi n'est-ce pas le cas ici? Hitzig a tenté d'en donner une explication qu'il formule à peu près en ces termes : d se peut bien, par suite de circonstances anatomiques spéciales (situation du nerf dans un canal osseux, entrée directe dans la masse cérébrale, divergences des fibres acoustiques dans l'organe central), que
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la densité des traînées de courants déterminant l'action polaire secondaire devienne si faible que celle-ci soit ordinairement inerte. Nous verrons bien, à vrai dire, qu'en pathologie ces effets (c'est-à-dire réaction KaO et AnF) peuvent se produire, soit par suite de changements pathologiques le la conductibilité, soit par suite de l'excitabilité du nerf lui-même . Il serait aussi possible que les appareils terminaux et extrêmes du nerf acoustique, soient seuls à même d'être excités par le courant galvanique et que ceux-ci réagissent dès lors toujours exclusivement sous l'influence du pôle qui est le plus rapproché d'eux, tandis que l'intervention nécessaire de l'autre pôle virtuel n'a lieu que dans la région centrale du nerf, qui n'est peut-être pas du tout excitable ou ne l'est que très peu avec des courants si faibles.
Ici encore ii'Mi- sommes naturellement dans l'ignorance: s'agit-il, dans ce qu'on appelle l'excitation acoustique, d'une excitation du tronc nerveux lui-même ou d'une excitation de ses ramifications finales et des organes acoustiques terminaux? Pour le moment, je ne vois aucune possibilité de résoudre cette question d'une façon définitive. Mais tout cela n'entrave aucunement la constance ni la certitude de la réaction acoustique galvanique et ne peut nullement en diminuer l'application pratique à des questions de diagnostic et de thérapeutique.
On a aussi essiiyé d'exciter le nerf auditif par une électrode introduite dans la trompe d'Eustache, et poussée même jusque dans la cavité du tympan. Ces études ont aussi été faites à l'instigation de Brenner, Dans cette série d'expériences se manifestent aussi les sensations galvaniques de son ; mais peu de chercheurs seulement se sont adonnés à ces recherches ; les résultats obtenus par Wreden sont plus que douteux et, jusqu'ici, personne ne Jes a confirmés: mai-, comme la question ne présente qu'une importance secondaire pour l'électro thérapie, nous n'avons pas de raison pour nous y arrêter davantage. Nous eu dirons autant de Y excitation directe des muscles intérieurs de V oreille, en parlant de la cavité du tympan ; cette question a été, il y a quelques années, l'objet d'une vive discussion, restée sans résultat. Ce sera l'affaire des spécialistes de l'ouïe de pousser plus loin l'étude de ces questions de détail qui ne sont pas complètement dénuées d'intérêt.
De toutes les actions des courants galvaniques sur les nerfs cérébraux, celle qui est connue depuis le plus de temps et qui a été le mieux étudiée par les anciens galvanistes, est l'action sur les nerfs du goâti On peut, avec les éléments galvaniques les plus simples, avec un morceau de iinc et de cuivre, produire sur la langue une sensation particulière, acide, saline, métallique, qui, avec des courants plus forts apparaît aussi Ires facilement, lors de l'application des électrodes sur les joues, I ■• cou, les tempes, les apophyses mastoïdes et la nuque. C'est ce que l'on appelle le goût galvanique. On peut très facilement le produire, même de régions assez éloignées; il nous montre à quel