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INFLUENCE DES COURANTS ELECTRIQUES SUR LA PEAU

oes aux pôles sont de nature qualitative ou, comme le pense Von Ziemssen, seulement quantitative. J'admettrais plutôt cette dernière, ne fût-ce que pour le rôle qu'y jouent indubitablement les actions électrolytiques.

Ces dernières sont aussi, incontestablement, la cause de l'action cau$ tique, bien connue de la kathode. Si Ton met sur la peau une petite kathode métallique (pendant que l'anode, sous la forme d'une grande électrode spongieuse, ferme le courant), et que le courant soit fort, il se produit bientôt, avec les plus vives brûlures, une vésicule remplie d'un liquide trouble, dont le contenu présente une réaction fortement alcaline. Après l'éloignement de l'électrode, cette vésicule se change bientôt en une petite escharre brune, qui tombe, après un temps assez long, en laissant une perte de substance et une cicatrice durable, assez souvent colorée. A l'anode, on trouve, en suivant le même mode d'expérience, des résultats comparativement moindres, l'électrode métallique brillant se ternit et se noircit par l'oxydation ; la phlyctène qui peut se trouver sur la peau, émet, quand on la pique, un liquide d'une réaction acide.

Quand les électrodes sont humides et bien recouvertes, vous ne remarquerez jamais rien de semblable; mais si la couverture a été endommagée et si un coin ou rebord métallique touche directement la peau, l'action caustique se produit et il naît de petites phlyctènes. Bien des patients sont recouverts de plaies et de cicatrices, sur les parties de la peau qui ont été traitées par des thérapeutistes négligents et maladroits, et ils ont ainsi éprouvé bien des souffrances inutiles ; c'est là un inconvénient qu'il est facile d'éviter.

En tout cas, il est certain qu'on peut produire sur la peau des modifications très sensibles de circulation, d'irrigation et de nutrition par l'action, principalement, du courant galvanique et il n'existe, je pense, pas de fait aussi péremptoire que ces manifestations, pour démontrer que le courant surtout, peut en général produire de semblables effets sur les tissus du corps, et par là, modifier aussi d'une façon favorable, les troubles pathologiques de la circulation et de la nutrition. Il est vrai que nous ne pourrons jamais agir sur des parties internes et profondément cachées, avec autant d'énergie, avec un courant d'une aussi grande densité que sur la peau extérieure; mais, en fin de cause, ce n'est pas toujours nécessaire pour déterminer des effets thérapeutiques.

"n a étudié, sous bien des faces, l'action physiologique des courants électriques sur le cerveau ; mais il n'y a guère plus de dix ans que les résultats des travaux relatifs à cette question n'étaient rien moins que satisfaisants; on n'avait même fait aucune découverte en ayant parfois à sa disposition un cerveau mis entièrement à nu. On

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se demandait même si le cerveau ou du moins les hémisphères cérébraux, pouvaient être excités par les courants électriques.

Les recherches de Hitzig fen collaboration avec Fritsch) ont fait époque, sous ce point de vue ; l'ignorance, à cet égard, disparut comme par un coup de baguette. On venait de réussir à démontrer que certaines parties de l'écorce cérébrale, prudemment excitées, pouvaient subir l'influence du courant faradique comme celle du courant galvanique et que leur excitation produisait des commotions musculaires sur la moitié opposée du corps. Je n'ai naturellement pas à insister sur ce point : vous connaissez, tous, les résultats de ces expériences physiologiques, et le grand débat qui s'y rattache, débat qui dure encore aujourd'hui, sur l'importance de ces « (zones motrices), comme on les appelle et généralement sur la localisation des fonctions cérébrales. Je n'ai qu'une mention spéciale à faire ici, c'est que, contrairement à l'action des nerfs périphériques moteurs, AnF produit une excitation plus forte sur l'écorce grise du cerveau, que KaF; peut-être faut-il attribuer cet état de choses remarquable à la différence de réaction chimique qui existe entre la substance nerveuse grise et la substance nerveuse blanche ; les fibres nerveuses périphériques et vivantes ont une réaction alcaline (Funke) ; par contre, la substance grise du cerveau est toujours acide. La substance blanche est neutre ou faiblement alcaline (Gscheidlen). Une fermeture de la chaîne, quelque courte qu'elle soit, au milieu de forces de courant faibles et moyennes, diminue l'excitabilité à l'égard du même pôle et l'augmente à l'égard de l'autre. Ce sont les changements de courants qui sont les excitants les plus puissants. Le courant faradique aussi est efficace et Ferrier, clans ses recherches, l'a utilisé d'une manière presque exclusive.

On sait en outre depuis plu» longtemps que les corps striés et une partie de la couronne rayonnante ont, lors de l'excitation électrique, ■ les actions motrices — quant aux autres choses, sensations cérébrales, sensibilité, vertige, effets psychiques, l'expérience, faite sur un animal, ne pouvait naturellement pas les élucider.

Hitzig, dans ses recherches, avait pris, pourpoint de départ, des .-xpériences faites sur des lapins en parfaite santé, sur la tète desquels il dirigea des courants intenses ; il remarqua, durant ce temps, d'étranges mouvements dans les yeux et il les retrouva chez l'homme.

Ces expérience- forment la transition aux recherches, d'ailleurs bien antérieures à celles de Hitzig, sur l'homme vivant. On avait longtemps affirmé et cru que le cerveau, enchâssé, comme il l'est, dans une solide charpente osseuse, n'était pas accessible au courant électrique et que, par conséquent, tous les effets seraient superflus, pour atteindre électriquement le cerveau de l'homme vivant. Cette opi-

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