EFFETS DE LA GALVANISATION DE LA TÈTE
nion est complètement réfutée par mes expériences, approuvées de toutes parts. Déjà Remak et Benedikt l'avaient combattue par des arguments empruntés à la clinique ; d'ailleurs elle n'a plus de raison d'être en face des phénomènes qui se manifestent lors de la galvanisation de la tète. Aujourd'hui personne ne prétend plus que la boite du crâne soit inaccessible aux courants électriques et moins encore le cerveau lui-même.
Effectivement, nous voyons, quand on galvanise la tête, se produire une série de phénomènes très féconds et que nous ne pouvons expliquer que par l'action de l'électricité sur le cerveau. A ce propos, il importe de déclarer que la faradisation de la tête ne produit pas le même effet. Le courant faradique paraît, quand on dirige sur l'homme les courants électriques disponibles, être aussi peu actif sur le cerveau que sur les organes des sens ; mais on ne doit pas en conclure qu'il lui soit impossible de pénétrer dans le cerveau.
Quand on applique le courant galvanique au crâne de telle façon que la plus grande partie des traînées du courant passe par le cerveau (c'est-à-dire un peu transversalement par les tempes ou par les apophyses mastoïdes, ou du front à la nuque), le phénomène qui apparaît le premier et qui ne fait presque jamais défaut, est le verlige. Ce vertige a été étudié surtout et avec la plus grande attention par Brenner, à propos de ses recherches sur le nerf acoustique et plus tard parHitzig. Il consiste dans un dérangement de l'équilibre qui, à ses degrés les plus bas, n'est que d'une nature subjective, mais, aux degrés les plus élevés, se fait remarquer par sa nature objective, par une oscillation de la tète et de la partie supérieure du corps, au point de faire tomber à la renverse le patient. Ces degrés supérieurs peuvent ensuite être accompagnés de mouvements apparents de rotation des objets extérieurs ou du sentiment de mouvements rotatoires du corps de l'individu.
De nombreuses expériences ont fait admettre une loi, d'après laquelle le vertige galvanique se manifeste d'autant plus aisément que l'angle que forme la ligne de jonction des deux électrodes sur le crâne (par conséquent, la direction des principales traînées des courants), sur la surface sagittale-longitudinale du crâne est plus grand. Ainsi le mouvement est intense principalement quand le courant est dirigé transversalement d'un côté à l'autre; il est faible et même nul sur la ligne longitudinale, qui s'étend du milieu du front à l'occiput ou à la nuque.
Quant à la direction transversale, Brenner trouva, — et le fait f m'ii t-ètre aisément constaté à tout instant, — qu'avec la fermeture du courant, il se manifeste une sensation visible de vertige, une vacillation du corps du côté de l'anode et que l'on peut constater ; mais à
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l'ouverture du courant, une vacillation bien plus faible se produit vers la kalhode. C'est aussi le cas, quand il ne se trouve qu'une électrode à la tète et que l'autre est placée sur la main opposée ou à peu près ; à AnF commence une vacillation dans la direction de l'électrode; à AnO, une vacillation dans le sens opposé ; à KaF, une vacillation vers le côté opposé au siège de l'électrode (ce côté est celui de l'anode virtuelle), et à KaO, la vacillation est dirigée du côté de cette électrode. Durant l'opération, la sensation subjective surpasse de beaucoup l'intensité réelle de la vacillation : en fermant les yeux, on croit alors avoir fait un mouvement latéral bien plus considérable que ne l'est le cas en réalité. On éprouve une sensation telle que l'on se figure « que la pesanteur d'une des moitiés du corps est supprimée et que, par suite, on tombe de l'autre côté ». Quand le courant suit strictement la ligne longitudinale, il ne se produit pas de vertige ; il fait pareillement défaut quand on applique de chaque côté sur le crâne une anode ou une kathode partagée, tandis que l'électrode indifférente, reste quelque part sur le tronc.
Mais la sensation du vertige persiste même pendant la durée du courant — surtout quand ce courant est plus fort que d'ordinaire. — Alors s'y joignent nettement des rotations apparentes des objets qui entourent le patient, lequel craint de perdre complètement l'équilibre ; aussi cette expérience l'inquiète-t-elle beaucoup. Ces rotations s'opèrent le plus souvent sur une voie verticale, les objets paraissant tourner dans le sens de l'anode à la kathode, monter du côté de l'anode et tomber du coté de la kathode. Quelquefois aussi la voie du vertige est horizontale dans la même direction, de l'anode à la kathode. Au moment de l'ouverture du courant, les mouvements apparents prennent la direction opposée.
Us sont complètement indépendants des vacillations latérales du corps que l'on peut démontrer objectivement ; Hitzig les regarde comme étant plutôt la conséquence de mouvements déterminés des yeux produits par l'excitation galvanique.
Os mouvements des yeux eux-mêmes sont vraisemblablement la conséquence d'un violent vertige et d'un trouble de la sensation musculaire, lors de la galvanisation de la tête — mais seulement quand les courants ont une intensité relative. Hitzig les découvrit et les décrivit avec une grande exactitude. Si l'on dirige transversalement un courant énergique à travers les apophyses mastoïdes, il se produit dans une direction déterminée, des mouvements d'yeux associés, sous forme de nystagmus, oscillant dans un sens rétrograde et cela toujours dans la direction du courant positif. Si donc l'anode se trouve à droite, les deux yeux sont dirigés vers la gauche, et maintenus, quand les courants sont d'une grande