GALVANISATION DE LA TÊTE I
intensité, dans les angles gauches des yeux et animés de mouvements oscillatoires. Il ne s'agit pas ici d'une action directe des centres moteurs ni des voies de conductibilité dans l'intérieur du crâne. Mais ces observations n'ont pas acquis jusque alors une importance pratique digne d'être mentionnée.
Beaucoup de sujets, outre les phénomènes du vertige et les mouvements des yeux, se plaignent en outre, quand on galvanise leur tête d'un certain hébétement, d'une sensation d'étourdissemenl et même d'une menace de syncope, qui peut mener à une syncope réelle les personnes d'une sensibilité extrême. (L'impression psychique des inquiétantes conséquences des expériences ne jouerait-elle pas un grand rôle dans cette occasion?) — Enfin on a aussi remarqué, dans certains cas, un sentiment de malaise et même des vomissements.
Il est certain que tous ces phénomènes proviennent de l'irruption du courant dans le crâne même et de l'action du contenu du crâne. Il est absolument impossible de soutenir la théorie, plus d'une fois énoncée, d'après laquelle ces phénomènes ne seraient que l'effet d'une excitation des organes des sens parce que, en cette circonstance il n'y a nullement lieu de faire intervenir une excitation notable des organes des sens et que de plus, une excitation directe et bien plus énergique de ces organe's n'amène pas du tout ces résultats. Mais on ne sait pas trop de quelles parties du cerveau émanent ces phénomènes ni quelle explication physiologique on peut en donner. Ce qui intéresse le plus est de savoir comment s'effectue le vertige galvanique, â cet effet, l'on a imaginé différentes hypothèses; la plus plausible me paraît être la suivante: il est certain qu'il existe, dans le cerveau, des organes binaires de réception et de perception pour les impressions centripètes nécessaires au maintien de l'équilibre du corps et que toutes choses égales d'ailleurs, une excitation des organes symétriques de cette espèce nous donne la sensation de l'équilibre et de la stabilité dans l'espace. Si l'on dirige le courant galvanique transversalement à travers la tête, une moitié du cerveau est placée sous l'influence de l'anode, l'autre sous celle de la kathode. Ainsi l'on a d'un côtéanélectrotonus, c'est-à-dire une diminution de l'excitabilité, de l'autre, katélectrotonus, c'està-dire son augmentation. Dès lors avec les mêmes impressions centripètes des deux côtés, ii se produit d'inégales intensités d'excitation, l'équilibre entre les deux côtés, paraît supprimé ; on voit naître la sensation du vertige et les oscillations du corps pour contrebalancer ce que l'on appelle l'absence d'équilibre. Pour le moment, nous laisserons de côté la question de savoir si les canaux demi circulaires du labyrinthe de l'oreille, qui sont, comme on le sait, en relations intimes avec l'équilibre du corps, doivent entrer en première ligne, Erb. — Électrothérapie. 8
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comme le veut Hinze, ou s'il faut admettre la responsabilité immédiate du cervelet, comme le pense Hitzig. D'un autre côté, il me semble évident que ces phénomènes ne naissent pas indirectement de changements de circulation se produisant dans le cerveau à la suite de la galvanisation de la tète, comme le pense Lowenfeld.
Les fructueuses recherches de Hitzig et de ses successeurs ont naturellement dû faire naître le désir de provoquer aussi sur l'homme vivant les mêmes phénomènes — l'excitation des zones motrices des écorces, dont la localisation pour l'homme est suffisamment connue par de nombreux faits pathologiques. J'ai fait, dans ce sens diverses expériences sur le crâne intact et tondu de près, mais le tout jusqu'ici sans aucun résulat ; mais peut-être ai-je été trop scrupuleux dans le choix de la force du courant.
Par contre, un médecin américain, R. Bartholow, n'a pas craint, dans un cas de mise à découvert du cerveau par un carcinome du crâne, d'enfoncer des aiguilles à travers la dure-mère, dans le cerveau, dans la région de la circonvolution centrale postérieure et de faire agir par ce pli le courant faradique sur le cerveau, et cela avec un grand succès.
Moi-même à la clinique chirurgicale de Heidelberg (professeur Czerny), j'eus une fois l'occasion, dans un cas de traumatisme du crâne, avec un prolapsus cérébral de la grosseur d'une pomme (qui concernait précisément la région des circonvolutions centrales), de faire des expériences sur l'excitation électrique de l'écorce du cerveau. Je les ai faites avec toutes les précautions et modifications possibles, mais je n'en ai vu aucun effet, — ce qu'assurément on pouvait prévoir, le côté opposé du corps étant paralysé.
Eu ce qui concerne La moelle épiniere les résultats des expériences physiologiques sont encore bien moindres que pour le cerveau. Même sur la moelle épiniere mise à nu, les physiologistes n'ont pas encore pu se mettre d'accord complètement sur la question de savoir quelles parties de la moelle sont excitables par l'électricité ou ne le sont pas. En tout cas, nous n'avons rien à en puiser pour notre but. On ne s'est naturellement pas attaqué à la moelle épiniere du corps intact d'un animal. Dans quelques expériences pathologiques seulement, on a excité la moelle épiniere, par une introduction sous-cutanée des électrodes (ou plutôt le contenu du canal vertébral) avec d'énormes courants faradiques et l'on a ainsi provoqué des crampes tétaniques générales.
Quelques auteurs ont étudié L'action modificatrice des courants galvaniques sur la moelle épiniere. F Ranke trouve, en poursuivant les travaux antérieurs de Nobili et Matteucci, que chez la grenouille l'activité réflexe est diminuée ou même entièrement supprimée par un cou-
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rant d'intensité déterminée traversant la moelle épinière, dans une direction rectiligne quelconque. Legros et Onimus ont trouvé que cet effet n'était confirmé que pour le courant descendant, tandis qu'ils ont constaté souvent, lors du courant ascendant, une augmentation des réflexes. Enfin Uspenski veut que l'on considère la moelle épinière comme un nerf périphérique, qui est anélectrotonisé et katélectrotonisé par le courant galvanique, et trouva des modifications de l'activité réflexe et des mouvements respiratoires correspondantes à cela. Toutes ces expériences contradictoires sous le rapport du mode d'expérimentation laissent à désirer et ne tiennent pas compte de l'arrêt des réflexes par de fortes excitations sensibles ; elles n'ont trouvé aucun crédit aux yeux de la physiologie exacte.
Les observations variées faites sur des malades, qui doivent prouver les effets calmants, antispasmodiques de la galvanisation du dos, c'est-à-dire de la moelle épinière, répondent si peu aux exigences de la méthode physiologique, qu'on n'en peut tirer aucune conclusion certaine sur l'acte physiologique de la galvanisation de la moelle épinière.
Quant « l'homme vivant, des théories physiques, mal entendues, avaient aussi fait croire que la moelle épinière était inaccessible aux courants électriques ordinaires, introduits par la peau, à cause de ses enveloppes osseuses. Cette conception aussi est aujourd'hui devenue un mythe, grâce à mes expériences, confirmées plus tard par V. Ziemssen et Burkhardt. La moelle épinière, personne n'en doute plus aujourd'hui, est accessible, tout aussi bien que n'importe quelle autre partie du corps située à la même profondeur, aux courants galvaniques d'une densité suffisante, pourvu toutefois que l'expérience soit bien combinée. C'est ce que démontrent l'expérience physique sur le cadavre et l'expérience physiologique sur l'homme vivant. Chez ce dernier, les grandesélectrodesen forme de plaques, sont posées sur le dos; on les fait traverser par des courants très intenses et on pratique des fermetures et des changements. Si la kathode est placée sur les vertèbres supérieures de la région lombaire, il se manifeste àKaF ou à une commutation à la kathode, de vives secousses dans les muscles des jambes innervées par le nerf sciatique, preuve évidente, au moins pour ce fait, que le courant a pénétré jusque dans le canal de la moelle épinière et qu'il a excité les racines de nerfs qui s'y trouvent. D'après Brenner on peut, en posant ainsi les électrodes et au moyen de courants énergiques faradiquesou galvaniques, provoquer dans les jambes des sensations excentriques. En outre, des expériences thérapeutiques nombreuses et indiscutables nous apprennent que le courant galvanique, convenablement appliqué, doit nécessairement arriver jusqu'à la moelle épinière.
Malgré cela, on ne peut pas affirmer que nous ayons des connais-
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sances positives sur l'action physiologique du courant électrique sur la moelle épiuièrc elle-même ; nos connaissances sur ce point sont donc égales à zéro.
Quant aux autres organes du corps, je puis en parler brièvement.
Les recherches électro-physiologiques n'ont guère encore été dirigées jusqu'ici, chez l'homme vivant, sur les organes de la cavité thoracique, les poumons et le cœur ; nous ne savons donc rien à cet égard ou du moins très peu ; les modifications douteuses de l'activité du cœur, lors de la galvanisation du sympathique du cou, ont déjà été mentionnées par moi. Ici je ne veux rappeler qu'un fait, c'est que, par des applications déterminées du courant électrique, on peut déterminer des mouvements de toux (Brenner) ; surtout en partant du dos, quand une électrode Ka est posée sur la nuque et que l'on procède par fermetures ou par changements, il se produit dans la gorge une toux accompagnée d'une sensation de chatouillement ; il en est de même chez beaucoup de personnes, quand l'électrode supérieure a son siège à la colonne dorsale, près de la cavité thoracique. On ne sait rien de plus précis.
Nous en savons un peu plus sur l'excitation des organes de la cavité abdominale par des courants électriques. En effet, la plus grande partie de cette cavité possède des éléments musculaires dont la plupart, il est vrai, sont des fibres lisses, et elle est par conséquent susceptible d'une excitation électrique, dont on peut dans des conditions favorables reconnaître l'effet visible.
Le foie est le moins accessible ; d'ailleurs, jusqu'ici on n'a pas, que je sache, constaté sur lui d'actions éleclrophysiologiques reconnaissables chez l'homme ; mais on prétend avoir provoqué des contractions de la vésicule biliaire, particulièrement de la vésicule biliaire fortement dilatée lors de l'ictère catarrhal ; ces contractions proviendraient d'une faradisation énergique et percutanée (Gerhardt) ; c'est là une assertion qui provoque le doute.
La rate aussi, du moins dans les hypertrophies pathologiques, a été souvent l'objet d'excitations électriques. Bien que l'expérimentation animale permette d'attendrequeîqùe chose, decetteentreprisesurl'homme, les résultats obtenus jusqu'ici sur ce dernier sont encore vagues et peu sûrs. Le courant galvanique ne paraît pas avoir exercé une influence considérable sur la rate; dans ces expériences, on s'est servi presque exclusivement du courant f'aradique. Différents observateurs (Chvostek, Berger, Botkin, Skorczewsky, Popow, etc.) prétendent avoir obtenu, en partie directement, en partie par la voie réflexe, de notables diminutions des tumeurs chroniques de la rate ; d'autres (tels que Mosler) n'ont pas eu le même bonheur. Les uns ont attaqué la rate directement, au moyen d'électrodes humides; les autres ont atteint