INTRODUCTION CATAI'IIORIQUE DE MÉDICAMENTS DANS LE CORPS
par exemple l'affaissement, l'anémie, la rudesse et la sécheresse de la peau sous l'anode, la formation de cloches sous le pôle négatif, la disparition de sueurs abondantes sous l'influence du courant. Remaka été ^initiateur dans cette voie ; mais il est encore permis de se demander -i ces phénomènes ne peuvent pas être attribués à d'autres causes. Il est toutefois vraisemblable, au plus haut degré, que ces effets cataphoriques peuvent se produire sur le corps humain vivant comme sur celui de l'animal, bien que les quelques expériences de Bernhardt n'aient eu qu'un résultat négatif *.
Mais on a essayé, dans ces derniers temps, d'utiliser ces effets cataphoriques pour introduire des médicaments dans le corps, et l'on a réussi. Déjà Von Bruns avait prouvé, par de consciencieuses recherches, que le courant galvanique peut faire passer par les corps humains, morts ou vivants, l'iodure de potassium ou du moins l'y introduire. Munk, s'appuyant sur ses nombreuses expériences, a imaginé la méthode la plus avantageuse, et il a effectivement introduit, grâce à elle, avec une certitude parfaite, des substances médicamenteuses par l'épidémie intacte, et il les a retrouvées dans l'urine ou dans la salive, ou bien il les a reconnues par leurs effets toxiques (la strychnine chez les animaux, la quinine et l'iodure de potassium chez les hommes). La méthode est la suivante : il applique deux tubes conducteurs de Dubois avec bouchons en argile sur la partie du corps, qui doit être traversée par le courant ; ces conduits sont tous deux remplis d'une solution concentrée de la substance qu'il s'agit d'introduire, solution avec laquelle on frotte préalablement l'argile. Des courants d'une force moyenne (de 10 à 18 Grove) sont dirigés de manière à traverser le corps ; comme la rapidité de la propulsion diminue avec la durée du courant, il est nécessaire, toutes les 5 ou 10 minutes, de changer la direction du courant; il faut aussi adopter aux deux électrodes, la substance à introduire. De cette manière, on parvient aisément, dans l'espace d'un quart d'heure à trois quarts d'heure, à introduire dans le corps une quantité assez notable de substance, de telle sorte que les lapins éprouvent les crampes produites par la strychnine et que, pendant des heures, on trouve chez les hommes des traces de quinine ou d'iode dans l'urine. Pour augmenter l'effet, on fera bien de choisir des électrodes
*. Ln méthode de Bernhardt ne me parait pas suffisante pour prouver ce que l'auteur déduit de ces résultats. Dans l'action cataphorique du courant c'est non seulement l'eau mais encore tous les liquides des tissus avec toutes les substances en solution, qui se mettent en mouvement ; on ne pourra donc, en évaluant au centième le contenu aqueux, porter aucune conclusion certaine sur la propulsion des liquides organiques ; le contenu aqueux du reste des tissus (il s'agit ici du cerveau) ne diffère pas assez de celui des liquides organiques pour obtenir de notables différences par la méthode qui a été suivie.
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d'une surface plus considérable et des courants plus intenses surtout quand on enlève l'épidémie des points sur lesquels se fait l'expérience. Dans l'application thérapeutique, il faudra veiller:!0 à ce que la substance à introduire ne soit employée qu'en faible quantité, ces expériences ne pouvant avoir lieu que sur des substances très fortes et à petite dose; 2° à ce que la substance ne pénètre pas profondément dans le corps et qu'elle ne traverse d'aucune façon des parties entières du corps; elle ne peut donc pas être dirigée transversalement : c'est là une conséquence de la rapide diminution de la densité du courant ; il faut ensuite que les matières introduites soient promptement absorbées et emportées par le sang, dont la circulation est incessante. On- ne pourra donc guère attendre une action locale que sur la peau ou tout au plus sur de petites articulations (comme celles de la main et des doigts) ou sur des tumeurs situées immédiatement sous la peau, et qu'on peut intercaler entre les deux électrodes ; en règle générale, on se contentera d'une action générale, consistant clans l'absorption des matières par le sang.
Remak père observa avec sagacité que les actions principales du courant galvanique dansles maladies doivent être très compliquées ; que ni les actions excitantes ni les actions modifiantes du courant sur les nerfs et les muscles ne suffisent pour expliquer les cures produites par ce courant; qu'il s'agit plutôt, dans la majorité des cas, de modifications persistantes, dans la nutrition fine ou grossière des parties, (de modifications moléculaires, chimiques, histologiques). Dans ses études sur l'action curative du courant galvanique sur les inflammations, les contussions, les extravasations sanguines, les rhumatismes, les névralgies, etc. il se convainquit que les efi'ets étaient produits peut-être directement, par la modification de la structure moléculaire, de l'osmose, etc., dans les tissus eux-mêmes, en partie aussi indirectement, par deschangements dans la circulation et dans l'irrigation des tissus ; il a réuni un grand nombre de ces actions, soit virtuellement connues, soit hypothétiquement admises comme étant la conséquence importante essentielle du courant galvanique, sous le nom générique d'action catalytique et les a considérées comme les principaux agents de sa thérapeutique, dans la grande majorité des cas.
Il est vrai que, pour le moment, cette conception des effets catalytiques est encore établie avec peu de certitude et peu définissable; ;e crois cependant que nous ne pouvons pas nous en passer, d'autant plus que ces effets existent très réellement et que nous obtenons par là une expression brève, concrète, qui d'ailleurs ne cause aucun préjudice, quoique cette idée soit encore très vague; il faut donc que je lui consacre quelques mots.
Remak comprend, sous ce terme, d'abord lélarr/issement des vais-