EXAMEN DE L'EXCITABILITÉ QUANTITATIVE FARADIQUE DES NERFS
Ces tableaux, ne sont naturellement utilisables que pour mes appareils ; avec d'autres appareils, les nombres absolus pourront être tout autres ; mais leurs rapports relatifs ne changent pas. Il faut donc que chaque observateur se fixe à lui-môme les tables normales, avec ses propres appareils.
De ces tables et d'un grand nombre d'autres que j'ai recueillies dans le cours des années, il résulte d'abord que les nombres trouvés, pour les deux moitiés du corps, s'accordent presque exactement les uns avec les autres ; à peine y a-t-il parfois une différence de plus de 10 millimètres (soit dit en passant, c'est là une excellente garantie de l'exactitude des résultats de l'exploration dans des maladies d'un seul cùté ; de plus toutes les quatre paires de nerfs sont excitées par des forces de courants minima, assez voisines l'une de l'autre; les différences entre les diverses régions du corps dépassent rarement de 20 à 25 millim.; la concordance entre les cubitaux et les péroniers est ici d'une importance particulière, ils nécessitent presque d'égales distances de rouleaux, tandis que les frontaux ne sont souvent excitables qu'à des distances un peu moindres, tandis que les accessoires le sont à des distances de rouleaux un peu plus grandes. Telles sont en moyenne les proportions relatives auxquelles se produisent des dévialions sur tel ou tel point.
En ce qui concerne la RC il se produit des proportions quelque peu différentes ; alors qu'ici les régions des cubitaux et des péroniers donnent à peu près le^ mêmes déviations de l'aiguille, il se produit toujours sur les accessoires une déviation de l'aiguille un peu plus haute et. sur les frontaux, une déviation encore plus haute; c'est donc ici que se trouve la moins forte RC. Des divergences de ce rapport, particulièrement dans les régions nommées en dernier lieu (elles dépendent vraisemblablement des habitudes et de faibles différences physiologiques dans la peau des individus examinés), sont encore plus fréquentes que pour les distances des rouleaux. Les deux séries de nombres ne correspondent donc pas du tout l'une à l'autre; les plus grandes distances de rouleaux ne se trouvent pas là où sont aussi les plus grandes déviations de l'aiguille ; évidemment d'autres facteurs que la RC de la peau jouent ici un rôle. Mais comme les rapports des deux séries de nombres sont presque réguliers chez les personnes bien portantes, on peut toujours en tirer des conclusions. Chez les femmes et les enfants se manifestent tant de divergences provoquées par les différences du pannicule adipeux, que je ne regarde pas comme possible d'établir, pour eux et pour elles, une formule normale quelque peu utilisable. Les données communiquées plus haut se rapportent essentiellement à des hommes sains, d'un âge moyen et appartenant à la classe ouvririv.
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On ne peut nier que celte méthode ait ses inconvénients, ses défauts el ses sources d'erreur ; mais, autant que je sache, c'est ia meilleure que nous connaissions jusqu'ici. En tout cas, ce n'est qu'avec elle ou avec une autre méthode reposant sur les mêmes principes que l'on pourra reconnaître des modifications quantitatives plus fines, avec une certitude suffisante pour les hesoins de la science ; bien des choses sans doute nous échapperont par suite de dispositions anatomiques défavorables. Je crois utile d'indiquer ici en peu de mots, quelques difficultés et quelques sources d'erreurs. Voici une des difficultés principales: trouver la place du nerf la plus excitable, c'est-à-dire la plus facile à atteindre et y découvrir exactement la force de courant la p/uè faible qui soit nécessaire pour une excitation. Il faut pour cela beaucoup d'habitude et de patience ; on est souvent étonné delà petite impulsion qu'il faut donner à l'électrode excitative pour produire un résultat tout à fait différent. On ne doit donc pas hésiter à contrôler de nouveau les résultats obtenus dans des cas douteux. Des difficultés particulières sont souvent en ce sens suscitées par le cubital et le péronier : le point le plus excitable de ce dernier est à environ 3 centimètres au-dessus du condyle interne, sur le bord interne du triceps; celui du péronier est à 3 ou 4 centimètres au-dessus de là tète du péroné, à côté du tendon du biceps et ne peut souvent être trouvé pal l'électrode qu'après de longs tâtonnements. La façon de tenir les extrémités joue un grand rôle ; de petites différences de leur part peuvent notablement changer les résultats. J'ai l'habitude d'examiner toujours, en étendant coati plèlement les bras et les jambes, c'esl ainsi que les nerfs me paraissent le plus accessibles. — L'appréciation de la contraction minima est aussi souvent difficile ; elle exige une attention sérieuse, une connaissance parfaite des effets musculaires à attendre et une complète flaccidité des muscles à examiner. — Enfin je mentionnerai brièvement une autre source d'erreur, qui m'a bien des fois troublé. Si chez un individu dont la peau est très mince, on a à chercher longtemps le nerf péronier avec une fine électrode, dans le creux poplité, il peul se faire que l'épidémie, en un petit endroit soit déplacé et que la résistance au courant diminue ainsi notablement; on voit alors, avec des courants toujours plus faibles et bien des fois d'une faiblesse incroyable se produire toujours encore des contractions; il faut se garder de les prendre pour l'expression d'une excitabilité portée à une grande hauteur ; au bout de quelques jours, les choses reviennent à leur état normal.
S'il ne s'agit que de l'examen faradique de quelques nerfs el muscles et non d'une exploration générale, il se fait par une comparaison minutieuse avec le côté bien portant, et aussi avec d'autres personnes bien portantes, en usant de toutes les précautions que je n'ai pas besoin de mentionner de nouveau. Mais surtout, soyez toujours très circonspects dans vus conclusions, car, même l'observateur le mieux exerce, peut se tromper lui-même ; voilà pourquoi des recherches réitérées, surtout dan- les cas importants ou douteux, sont fortement recommandées. En tout cas, que ce soit pour nous une règle inviolable