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REACTION DE DEGENERESCENCE. ETAT DES NERFS MOTEURS

pliqne donc simplement par la différence du point d'attaque de l'excitation ; à une époque déterminée de la régénération, les fibres motrices sont bien déjà capables de transmettre les excitations qui viennent d'au delà du siège de la lésion, mais ils ne sont pas encore capables de recevoir l'irritant électrique, qui les atteint en dessous de ladite place, fait que l'on s'est décidé .à accepter tout récemment en physiologie, non sans contestations.

La manière de se comporter des muscles dans la DR est toute différente de celle du nerf. Tandis que le nerf réagit d'une façon assez égale, contre les courants faradiques et galvaniques, le muscle se conduit très différemment à l'égard des deux sortes de courant.

Contre le courant faradique sans doute, le muscle réagit presque exactement comme le nerf moteur; ici aussi apparaît un affaiblissement continu de C excitabilité qui, dansle cours delà deuxième semaine vajusqu'à ['extinction complète. Les plus forts courants faradiques ne développent plus alors, par le fait du moins d'une application percutanée, aucune apparence de contraction musculaire, tandis que certainement surle muscle mis ànu, ou au moyen del'électroponcture, on peut évoquer encore longtemps de faibles contractions bornées au petit faisceau de nerfs, voisin de l'endroit atteint.

Cette extinction de l'excitabilité faradique persiste donc, à peu près comme pour les nerfs, un temps plus ou moins long, et comme pour ces derniers, à un degré déterminé de la régénération, l'excitabilité faradique du muscle réapparaît dans ses premières traces pour ne s'élever que peu à peu et se rapprocher progressivement de la normale. Ce retour se produit habituellement un peu plus tard que dans les nerfs et est aussi séparé par un intervalle quelque peu plus long de celui du mouvement volontaire. Et ici encore plus notablement que pour le? nerfs, l'excitabilité faradique reste souvent, longtemps encore, au-dessous de la normale; plus a été longue, plus a été grave la paralysie, plus la régénération est en retard.

Les choses se passent tout autrement en présence du courant galvanique ! Dans la première semaine on constate certainement un affaiblissement graduel de V excitabilité galvanique, comme pour l'excitabilité faradique ; mais dans le cours et vers la lin de la deuxième semaine, cet affaissement fait place à une élévation de l'excitabilité galvanique qui peut ensuite atteindre, durant les semaines suivantes, un degré très élevé et se lier à des modifications qualitatives tant de la formule que du mode de contraction.

L'accroissement de l'excitabilité galvanique devient très vite évident : des forces de courant toujours plus faibles suffisent pour l'excitation des muscles ; avec 8, 6, 4 et finalement même avec 2 éléments, on peut souvent encore obtenir des franches réactions de fermeture et d'où-

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verture, avec de forces des courant qui agissent à peine sensiblement sur l'aiguille du galvanomètre et laissent absolument inertes les muselés symétriques sains. En même temps que cette élévation d'excitabilité se produit aussi un changement de plus en plus net du mode de secousse ; au lieu de la convulsion normale, courte, rapide comme l'éclair, il se produit une contraction paresseuse, traînée en longueur qui, même avec des forces de courant relativement faibles, se transforme en un tétanos persistant pendant toute la durée du courant. Précisément cette lenteur de la secousse, qui d'ailleurs ne développe qu'une faible quantité de force est particulièrement caractéristique pour la DR. et existe en toutes circonstances ; de telle sorte que je pourrais la considérer comme le critérium capital de cette dernière. On peut démontrer d'une très belle façon cette modification dans la forme delà secousse ainsi que l'élévation de l'excitabilité galvanique par rapport avec l'état normal, sur des points où les muscles symétriques sont très rapprochés l'un de l'autre et peuvent être synchroniquement excités avec une électrode, par exemple, lors d'une paralysie faciale unilatérale, au menton. Si l'on applique ici une électrode, les secousses n'apparaissent, lors des fermetures du courant ascendant, que sur le coté malade, le sain restant impassible ; si plus tard ce dernier est aussi excité, il se produit chez lui, à chaque fermeture une secousse courte, rapide comme l'éclair à laquelle vient se joindre, avec un certain retard la convulsion paresseuse, de longue durée du côté malade. Il en est de même dans l'excitation labile des muscles dégénérés, où l'accroissement de leur aptitude à la réaction et le caractère particulièrement modifié et paresseux de la secousse, par rapport aux muscles sains se fait très nettement remarquer, — souvent bien plus tôt que cela n'a lieu par des brusques changements de densité du courant (F et 0).

Mais, nous ne trouvons pas moins surprenante que celte modification du mode de convulsion, la variation qualitative de la loi de secousse dans le muscle, qui se produit en même temps: celle-ci est surtout dépendante de l'accroissement plus puissant de l'AnFS; bientôl celle-ci devient tout aussi complète que la KaFS (AnFS = KaFS) et dans la plupart des cas, elle est même notablement plus grande (AnFS > KaFS), c'est-à-dire qu'à côté de la lenteur de la contraction, il existe également un très important critérium de la DR; et il est absolument incompréhensible pour moi que la prépondérance de la AnFS puisse être contestée par quelques savants (Vulpian) ; j'ai constaté la chose tant de fois, d'une façon si régulière et si évidente, que je dois la con- >idérer comme un des faits les plus certains de la pathologie humaine. Je cite seulement quelques exemples, bien que le nombre ici prouve moins que la vue directe de la secousse.

RÉACTION DU MUSCLE CONTRE LE COURANT FARAD. ET GALVAN. iï3

1° Polyomy élite ant. chronique.

Région du péroné, côté droit.

Première AnFS avec 8 Ele. 8° de Déviât del'ais-. » KaFS 10 19°

2° Paralysie traumat. du bras (période avancée). Muscles extenseurs sur l'avant-bras.

Première AnFS 18 El. 24°

KaFS 10 El. 28»

3° Paralysie des nerfs de plusieurs muscles du bras. Muscles biceps droit.

Première AnFS 12 El. 14° )

» KaFB 16 El. 18° j

-4° Névrite multiple p?-ogressive.

Muscles extenseurs à Tavant-bras.

Première AnFS » 10 El. 7° » ) „

Secousse lente

Secousse lente

Secousse lente

Secousse lente

Secousse lente

• KaFS 14

El.

Muscle vaste interne.

Première AnFS » 10

El.

KaFS 12

El.

Muscle vaste externe.

Première AnFS » 12

El.

» KaFS 10

El.

Secousse lente

Ce phénomène apparaîtra aussi très nettement dans les courbes cijointes que je dois à l'obligeance de mon ancien assistant M. le Dr Kast à Fribourg-en-Brisgau. Les courbes relevées dans la région du péroné nous indiquent seulement des secousses de fermeture, Ka = KaF An = AnF. La première courbe appartient à une personne saine, les deux autres proviennent d'un cas avec réaction de dégénérescence dan* la région du péroné (à la suite de poliomyélite antérieure chron.) Une plus ample explication n'est pas nécessaire pour qu'on remarque la prédominance du pôle positif (An) sur le négatif (Ka), le moindre escarpement et la largeur plus grande des courbes de contraction comparées aux courbes normales.

Ce qui existe pour la AnF, existe d'une manière analogue pour la KaOS ; cette dernière croît également, d'une façon relativement plus rapide que la AnOS et lui devient très vite égale, bien que la secousse d'ouverture du pôle négatif soit rarement plus grande que celle du positif (KaOS > AnOS); pourtant j'ai remarqué le fait bien des fois d'une façon tout à fait indubitable et manifeste. Cela n'est pas toujours facile à constater parce que les secousses d'ouverture qui, dans les premiers moments, s'obtiennent aussi sous une forme extra

ELECTR0D1AGN0STIC

ordinairement vive et légère (relativement beaucoup plus légère que la normale), s'en vont bientôt et disparaissent, en partie, à cause des contractions toniques de fermeture, qui durent jusqu'à l'ouverture de la chaîne, en partie aussi parce que, avec la lenteur croissante des contractions, les muscles perdent la faculté de réagir sous un excitant de courte durée (Brenner), et l'excitant d'ouverture ne doit être que de courte durée. Cette absence des secousses d'ouverture n'est du reste considérée parLeegaard que comme une exception.

Figure 22.

Courbes de secousses c!e fermeture, dans une excitation d'uecte (unipolaire) des muscles , à la région ■ lu péroné à la jambe. Ka = KaFS. An = AnFS.

1. Courbes d'une jeune fille saine. 33 El. KaFS notamment plus forte «ru'AoFS,

2. Cas de Poliomyélite ant. curon. — DR. — Courbe de la région du péroné. 33 El. — AnFS notamment plus forte que KaFS

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