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RÉACTION PARTIELLE DE DÉGÉNÉRESCENCE

Elle se laisse caractériser très simplement, et la manière dont elle se comporte se voit aisément sur le schéma ci-joint.

11 ne se manifeste alors dans le nerf qu'une faible diminution de l excitabilité famdique et galvanique, qui, dans les cas isolés, va plus ou moins loin et n'est souvent que très insignifiante mais cependant toujours nettement sensible. Elle se manifeste souvent plus par la diminution du maximum de contraction que par l'apparition plus tardive du minimum de contraction. Dans le muscle aussi il surgit une diminution tout à fait correspondante de l'excitabilité faradique, tandis que l'excitabilité galvanique montre simultanément les mêmes modifications quantitatives et qualitatives connues clans la D R complète; le même accroissement énorme de l'excitabilité, la même lenteur de la secousse, la même supériorité de la AnFS sur la KaFS. Il existe donc, pour l'exploration galvanique, une concordance complète avecla DR. Mais l'expérience nous apprend que, dans tous le3 cas semblables, où les symptômes se réduisent à cette forme de réaction « partielle » de dégénérescence, il ne s'agit que d'un désordre relativement léger qui disparaît relativement vite.

Il est facile d'en conclure, et probablement avec raison que, dans ces cas, le nerf ne dégénère pas du tout, ou du moins à un très faible degré, que peut-être il n'a éprouvé que des troubles insignifiants de son état moléculaire ou nutritif, tandis que les muscles présentent des modifications complètes qui, dans l'espèce, atteignent d'une façon spéciale les fibres des muscles elles-mêmes ; ce sont ces modifications histologiques auxquelles précédemment nous avons attribué la cause des modifications de l'excitabilité électrique. Malheureusement, nous sommes encore dépourvus de toutes recherches histologiques plus exactes et bien que V. Ziemssen et Weiss paraissent avoir réussi à produire expérimentalement des paralysies avec la DR partielle, ils h Ont malheureusement pas publié les modifications histologiques qui se aon-t alors manifestées dans le nerf.

Mais n'allez pas croire que cette DR partielle soit quelque chose de tout à fait spécifique, complètement différent delà réaction complète ; au contraire les deux sont intimement liées l'une à l'autre el une expérience un peu plus riche, telle que je la possède sur ces faits, nous apprend que toutes les gradations imaginables entre la réaction normale tout entière et la réaction partielle de dégénérescence, existent simplement et se reproduisent de nouveau entre la DR partielle et complète, de sorte que l'on peut établir une série continue de degrés de cette modification d'excitabilité, depuis les plus légères jusqu'aux plus graves. Vous pourrez trouver assez souvent, chez un seul et même individu, clans la même maladie, la DR complète et partielle côte à côte, dan- différentes régions musculaires et j'ai vu

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souvent, dans une seule et même région nervo musculaire, la DR partielle du début devenir peu à peu une réaction complète. On ne peut désirer une démonstration plus péremptoire de la liaison intime des deux réactions.

Il ne faut naturellement pas confondre avec la DR partielle les cas dans lesquels, à la période de régénération, l'excitabilité du nerf est revenue et où il existe encore encore en même temps de la DR dans les muscles. Mais la distinction rigoureuse peut présenter de notables difficultés là où Ton a aucune notion de la marche et du développement du phénomène.

lime reste maintenant, après une description exacte de ce que l'on connaît sur la DR à vous faire une courte énumération des formes morbides dans lesquelles l'apparition de la DR peut-être constatée.

Vous avez déjà prévu qu'elle doit exister indubitablement dans toutes les formes de maladie, telles que la section expérimentale ou l'écrasement des nerfs moteurs, à savoir, dans toutes les paralysies dites traumatiques, qui sont produites par une lésion, une section, une déchirure ou un écrasement notable des nerfs ; il y a pour cela d'innombrables exemples. Il faut aussi mentionner les nombreuses paralysies dites de compression ou de pression, lorsque chez elles, la lésion du nerf atteint un certain degré, suffisant pour la suppression des influences tropbiques. On vous dira plus tard que ce n'est pas toujours le cas, mais qu'il y a aussi des paralysies de pression plus légères, dans lesquelles la conductibilité motrice est seule troublée, tandis que l'excitabilité électrique complètement intacte permet de croire à l'absence de troubles trophiques notables. Je range parmi ces paralysie- dépression,, aussi bien celles qui proviennent d'une pression mécanique extérieure (dormir sur un bras, bandages chirurgicaux trop résistants, tourniquets, accouchements laborieux, lourdes chaînes, mauvaises béquilles etc.i que celles qui tirent leur origine de phénomènes pathologiques internes (tumeurs, anévrysmes, extravasats de sang, rétractions cicatricielles formation d'un cal. luxation etc. , • Unis la sphère d'action desquels tombent les nerfs moteurs. A cette question-ci, se rattachent aus-i les paralysies dites névrotiques, surtout celles, dans lesquelles il s'agit tout d'abord d'une névrite interstitielle et de la pression mécanique qui <-n résulte pour les fibres motrices, tandisque dans les formes que, depuis peu. un a, l'habitude de décrire comme névrite parenchymateuse, il s'agit d'une dégénérescence primitive des fibres nerveuses, qui arrête la conductibilité dans une région quelconque ; mais cet arrêt de conductibilité paraît se manifester aussi dans le cours d'une névrite interstitielle. Il suffit ici, pour provoquer l'apparition delà D. R., que l'interruption de conductibilité soit complète — même pour les actions trophiques.

APPARITION DE LA DR DANS LES AFFECTIONS l'ÉKIP . ET Sl'IN. 187

La réaction de dégénérescence se manifeste en outre, dans beaucoup de paralysies rhumatismales, particulièrement dans certaines formes de paralysie faciale rhumatismale, qui ont été le point de départ de la connaissance scientifique de la DR. Comme nous ne savons pas encore ce qu'est la base anatomique des lésions rhumatismales, nous ne pouvons encore dire par quelle voie, on arrive ici à la DR ; toutefois il est probable qu'ici aussi de légères modifications névrotiques, produisant une compression des nerfs, (particulièrement en tant que ceux-ci se perdent dans des canaux osseux très étroits) sont l'agent actif.

En outre on trouve la DR. dans les maladies médullaires, surtout si elles atteignent les colonnes antérieures grises de la moelle épi- Bière ou du moins les comprennent dans leur altération. Ainsi d'abord et régulièrement dans les différentes formes de polyomyélite antérieure, aussi bien que dans sa forme la plus aiguë, la paralysie spinale des enfants, comme dans ses formes sub aiguës et chroniques (Rrenner, Salomon, Erb, Seeligmùller ete.) ; de plus, dans la forme disséminée, chronique, progressive de cette maladie (l'atrophie musculaire progressive, type Erb, E. Remak, Vierordt) et non moins dans une affection bulbaire analogue, la paralysie bulbaire progressive et chronique (Erb, de Watteville, Eisenlohr), naturellement aussi clans ce qu'on appelle la sclérose latérale amyotrophique (Eisenlohr, Pick). Dans toutes les affections chroniques, que je viens de nommer, la DR. ne se manifeste ordinairement que dans une partie des muscles et, bien souvent, que comme une DR partielle. Cette dernière, peut du reste être constatée bien des fois d'une façon très accentuée et très large, dans toutes les formes d'affections connues, jusqu'ici, (à l'exception naturellement de toutes les paralysies traumatiques <y/YU'es.)

Vous ne serez pas étonnés d'apprendre que la DR se rencontre accidentellement aussi dans les hémorrhagies de la moelle épinière, dans l'hématomyélie (Erb, E. Remak), dès qu'elles atteignent les colonnes grises antérieures du renflement cervical ou lombaire ; de plus, dans les différentes formes de la myélite aiguë et chronique ainsi que dans les tumeurs de la moelle épinière (Erb et Schultze) ; on peut aussi dire qu'elle constitue un phénomène constant cpii accompagne la paralysie saturnine (A. Eulenburg, Erb, Rernhardt, E. Remak), dont on ne peut pas encore savoir aujourd'hui, si elle provient d'une lésion des colonnes antérieures grises ou d'une lésion des voies de conductibilité motrices périphériques. Il importe ici de remarquer que, moi et d'autres (Bernhardt), avons bien des fois trouvé la DR lors d'une paralysie saturnine, même dans des muscles qui n'étaient pas du tout paralysés et qui, par conséquent ne présentaient que des altérations évidemment trop niques.

V"iis comprendrez facilement que la DR s'observe aussi incidemment

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dans les paralysies diphthèritiques, car vous savez que l'on attribue aujourd'hui ces paralysies, du moins en bonne partie, à bon droit, à des altérations dégénératives sur les troncs nerveux cl leurs racines motrices. Vous comprendrez de même qu'on l'observe dans toutes sortes de paralysies, après des maladies aiguës (névrites, hémorrhagies, polomyélites, etc.), ainsi que dans les paralysies syphilitiques, etc. En présence de tous ces faits suffisamment établis par une expérience de longue durée, on doit cependant déclarer qu'on n'a encore jamais observé la DR dans des paralysies qui provenaient du cerveau luimême (par lésion des voies de conductibilité, au-dessus des noyaux gris de la moelle allongée ou par lésion de l'écorce cérébrale), qu'elle ne se manifeste jamais dans des paralysies par maladie des cordons blancs de la moelle épinière (en exceptant naturellement les racines antérieures) ; elle ne se produit jamais non plus dans les paralysies hystériques.

Mais je veux insister ici, tout particulièrement sur ce point, c'est que la DR ne s'est jamais rencontrée dans des affections musculaires primaires, indubitablement locales ; on ne l'a pas trouvée dans la myosite, ni surtout dans les atrophies et parésies si nombreuses des muscles par suite d'affections articulaires (Rumpf) ; je possède maintenant une grande série d'observations, dans lesquelles on n'a jamais remarqué le moindre indice de DR. Cette réaction fait aussi défaut, dans toutes les atrophies consomptives et d'inactivité, même élevées au plus haut degré.

Avant de nous servir des matériaux actuellement disponibles pour utiliser la DR dans un but diagnostique ou pronostique, nous discuterons d'abord brièvement et autant que possible objectivement, quelles conclusion- positives ou négatives l'on peut déduire avec certitude de l'existence de cette réaction. Or, je crois maintenant que la seule conclusion sûre et inattaquable, que me permette de porter la présence de la DR est In suivante :

Partout où l'on peu/ trouver cette réaction, il doit exister des modifications, anatomiques notables, c'est-à-dire de l'atrophie dégénérative, dans les nerfset dons les muscles, (éventuellement dans les muscles seuls) et nous pouvons déduire avec une grande certitude del'état présent de la DR. l'élendue l'intensité et le degré de ces modifications dégénératives.

Eu égard ;i l'opinion; aujourd'hui presque généralement adoptée, sor L'apparition île l'atrophie dégénérative des appareils moteurs et sur leur dépendance par rapport aux troubles névrotiques, une autre conclusion d'une grande importance peut encore se porter à savoir : que, quand existe la DU, il faut toujours penser à une origine névrotique du trouble ' (paralysie ou atrophie), et qu'il doit exister quei-

1. Naturellement on ne peut réciproquement, de l'absence éventuelle de la DR

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