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IMPORTANCE DE LA DR TOUR LE DIAGNOSTIC ET LE PRONOSTIC

liaisons de perturbations diverses, qui peuvent aboutir simultanément à différentes sortes de troubles de l'excitabilité électrique, voilà quelles peuvent être les principales causes qui troublent le processus régulier de la DR. Il en résulte naturellement une variété infinie et une complication de rapports, auxquels il faut s'attendre dans les cas pathologiques et dont le débrouillement et l'élucidation ne peuvent s'imaginer qu'en avant toujours sous les yeux toutes les éventualités que je viens d'énumérer.

Avant tout, il faut procéder à une exploration très soignée et très habilement faite. Ce n'est que grâce à une longue expérience que l'on apprend à connaître la DR, même dans les conditions les moins favorables et à en discerner les propriétés caractéristiques même là où elle n'existe que sous forme de traces très peu sensibles. C'est particulièrement pour ces périodes tardives qu'il est toujours très utile d'introduire dans les muscles des quantités de couvant aussi intenses que possible, pour compenser jusqu'à un certain point la baisse antérieure de l'excitabilité. II faut donc choisir de grandes électrodes, bien humecter la peau, augmenter la force du courant par des revirements, placer éventuellement les deux électrodes sur le muscle et tâcher d'éliminer autant que possible les contractions perturbatrices d'autres muscles: ce dernier poinl est surtout important pour l'examen des petits muscles de la main, à l'éminence thénar, aux interosseux ; et c'est facile à obtenir, en appliquant l'électrode indifférente soit à la face dorsale de l'articulation de la main soit à la paume de la main.

En disposant ainsi son mode dexamen (d'après les lois d'Ohm), on réussit le plus souvent à séparer les secousses, toujours relativement faibles et lentes, de xa DR d'avec les secousses plus vives et plus fortes des muscles voisins. On peut encore faciliter cette opération en évitant par une fixation convenable les mouvements des muscles sains. Si l'excitabilité est déjà fort affaiblie, à des périodes tardives et sur des muscles inertes, il peut arriver qu'elle ne se montre nettement qu'après des recherches multipliées. Il est très utile et très important, dans beaucoup de cas, pour reconnaître la dégénérescence qui commence ou qui est encore insignifiante, de constater une espèce de « contraction double » que j'ai très souvent remarquée et démontrée. Il se manifeste alors, au moment de la fermeture, une secousse brève et rapide comme l'éclair dans les muscles sains du voisinage, que suit immédiatement une secousse lente et caractéristique de la DR ; c'est ce qu'il est très facile de constater dans la paralysie saturnine, où dans l'excitation des extenseurs à l'avant-bras, une flexion courte, et rapide comme l'éclair, de la main et des doigts, précède immédiatement leur extension lente et peu étendue.

11 est très instructif de voir, au commencement de la DR se produire sur un seul et même muscle, avec la KaF, une secousse énergique prompte comme l'éclair et bientôt après, avec la ÂnF, une secousse lente et traînante ; cela peut surtout se constater très nettement sur les muscles grands et massifs, triceps ou biceps du bras, vaste interne.

Dans plusieurs cas de DK, la période de l'augmentation de l'excitabilité paraît être très courte, peut-être même faire complètement défaut et l'on voit ne se manifester alors que les modifications qualitatives de l'excitabilité. En général, j'attacherais plus de valeur à l'excitabilité elle-même, ne fût-ce

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que pour sa durée plus longue, qu'à l'augmentation croissante de l'excitabilité. On reconnaîtra toujours la DR, de la manière la plus certaine, à sa secousse paresseuse, lente et peu étendue ainsi qu'à la prépondérance de l'effet de la AnF.

Dans des cas anciens, à marche lente, on ne peut souvent rien trouver de positif. On n'y rencontre souvent qu'une simple diminution de l'excitabilité même galvanique et, si la AnF n'existe plus seule, on peut se demander si la DR a existé ou non. 11 survient peut-être aussi ici des combinaisons avec cette simple diminution de l'excitabilité électrique, de causes spinales, diminution qui, à ce qu'il parait, peut aller très loin dans bien des cas. Ces cas exigent des recherches pénibles qui font perdre beaucoup de temps, et ne sont pas habituellement publiés parce qu'on n'y a rien trouvé de remarquable. C'est ici qu'il y a lieu d'indiquer un cas intéressant publié avec détails par Kahler et Pick ; malheureusement ce cas n'a pas été nettement diagnostiqué. Peut-être s'agissait-il d'une affection spinale ou d'une névrite multiple, peut-être des deux à la fois. Ici l'on ne peut constater, à côté de la DR, complètement développée dans beaucoup de groupes de muscle qu'une diminution quantitative de l'excitabilité dans des muscles distincts : dans d'autres l'AnFS > KaFS avec une force de contraction normale, non paresseuse; enfin, dans une partie des nerfs et des muscles, qui n'avaient jamais été paralysés, on peut constater une forte diminution de l'excitabilité faradique. (Bernhardt a vu absolument la même chose, forte diminution de l'excitabilité faradique et galvanique d'un grand nombre de nerfs et de muscles moteurs, qui ne montraient aucune trace de paralysie, dans un cas qu'il regarde comme une poliomyélite antérieure subaiguë). 11 s'agissait sans doute ici d'une marche plus ou moins rapide et qualitativement différente, de la dégénération et de la régénération, dans Je nerf et dans le muscle, ce qui donne une image de maladie extraordinairement variée, vu le grand nombre des régions atteintes, peut-être aussi que des complications y jouaient un rôle.

Un fait particulièrement intéressant et d'une grande importance en théorie, c'est qu'incidemment une DR, très bien développée, se rencontre dans des muscles, qui ne sont pas du tout paralysés ou qui, dans leur mobilité ne présentent qu'un affaiblissement médiocre, insignifiant. Je l'ai d'abord constaté dans un cas de paralysie saturnine ; le muscle deltoïde ne présentait pas de trouble sensible de la motilité, mais bien des modifications typiques et accentuées de l'excitabilité galvanique, avec une légère dépression de l'excitabilité faradique (on n'a malheureusement pas examiné le tronc des nerfs). 11 existait donc ici un trouble trophique isolé, dans le muscle, sans qu'on pûl en aucune façon démontrer la présence d'un obstacle à la conductibilité motrice. Bernhardt constata pareillement, mais plus tard, un pareil état de chose, loi-s d'une paralysie saturnine, dans tout un groupe de muscles (deltoïde, biceps et brachial interne), qui n'était point paralysé et qui fonctionnait librement; dans les muscles existait une DR très prononcée, tandis que l'excitabilité faradique el galvanique du nerf avait baissé. Kast décrivit récemment, d'après mes observations, un cas où il y avait une DR même complète à l'éminence thénar, dans des muscles fonctionnant

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