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CHAPITRE XXX Explication du travail des reprises

Quoiqu'il soit nécessaire autant que possible de rechercher l'emploi des moyens les plus propres a la conservation des chevaux, nous sommes cependant obligés pour les soumettre de les astreindre à un travail commandé par nos besoins, notre commodité et nos usages. Le travail du manège présentera le double avantage de donner la facilité de les dresser promptement, tout en ménageant leurs moyens.

Les reprises furent réglées primitivement pour préparer et dresser les chevaux de combat. Ce travail avait pour but de les assouplir et de les rendre soumis aux moindres volontés du cavalier, qui, répétant au manège les mouve-

ments et les figures en usage dans les tournois, se trouvait alors en état de se présenter avec avantage devant un adversaire.

Si les règles étaient efficaces pour tirer parti de ces chevaux, ne peuvent-elles être applicables en les modifiant sur toutes les autres espèces? Tout homme qui monte à cheval ne sent-il pas l'avantage de le trouver soumis à ses désirs? Le militaire, le veneur, celui qui monte pour son agrément, ne préféreront-ils pas un cheval assoupli, obéissant et commode, a celui qui serait raide, maussade, ou décousu dans ses allures?.

En faisant ressortir la nécessité d'user du manège pour tirer parti de toute espèce de chevaux, il faut bien com^ prendre l'acception de ce mot. du moins telle que je l'entends : beaucoup de personnes ne considèrent dans le manège que le travail exigé ordinairement des chevaux d'école. Ce travail est utile, sans doute; en le pratiquant, on apprend à juger tout ce qu'on peut obtenir d'un cheval ; mais ce n'est pas une raison pour j amener tous les chevaux.

Manéger un jeune cheval, c'est savoir établir un travail suivi et raisonné, et n'exiger que d'après ses moyens et en raison du service auquel on veut l'employer.

Le cheval qui doit être souple et perçant n'a pas besoin d'être aussi renfermé qu'un cheval de promenade ou qu'un cheval de guerre. Ceux-ci doivent être k leur tour moins assouplis, moins rassemblés qu'un cheval de manège.

Ce sont des nuances que l'homme de cheval doit saisir.

et qui le mettront à même de savoir exiger et baser son travail selon le cheval qu'il aura à dresser et selon le besoin qu'il en a.

Mais avant d'entrer dans les détails de l'éducation d'un jeune cheval, il laut connaître le travail à suivre. Dans toute école il est nécessaire d'en avoir une idée exacte, afin de savoir l'appliquer au besoin.

Le cheval de manège doit être en quelque sorte sacrifié pour enseigner tout le parti qu'il est possible de tirer de ces animaux.

Une école ofTre cet avantage qu'étant composée d'une quantité de chevaux qui diffèrent dans leurs dispositions et dans leur construction, on apprend h modifier les ressources selon chacun d'eux, ce qui met à même d'en calculer l'application sur le cheval soumis au dressage.

Au moyen d'un travail simple et régulier on développe l'intelligence d'un cheval ; les reprises ordinaires du manège ont été établies dans ce but; en les suivant exacte ment on apprendra à sentir et à régler les allures comme a juger les aplombs.

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