Boile&u, Satire III, S. Misanthrope, i, S
S'agit-il d'admirer, les points d'interrogation se changent en points d'exclamation, et l'on a, comme dans les Femmes savantes : Prudence endormiel — Lnger son ennemiel — Superbement et magnifiquement!
Mais un crilique doit toujours ôtrc prêt à répondre et à justifier ses jugements ; il doit être en état de prendre les unes après les autres toutes les expressions d'un passage quelconque, et de les estimer à leur juste valeur. Non content d'énoncer vaguement son opinion, et de dire que le style d'un auteur est élégant, ou ferme, qu lourd, ou incorrect, il est tenu de prouver ses assertions, de faire enfin, si Ton peut s'exprimer ainsi, l'anatomie du morceau qu'il explique.
Supposé que l'on veuille commenter le passage suivant :
Dieu tient du plus haut des cieux les rênes de tous les royaumes; il a tous les cœurs en sa main : tantôt il retient les passions, tantôt il leur lâche la bride, et par là il remue tout le genre humain, etc.*.
On peut commencer par dire que c'est une page admirable, digne par la sublimité des conceptions de l'homme que La Bruyère appelait un Père de l'Eglise; mais il faut ensuite reprendre l'une après l'autre toutes les phrases de Bossuet, et faire pour chacune d'elles une ou plusieurs observations particulières. On doit commencer par examiner le style proprement dit, c'est-à-dire, suivant la définition de Buffon, Tordre et le mouvement que l'auteur a mis dans ses pensées; il faut en outre étudier de près la construction des phrases et les particularités grammaticales qu'elles pourront présenter; il faut voir si toutes les imnges sont justes, et enfin s'assuier par une comparaison des termes s} nonymes, souvent même par un recours direct aux étymologies grecques et latines, si tous les mots sont employés dans leur acception véritable. Alors seulement on sera en mesure de prouver