‹ Traité d'explication française: ou, Méthode pour expliquer littéralement les auteurs françaisChapitre 39 sur 79 · I. J)e quelques uioges. Cf. édition Labbé · texte numérisé non relu

I. J)e quelques uioges. Cf. édition Labbé

i' Bemarquei sur l'histoire^ au commencement de Tbistoire de Charles XII.

Premier exemple.

Sur le point de partir, Rome, seigneur, me mande Que je vous fasse encor pour elle une demande. Elle a nourri vingt ans un prince votre fils; Et vous pouvez juger du soin qu'elle en a pris Par les hautes vertus et les illustres marques Qui font briller en lui le sang de vos monarques. Surtout, il est instruit en Part de bien régner : C'est à vous de le croire, et de le témoigner. Si vous faites état de cette nourriture, Donnez ordre qu'il règne, elle vous en conjure; Et vous offenseriez l'estime qu'elle en fait, Si vous le laissiez vivre et mourir en sujet. Faites donc aujourd'hui qu3 je lui puisse dire Où vous lui destinez un souverain empire.

Second exemple.

Quoi! prince, vous partez! Quelle raison subite Presse votre départ, ou plutôt votre fuite?

Vouliez-vous me cacher jusques à vos adieux?

Est-ce comme ennemi que vous quittez ces lieux? Que diront avec moi la cour, Romc^ l'empire?

Mais, comme votre ami, que ne puis-je point dire? De quoi m'accusez-vous? Vous avais-je sans choix Confondu jusqu'ici dans la foule des rois?

Mon cœur vous fut ouvert tant qu'a vécu mon père. C'était le seul présent que je pouvais vous faire ; Et lorsqu'avec mou cœur ma main peut s'épancher. Vous fuyez mes bienfaits tout prêts à vous chercher! Pensez-vous qu'oubliant ma fortune passée Sur ma seule grandeur j'arrête ma pensée.

Et que tous mes amis s'y présentent de loin Comme autant d'inconnus dont je n'ai plus besoin? Vous-même, à mes regards qui vouliez vous soustraire, Prince^ plus que jamais vous m'êtes nécessaire.

Il n'est pas difficile de voir que le premier de ces deux passages est emprunté à Corneille {Nicornede, n, 3) et le second kRacine (Bérénice, m, 1); car on trouve dans l'un tout ce qui caractérise l'auteur du Cid, c'est-à-dire la vigueur et la mâle simplicité, au lieu que l'autre nous montre toutes les délicatesses, toutes les grâces du poète qu'on a pu nommer le Virgile français.

Mais s'il est bon de savoir caractériser ainsi d'une

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