CONCLUSION
le docteur, quand on se préoccupe uniquement de briller aux dépens d'autrui.
Un pédant ne fait que songer Au moyen d'exercer sa langue,
a dit excellemment La Fontaine, et c'est un ridicule que nous devons chercher à éviter. Voici donc pour conclure quelques extraits d'un charmant ouvrage composé en 1714 par un homme de beaucoup d'esprit qui voulait faire rire aux dépens de quelques lourds pédants. Thémiseul de Saint-Hyacinthe, dans son Chef d'œuvre d'un inconnu^ poème heureusement découvert et mis au jour avec des remarques savantes et recherchées par M . le docteur Chrisostome Mathanasius^ ^ etc., a commenté en cent quatrevingt-deux pages les cinq strophes d'une chansonnette sans rime ni raison, que lui-même avait composée pour la circonstance, et son commentaire est lui-môme uû chef-d'œuvre de pédantisme comique.
Voici le début de cette chansonnette :
L'autre jour Colin malade
Pedans son lit, D'une grosse maladie
Pensant moarir, De trop songer à ses amours
Ne peut dormir, etc., etc.
Mathanasius se livre au sujet de cette prétendue merveille à une véritable débauche d'explications ; il cite à tout propos Horace, Anacréon, Lamotte, Cotin même, et ne s'arrête que quand le lecteur se reconnaît vaincu. Voici quelques fragments de son commentaire littéral :
— Vautre jour. Mathanasius cite Lamotte et Boileau qui ont employé cette admirable expression, et soutient que Racine a été désespéré de ne pouvoir l'employer dans Phèdre,
— Colin. Trois pages et demie d'explication "pour montrer que le héros du poème s'appelle bien Colin et non pas autrement.