V. ci-dessus, p
iH TRAITÉ d'explication FRANÇAISE.
c'est une chose fâcheuse à une fête de cinquante mille écus. M. de Ménars épouse M"« de la Grange-Neuville. Je ne sais comme j'ai le courage de vous parler d'autre chose que de Vatel. » — Lettre du 24 avril
Après avoir fait connaître le dénoûment de ce petit drame, M"° de Sévigné ne pouvait plus envoyer à sa fille qu'une de ces narrations par tableaux dont nous avons parlé précédemment*; son récit devait nécessairement ressembler au récit de la mort d'Hippolyte dans Phèdre, ou au récit de la moii de Britannicus. La narration de M°® de Sévigné est un modî'le du genre; son récit est vif et rapide, elle raconte les choses comme si elle avait été elle-même à Chantilly.
1" Tableau, — Arrivée du roi, emploi de la première soirée.
2® Tableau, — Premier accident; le rôti manque à plusieurs tables; Vatel se croit déshonoré; Condé est obligé d'aller jusque dans sa chambre pour lui redonner un peu de courage.
3® Tableau. — Fête de nuit; feu d'artifice manqué.
4" Tableau. — Inquiétudes de Vatel au sujet de la marée pour le dîner maigre du vendredi; récit de sa mort.
5® Tableau. — Arrivée de la marée ; on cherche Vatel pour la distribuer, on le trouve mort.
6" Tableau. — Sentiments de (^ondé, du duc d'Enghien, de Louis XIV au sujet de cette mort.
»■ V Tableau. — Gourville remplace Vatel ; fin joyeuse
de la fête ; départ du roi.
Voilà donc un récit très bien composé, le style en est on ne peut mieux approprié au sujet, il faut signaler la brièveté des phrasies, et le mélange perpétuel du présent, de l'imparfait et du passé. Quant au bentiment, il n'en faut point chercher ici ; un Vatel était trop peu de chose pour une marquise de Sévigné, pour la grande dame qui écrivait trois jours après, en parlant de son jardinier, ces mots étranges: « Maître Paul mourut il y a huit jours; notre jardin en est tout triste. » {Lettre du 29 avril.)