DES NOTES DE PASSAGE
5 461. Dans une série de notes qui s'enchatnent mélodiquement, soit par degrés conjoints (Ex. 1, 3, 5), soit par demi-tons chromatiques (Ex. 2, 4, 6). celles qui sont étrangères à l'harmonie, et qui, par conséquent, remplissent diatoniquement ou chromatiquement l'intervalle mélodique séparant deux notes réelles différentes, s'appellent iVo^es de Passage.
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5 462. Les Notes de Passage sont, de toutes les notes mélodiques, celles qui s'enoploient îe plus fréquemment ; elles conviennent à tous les styles et peuvent d'ailleurs occuper n'importe quelle partie. Ainsi, sans parler de leur participation à la plupart des mélodies princi
j*>csou prédominantes, ces notes, convenablement disposées dans les parties secondaires, co.iimuuiquenl à ces parties une allure plus naturelle, plus mélodieuse, plus facile, et, par là, contribuent souvent i adoucir l'effet de certains enchaînements, de certaines transitions, de certaines modulations.
S 463. Les notes de passage se placent généralement sur les temps faibles ou sur la partie faible des temps; placées sur les temps forts elles produisent souvent des duretés qui ne sont pas tolérées à l'école ; elles s'emploient le plus ordinairement en valeurs brèves ou moyenne»; cependant elles peuvent comporter aussi des valeurs asseï longues, s'attaquer, dans ce cas, sur un des temps forts (E\. 9 et Ki), et môme occuper une mesure entière (Ex 11). La durée relative des notes de passage est, le plus souvent, ou égale à celle des notes réelles qu'elle» séparent (Ex. 2,3,5, 6), ou plus brève que celle de ces notes (Ex. 7); ce n 'est que bien rarement qu'on donne aux notes de passage une valeur relative plus longue qu'aux notes réelles (Ex. 8). T ^ -^ ^8 p p . r . . P
§464. Lorsque une série de notes, commençant et finissant par une note réelle, est enchaînée sous forme de gamme diatonique ou chromatique, en valeurs brèves et égales, l'oreille n'apprécie comme notes' réelles que la première et la dernière de ces diverses notes, et saisit toutes les autres comme notes de passage (Ex. 11) Lorsque la note qui commence une gamme (ou une fraction de gamme) n'est pas note intégrante de l'harmonie, elle ne peut être qu'une appoggiature(Ex. 13); lorsque la gamme est interrompue dans sa marche régulière ascendante ou descendante, la note qui se trouve au point d'interruption, si elle n est pas note réelle, est, ou une broderie (Ex. H), ou une échappée (Ex. M his).
S 465. Durant le parcours d'une gamme diatonique, en notes brèves et égales, on peut enchaîner une suite d'accords appartenant au ton de cette gamme; le changement d'accord peut coïncider avec une note de passage, surtout lorsque le mouvement est rapide (Ex. 15 et 17); mais il est toujours préférable de ne changer d'accord que lorsque la noie correspondante de la gamme peut faire partie de ce nouvel accord sans y déterminer de dissonance (Ex. 16 et 16 bis). C'est surtout quand les notes de passage sont renfermées dans la Basse, qu'il faut éviter de les faire coïncider avec un changement d'accord: ainsi l'Ex. I6 bis est bon. tandis que l'Ex. 17 bis est assez dur.
16 Us
17 hii
^ 466. Quand les notes d'une gamme sont de valeurs inégales, il ne faut pas traiter en notes de '>assage, mais bien en notes réelles, les notes longues ou accentuées ou placées sur les temps forts et auxquelles l'instinct reconnaît une valeur harmonique ; {comparez l'Ex. 18 i l'Ex. 18 bii).
bon
ISbii . mauvais
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S 467. Quelquefois une partie interrompt une gamme commencée pour la laisser achever par une autre partie; mais ces morcellements ne se pratiquent guère que dans la musique instrumentale, entre instruments ayant une grande analogie de timbre, et lorsque les bornes qui limitent l'étendue de l'un de ces instruments ne lui permettent pas de continuer; en tout cas, il est préférable de ne faire interrompre que sur une note réelle l'instrument qui a eu l'initiative, et de ne faire entrer que sur cette même note réelle, et à l'unisson, l'instrument qui doit continuer la gamme (Ex. 19). — Quelquefois aussi une note réelle, frappée et soutenue par une partie, sert de point de départ à une gamme que vient conliiiuer une autre partie attaquant alors par une note qui est considérée comme note de passage (Ex. 20); mais cette manière d'écrire n'est usitée que pour les instruments à clavier, la solution de continuité ne s'y faisant pas sentir, à cause de l'homogénéité des timbres.
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S 468. Lorsque, dans une gamme descendante, doublée en octaves par deux ou plusieurs instruments, les bornes de l'un de ces instruments s'opposent k ce qu'on continue l'enchaînement mélodique par secondes, on saute quelquefois à la septième supérieure (Ex. 21); dans une gamme ascendante on peut se servir dun procédé analogue, et interrompre la succession des secondes en sautant de septième inférieure (Ex. 22) : mais, dans l'un et dans l'autre do ces deux cas, on a soin de u'iulerroiupre l'enchaînement des secondes qu'après une note qui puisse ôtre envisagtVii comme note réelle et qui, de plus, n'or"«sionne qu'un saut de septième mineure, et non pas de septième majeure.
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§ 469. L'inter\(alle de seconde augmentée, que forment entre elles la 6' et la 7* note du mode mineur, peut être considéré comme diatonique dans une gamme mélodique mineure (Ex. 23)' c'est le seul cas exceptionnel aux conditions voulues pour les notes de passage. Mais on modifie presque toujours la gamme mineure mélodique de façon à en faire disparaître cet intervalle de seconde augmentée ; cette modification est nécessairement soumise à la nature de l'accord qui accompagne cette gamme; il en résulte plusieurs manières de faire la gamme mineure mélodique (Ex. 23, 24, 25, 26, 27 et 28). La version de l'Ex. 24 est la plus usitée lorsque l'harmonie ne s'y oppose pas. — Dans un trait extrêmement rapide et qui se reproduit symétriquement on n'a quelquefois pas rigoureusement égard à toutes les notes de l'harmonie, et l'on écrit la gamme mineure de la manière la plus aisée pour l'exécution et la plus satisfaisante pour la symétrie. Ainsi la seconde mesure de l'Ex. 29 est praticable parce que l'oreille n'a, pour ainsi dire, pas le temps d'y apprécier les notes du trait.
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§ 470. Dans toute circonstance autre que celles qui sont consignées dans le paragraphe précédent relativement au mode mineur, dès qu'on change la relation diatonique d'une note de passage en lui faisant subir une altération, la tonalité est aussitôt changée (Ex. 30 et 31) et l'on doit nécessairement conformer le choix des accords à cette nouvelle tonalité. Ainsi les notes de passage, de même que les autres notes mélodiques, offrent des ressources pour moduler.