DU OBOISBMENT DES PARTIES
S 298. Jusqu'ici on a dû défendre à l'élève de croiser les parties entre elles. Le croisement des parties, est, en tout cas, un procédé exceptionnel dont il ne faut user qu'avec une grande sobriété; cependant, lorsqu'il est motivé par l'intérêt mélodique des parties, son efTet est excellent, pourvu que ces parties soient replacées le plus tôt possible dans leur ordre naturel.
S 299. Quelquefois on se sert du croisement pour éviter ou pour atténuer le mauvais effet de deux quintes ou de deux octaves :
Exemple.
J. S. Bach. (Choral 40.-,
mais pour user de ce moyen il faut une expérience consommée, car dans beaucoup de cas il est ou insuffisant ou mauvais; ainsi l'exemple précédent n'est bon qu'exécuté par des voix ou des instruments de timbres différents et qui permettent de distinguer la succession mélodique de chaque partie ; sur un instrument à clavier cet exemple produit deux quintes et deux octaves consécutives.
S 300. Le croisement se pratique le plus souvent entre parties intermédiaires; on croise rarement avec une des parties extrêmes, voici pourquoi : la partie supérieure contient d'ordinaire la mélodie principale, et cette mélodie pourrait être étouffée plus ou moins par la partie qui s'élèverait au-dessus d'elle-, quant à la Basse, si une autre partie descend au-dessous d'elle, cette partie devient Basse à son tour; mais comme, en général, le registre grave d'une partie supérieure quelconque est beaucoup plus faible que le registre correspondant de la Basse naturelle, que d'autre part cette Basse, dans son registre élevé, aune force de timbre et un caractère qui la rend prédominante, il en résulte un conflit qui nécessite la règle suivante:
^301. BÉGLE. Lorsqu'une partie croise avec la Basse, chacune de ces deux parties (et la Basse et la partie qui la croise) doit être traitée en bonne Basse; or, l'une des principales conditions d'une bonne Basse est dans la préparation et dans la résolution de la quarte juste (8109).
N. B. Il est bien entendu que cette règle se trouverait annulée si les deux parties croisant entre elles étaient de môoie nature comme diapason et comme force de timbre.
ARTICLE II
Dl L'HABUONIK a DBUX PARTIB8.
S 302. L'harmonie a deux parties est principalement du ressort de ce qu'on nomme contrepoint; cependant on peut écrire à deux parties sans y appliquer les règles rigoureuses du contrepoint; c'est pourquoi on a jugé indispensable d'exposer ici quelques principes généraux qui puissent guider dans ce genre de travaiL
nSM.
bon
S 303. La pureté de la réaligation y est plus nécessaire encore que dans l'harmonie à trois ou à quatre parties.
S 304. Le mouvement semblable ne doit aboutir ni à une quinte juste, ni à une octave , ni à un unisson, même dans le cas où la partie supérieure procède par degrés conjoints et la partie inférieure par degrés disjoints. La quinte représentant l'accord de la dominante -it oresque
(en liT) ^
■eule exempte de cette règle : Exemple /- r/ . ^
"y fi -p- — ' — ' '^ " En général, le mouvement semblable ne se pratique guère qu'à l'égard des tierces (majeure et mineure) et des sixtes (ibid.); tous les autres intervalles s'abordent, autant que possible, par mouvement contraire ou par mouvement oblique.
§ 305. Les quintes et les octaves retardées (S 89 et 90) sous quelque forme qu'elles se présentent et quelque soit le temps qu'elles occupent dans la mesure, sont d'un mauvais effet dans l'harmonie à deux parties.
§ 306. La fausse relationde triton (§ 66) est absolument défendue.
S 307. On évite généralement l'intervalle harmonique de quarte juste; si toutefois on emploie cet intervalle il doit être préparé et résolu; cependant la formule de cadence suivante
est tolérée :
nrr-
S 308. Quant à l'analyse de l'harmonie à deux parties, elle peut souvent donner lieu à des interprétations diverses, car les consonnances d'octave, de tierce, de sixte, ne sont pas toujours formées par les notes importantes de l'accord sous-entendu ; cependant tout accord incomplet est classé par l'oreille comme appartenant au degré qu'elle est habituée à entendre dans les formules les plus usitées, en d'autres termes, l'oreille penche toujours vers le meilleur degré possible (§ 164) :
Exemples :
1« degré;
iUd. : -, 4* degré