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802 TllAITÉ d'hématologie nYNAMinuE.
piitrido qui réclame avanl tout le fer et le quinquina*. Bien plus, dans les cas où les remèdes arrivent directement sur la partie malade, les choses ne changent pas encore. Alors que l'angine et la dysenterie sont frappées de putridilé, l'effet antiphlogislique sera produit par le quinquina, les acides minéraux, les alcalins les plus irritants, c'est-à-dire par des moyens qui, bien loin de posséder intrinsèquement un pareil effet, ne l'obtiennent qu'en dépit de l'impression qu'en reçoivent les tissus.
407. Dans la putridité, on le voit, il y a deux sortes de phénomènes à considérer ; .ceux qui se rapportent aux sécrétions de la muqueuse digestive et ceux qui accusent la dépression dynamique. Il peut se faire que, la saburre étant moins prononcée ou moins apparente, la dépression n'ait rien perdu de son intensité, et c'est ce qui constitue proprement l'adynamie. Au fond, cet état ne diffère pas essentiellement delà putridité prise dans son sens habituel, ni ses indications de colles que nous venons 'de parcourir. Seulement, à raison de la moindre abondance des saburres. et plus encore peut-être des obstacles que l'état des forces met aux évacuations, il faut se défier de celles-ci et mettre tout son espoir dans les moyens capables de modifier ces mêmes forces. Cependant, si dans le choix de ces moyens on n'avait pour s'aider que les données matérialistes, on demeurerait le plus souvent sans direction, et même on pourrait être entraîné vers les plus fausses.
N'insistons pas sur l'opinion qui prétendait ne faire de l'adynamie qu'un élal de surexcitation ou d'irritation delà plupart des organes, de ceux de la digestion principalement, la faiblesse réelle n'existant de fait que dans la convalescence ou l'agonie^. On voit à quelles extrémités pratiques conduisait un pareil système , qui compterait aujourd'hui
' Alquié; Palhol. inl.., II, 409.
2 Boisseau; Pyrél. plujsiol., 2 4 3- 4.
peu de (léfonseurs. Si dnns cet ordre d'idées un phénomène pouvail mériter quelque considéralion, c'est la congestion encéphalique, qui, avons-nous dit, coïncide parfois avec la stupeur, si fréquente dans lesmaladies adynamiques. Et cependant , que gagnerait-on alors à poursuivre la déplélion du cerveau? Par quelque légère évacuation sanguine, obtiendrait-on autre chose qu'un soulagement momentané , acheté souvent fort cher, au prix d'une aggravation de lu condition essentielle; et n'est-il pas vrai que la seule indication utile et rationnelle, dans ce cas, est de remédier à l'état général, à la lésion affective qui a déterminé la congestion, celle-ci devant se reproduire aussi longtemps que cet état et celte lésion ne seraient pas dissipés ?
Quand on a fait consister l'adynamie dans un trouble, sans doute une diminution de l'action nerveuse, on n'a pas davantage ouvert à la thérapeutique des données suffisantes. Vers quel genre de médicaments se tournerait alors le praticien ? Evidemment vers les antispasmodiques et les excitants, et ce n'est pas dans cette direction qu'il trouverait des indications suffisantes. La localisation de Tatonie' dans le cœur ou dans le système moteur tout entier nelui servirait pas davantage. Dans cette hypothèse, il s'empresserait de recourir aux névrosthéniques, aux excitateurs, à l'électricité, à la bouteille de Leyde, à la pile de Volta ; et non-seulement de tels moyens ne le conduiraient pas au but, mais la dépense qu'ils imposent à l'action nerveuse risquerait d'achever l'épuisement de la force vitale •et de tourner au préjudice du malade. Quant aux paralysies vaso-motrices, elles ne sauraient fournir de plus utiles données. Non-seulement elles nous ramèneraient vers ces moyens excitateurs ou tétaniques dont nous reconnaissons l'insuffisance ou Je danger, mais là ne se bornerait pas la difficulté. S'il était vrai que la paralysie fût bien la cause du surcroît d'activité que prend la circulation danslafièvre et la phlegmasie, il s'ensuivrait un rapport obligé entre les deux, la fièvre se montrant d'autant plus intense que la
804 TIIAITK U IIK.MA-l(Jl.(i(;iK DYNAMIQUE.
paralysie serait plus complèlo, el réciproquement; or, dans l'adynamie, l'activité circulatoire étant diminuée, c'est aussi un degré moins avancé de la paralysie qu'il faudrait accuser, c'est-à-dire un état dynamique moins compromis et une moindre nécessité de le relever. Conclusion aussi fausse pathologiquement que dangereuse en thérapeutique.
Ces diverses données organiques ne possèdent, on le voit, aucune valeur pratique. Faudrait-il attendre mieux do celles de l'ancien Huraorisme et de l'idée de corruption, de putréfaction, qu'il appliquait à l'adynamie tout aussi bien qu'à la putridité? Telle fut longtemps la croyance des médecins, et nous connaissons les sérieuses tentatives du judicieux Pringle, à l'effet de prouver que les mêmes substances en état de prévenir ou de corriger la putréfaction des matières animales, sont aussi celles que l'on oppose avec le plus de succès aux maladies putrides, induisant de ces faits la similitude des deux ordres de phénomènes'. Mais, quelque rapprochement que l'illustre auteur ait pu établir à cet égard, la conviction où l'on est aujourd'hui que les décompositions chimiques ne sont absolument pour rien dans la putridité morbide, qu'aucune altération de ce genre n'atteint et ne saurait atteindre ni le sang, ni aucune autre substance vivante, tant solide que liquide; une pareille conviction doit rigoureusement écarter toute conclusion que l'on serait tenté de tirer de pareils faits.
Lorsque, à défaut de corruption, on a, comme Pierre Frank, admis dans le sang, pour expliquer l'adynamie, un principe de nature inconnue^ ou a été fatalement conduit sans plusdeprofitaux évacuants de toutes sortes: émétiques, 2? u rga tifs, sud or ifiq ues"^.
D'autres ont invoqué la simple perte des liquides. Dans la pneumonie, sans méconnaître la part qui revient à la fièvre elle-même, Nienieyer attribuerait l'adynamie qui survient quelquefois à la grande quantité de sang
• Pringle; Tr.sur les suhst. sept., passim. 2 p. Frank ; M6d. prat., I, IIA.
inlillrant lo poumon et soustraite ainsi à la masse générale ' . Mais c'est là une assertion qui ne se vérifie pas. Combien de fois, dans ce même poumon, \'exsuclation sanguine n'estelle pas tout aussi considérable, sans que la phlegmasie tourne à l'adynamie, même sans qu'elle perde rien des^on caractère inflammatoire intense ; et réciproquement, combien de fois l'adynamie n'existe-t-elle pas sans aucune espèce d'exsudation au poumon et ailleurs? Combien de fois enfin, dans une fièvre comme la lypboïde, l'hémorrhagie n'enlraîne-t-elle pas des pertes bien plus réelles, sans que l'adynamie s'ensuive? Dans tous les cas, ce n'est pas encore dans cet ordre d'idées qu'on trouverait les bonnes indications de l'adynamie, et c'est pariout ailleurs qu'il faut les chercher.
C'est spécialement l'état des forces qui nous les fournira, et nous retrouverons ici toutes celles précédemment attribuées à la putridilé il s'agit toujours de relever le ton vital compromis ou abaissé, et c'est par le vin, le quinquina et les toniques en général, c'est par une vive excitation de la peau, au moyen du sinapisme et du vésicaloire, que l'on y parviendra^. Ceux-là mêmes qui ont systématiquement multiplié les réserves sur l'importance de diverses inflammations, et surtout de la gastro-entérite, dans l'adynamie, ceux-là n'ont pas encore osé bannir entièrement les toniques du traitement des maladies qu'elle complique'. Il est vrai que ces inflammations sont souveut supposées ou exagérées par l'esprit de système, mais il peut arriver qu'elles existent bien réellement; et alors, bien loin qu'elles réagissent sur la fièvre pour influencer sa thérapeutique, ce sont elles qui en subissent le caractère et les indications '.