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La malignité a, disons-nous, de grands rapports

' Niemeyer ; Palhol. int.. I, 1G7.

2 Ghomel : Tr. des fièvres. 202, sq.

■■' Boisseau ; Pyrét. physiol., 311.

P. Frank; Méd.prat., I, 117.

806 TllAlTÉ u'ilKMATOI.OOIIÎ DYNAMlyUK.

avec la putridité et surtout l'aclynamie, ou plutôt elle se confond souvent avec elles. C'est dire que les indications qu'elle comporte se rapprochent entièrement de celles que nous venons d'examiner, et doivent être cherchées dans des considérations du même genre.

Si, dans la malignité qui frappe une fièvre quelconque, on n'avait pour se guider que les données anatomiques , celles-ci étant ou nulles ou bornées à une certaine injection encéphalique, on serait absolument privé d'indication ou réduit à celle de désemplir le cerveau. Or, un tel secours serait tout au plus simplement palliatif. Grâce à lui, on pourrait obtenir un sursis ; mais comme il n'aurait nullement pour effet de remédier à l'élément ataxique qui met la fluxion cérébrale en jeu, non-seulement celle-ci serait toujours à recommencer, mais la débililalion qui suit toute perte sanguine ne ferait souvent qu'ajouter aux conditions du mal.

Il n'est pas une considération organique de celles qu'on met en avant pour expliquer l'ataxie ou plutôt le délire, qui puisse nous procurer un meilleur succès. Cette complication est, on le sait, particulièrement fréquente dans la pneumonie, où depuis Huxham on la théorise par le reflux du sang, qui, ne pouvant plus être reçu parle poumon engorgé, rebrousse par la veine cave jusqu'au cerveau. La conséquence légitime de cette prémisse, c'est que les moyens déplétifs, la saignée en première ligne, seraient le traitement obhgé et utile. Or, chacun sait ce qu'il en est de l'emploi d'un pareil moyen. D'ailleurs, il faut dire que l'explication est loin d'être vraie. Non-seulement dans la pneumonie l'ataxie existe très-souvent avec une lésion légère ou bornée du poumon, mais elle se montre entièrement semblable dans la bronchite, la pleurésie, même l'angine, où le reflux de la veine cave n'a plus raison d'être invoqué.

A défaut d'une explication organique de la malignité , certains se résoudraient à la nier, ou du moins à la confondre dans les autres phénomènes de l'inflammation. Les

TUAITEMENT DES ACCIDENTS DIVEUS. 807

Italiens, qui n'ont vu dans celle-ci qu'an excès de stimulus, proclament l'existence au moins relative de cet excès dans toutes les espèces; quelque soit leur génie, et môme à propos des inflaai mations malignes et grangréneuses , ils affirment que leur méthode curative ne saurait être quantipJilogistique' . Antiphlogistique, soit ! Tout moyen qui guérit Tinflammation mérite à juste titre ce nom; seulement gardonsnous de croire qu'un tel effet puisse être ici obtenu par les méthodes qui triomphent ordinairement de l'inflammation simple.

Quand on n'est point parvenu à trouver directement la cause organique de l'ataxie ou du délire, on a invoqué un contre-coup, la sympathie. Ce serait simplement la lésion pulmonaire qui réagirait sur le cerveau, et dès-lors la pneumonie ataxique réclamerait absolument les mômes moyens qve la pneumonie simple-, La légitimité de cette déduction n'apparaît pas tout d'abor J, il faut en convenir ; il resterait toujours à trouver et à combattre la cause qui fait que la sympathie s'exerce alors et non dans la trèsgrande majorité des cas. Recherche plus difficile qu'on ne le pense, et qui a fait dire aux esprits sérieux que lasympathie n'est qu'un mot dont on cherche à voiler notre ignorance'^ .

L'ancien Humorisme ne nous fournirait pas ici des directions plus rationnelles. Nous avons pu maintes fois admirer la sagesse de ses méthodes pratiques. Si bien qu'il nous a semblé que sa théorie n'avait été fondée qu'après coup et pour expliquer le succès de ses méthodes, bien plus que celles-ci n'avaient été déduites de l'autre. Mais en ce qui concerne la malignité, cet heureux accord de la théorie et de la pratique n'existe plus, et l'une n'a abouti qu'à des indications que l'autre n'a pas sanctionnées.

Dans l'idée que la malignité provenait d'une matière hostile, subtile, d'un poison qui, introduit dans le sang

' TommasiQi ; Exp. cU la doctr. méd. ilal,, 131. - Scslier ; 67m. de Chomcl, III, 569.

Grisolle ; Tr. de la pneum., 392.

808 THAiTÉ n'iiÉMATOi.OGin uvnamiquh.

OU jelé sur lo cerveau et les nerfs, met l'un et les autres dans lo désordre ; dans cette idée, les anciens no s'étaient préoccupés que du besoin de chasser le poison, et c'est principalement par la sueur qu'ils avaient espéré y parvenir. De là étaient nés leurs méthodes sudorifiques, leurs bézoards, leurs antidotes, leurs électuaires : thériaque, antimoine diaphorétique et autres, qu'ils prescrivaient à haute dose, tant en qualité de préservatifs que de curalifs des maladies malignes , et auxquels, tout au plus , étaient adjoints le vinaigre et le suc de citron, si la chaleur élail excessive \ Le génie de Sydenham signala l'abus de ces méthodes, et, sans renier ces particules très-chaudes et trèssubliles, enseigna qu'il fallait leur opposer les remèdes d'une nature contraire, et non point chercher à les évacuer par les sudorifiques et les échauffants, qui ne font qu' augmenter la malignité^ . Mais les idées théoriques ont tant d'influence sur le traitement, qu'après Sydenham les plus grands esprits ne renoncèrent pas encore aux sueurs. Baglivi tlenl le cinabre comme un des moyens les plus sûrs et les jjIus héroïques que Von puisse opposer à la frénésie^. Le sage Huxham regarde la diaphorèse, les sueurs légères et les esprits volatils propres à les exciter, comme les moyens naturels de solution dans la fièvre nerveuse ''. Et son compatriote Sims a pu lui repprocher justement de placer en eux sa principale confiance'^.

Ce n'est donc pas encore dans celte voie que se trouveraient les bonnes indications relatives à la malignité. Mais ce qu'on a bien voulu appeler l'Humorisme moderne, l'Hématologie, ne nous en ferait pas davantage approcher. Il est vrai que l'Hématologie n'a pas peut-être élevé ses prétentions jusqu'à expliquer lo délire. Mais après avoir théorisé,

1 Ettmuller; Sur Ludovicus : Tr. du bon choix dos médic, I, 312.

^Sydeaham ; Méd. pral.. I, 312, 13.

^ Baglivi; Méd. prat.. '197.

•'' Huxham ; Ess. sur les fièvres, 110.

5 Sims ; Mal. épid., 188.

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grâce aux faits de son ressort, la plupart des phénomènes cérébraux ayant avec lui un rapport manifeste, tels que les vertiges, les cblouissements , les tintements d'oreille, les chaleurs de tôle*] après avoir caractérisé dans le même sens la putridité, à laquelle le délire tient de si près, on ne voit vraiment pas pourquoi elle n'a pas étendu jusqu'à celui-ci les considérations de même sorte. Bien lui en a pris cependant, car dans cette direction elle n'aurait pu que nous recommander malencontreusement les méthodes restauratrices de la crase du sang, et nous inspirer un éloignement formel pour le nitre et les autres alcalins, pour le cauiphre, dont l'action estanalogue; c'est-à-dire nous lancer tout juste au rebours do la voie qui nous conduirait au but-

409. L'idée matérialiste appliquée, soitaux solides, soit aux humeurs, ne serait donc qu'un guide très-infidèle pour nous aider à découvrir les indications de la malignité. Substituons-y l'idée vitaliste , et nous allons voir combien les choses s'éclairciront. C'est par elle que nous sortirons de ce dédale de prescriptions différentes ou contradictoires qu'on rencontre partout sur ce sujet. L'un, en effet, ne voit de salut que dans la saignée, que l'autre proscrit, fondé sur les faits les mieux observés; celui-ci démontre les meilleurs résultats de la part des toniques, tandis que celui-là vante exclusivement les rafraîchissants; malgré la juste proscriplionfulminée par Baglivi contre le vésicatoire, qu'il accuse de rendre la maladie plus grave et d'amener la convulsion et la mort - , on voit tous les jours ce même moyen produire les meilleurs effets. C'est dire que, suivant l'occurrence, les mêmes méthodes ont un succès heureux ou funeste. Si nous pouvons trouver quelque part la raison de pareilles difficultés , c'est assurément dans la théorie vitaliste.

On a célébré le service rendu à la médecine par Syden-

' Aadral ; Ilémat. , 46.

Baglivi ; Méd. prat., 195.

ham quand il simplifia le li-aitemenl de la malignilé, $i mal compris de son temps, et qu'il posa en principe qu'on ne doit employer contre elle d'autres remèdes que ceux qui conviennent à la maladie où elle se trouve V C'est là peutêtre une déclaration un peu trop absolue. A quelque genre de maladies qu'elle appartienne , la malignité conserve toujours un certain fond et certaines indications qui lui sont propres. Il n'en est pas moins vrai que dans tous les cas le traitement doit tenir grand compte de la maladie elle-même et surtout du génie affectif d'où elle procède. Ce n'est pas en effet dans quelques conditions anatomiques et organiques que nous puiserons cette variabilité de moyens, alors obligatoire; car ces conditions, réduites à un degré plus ou moins avancé de l'injection encéphalique, nous ramèneraient toujours vers l'emploi plus ou moins libéral des mêmes méthodes. C'est bien plutôt la nature de la lésion affective, l'état morbida spécial de la force vitale , qui doivent exclusivement nous guider.

Ainsi, qu'il s'agisse d'une maladie franchement phlogistique, c'est alors que le régime rafraîchissant inauguré par Sydenham ne manquera pas de réussir ; c'est alors que, par la saignée, joar les boissons délayantes et les semences froides, le délire se trouvera pour ainsi dire jugulé'. Il ne faudrait pas pourtant avoir la prétention d'étendre ce traitement aux maladies qui ne sont plus dans les mêmes conditions. Le succès risquerait d'être bien différent. La saignée surtout, qui ici supprime ou prévient le délire, ne tendrait ailleurs qu'à le provoquer. StoU l'a vue, dans la pneumonie bilieuse, suivie immédiatement d'un délire furieux^. Les cas dans lesquels elle est contre indiquée sont loin d'être rares. Alors que dans la fièvre nerveuse, l'agitation et le déhro existant, l'oppression de poitrine fait redouter la péripneumonie, Huxham déclare expressément qu'il faut se

1 Sydenham; Méd.pral., I, 314.

2 Baglivi ; Accroiss. da la méd. prat., 195. ^ Sloll ; Méd. pral., I, 12.

Tn.VITEMlvNT DES ACCIDENTS DIVEIIS. 811

garder de la saignée et partout ailleurs que dans les maladies phlogistiquesel quelques-unes qui s'en rapprochent, il sera toujours prudent de la ménager.

Chaque fois que changera la nature de la maladie principale, fièvre ou phlegmasie, il faudra varier aussi le traitement. Si cette maladie est bilieuse, c'est aux évacuants par haut et par bas qu'il faudra recourir, suivant le précepte de StolP. Ils ne seraient contre-indiqués que dans le cas où la malignité se trouverait jointe à un état de faiblesse tel que la secousse par eux occasionnée pourrait devenir mortelle^. Partout ailleurs ils suffiront au succès. L'important alors est de détruire la cacochylie bilieuse, moyennant quoi on réussira, même contre la malignité accompagnée deconvul- «on, comme Tissot s'en convainquit dans la fièvre de Lau-. saune, où il assure que les antispasmodiques , soit tirés du règne animal, soit autres, durent être soigneusement évités^.

Quand la maladie à laquelle se joint la malignité sera de nature muqueuse, catarrhale ou rhumatismale, les indications seront différentes. Les diaphorétiques d'abord seront utiles et obtiendront tant de confiance, qu'on a pu considérer en cette qualité des médicaments qui, comme le camphre, le musc, l'opium, l'ammoniaque, méritent, ce nous semble, d'être appréciés à un tout autre point de vue^ Nous avons vu qu'IIuxham n'excluait pas les sudorifiques de 1.1 fièvre lente nerveuse, et Tissot ne fait pas même exception pour la fièvre bilieuse". Dans les maladies dont nous parlons, la malignité donnera lieu à une deuxième indication, celle de l'opium, qui dans beaucoup d'autres serait à redouter. Appliqué à la fièvre muqueuse, l'opium, même à haute dose, calme très-bien le délirc\ Contre celui qui com-

* Essai sur les fièvres, 107.

2 Méd. prat., 1, 13. •

^ Grimaud ; Cours de fièvres, III, 30.

Tissot ; Febr. Ml. Laus.. 243-4.

5 Grimaud; Cours de fièvres, IV, 147.

^ Febr. bit. Laus., 324. ' ' Grimaud ; Cours de fièvres, IV, 140.

H 12 TRAITÉ d'hématologie DYNAMIQUE,

pliquo la lièvre catarrhale, lloucher employa la môme substance unie au camphre et au nilro, et toujours avec succès, pourvu que ce déliro ne tint pas à un état phlogistiquc et îtX.purement nerveux^ c'est-à-dire un produit direct de la fièvre. Quand la frénésie est rhumatique, Sarcone attribue encore à l'opium associé au musc une utilité qu'il appelle souveraine'. Il n'y a pas jusqu'à la fièvre nerveuse, où dans certains cas le délire et les convulsions peuvent encore être heureusement combattus par l'opium'. Enfin, dans la malignité qui complique les mômes maladies muqueuse, catarrhale et rhumatismale, il est un dernier moyen, le vèsicatoire, qui ne le cède à aucun autre. Dans la catarrhale, appliqué à la nuque, do bonne heure, dès que Yembarras de la tête se manifeste, il peut dissiper promptement tous les accidents^ Dans la muqueuse, il doit au contraire être entretenu longtemps^ Et quand il s'agira d'une maladie rhumatismale, le succès du vésicatoire ne sera sûrement pas différent.

Cependant, qu'au lieu des trois ordres de maladies dont nous parlons, il s'agisse des phlogistiques ou des bilieuses, le succès des mômes moyens y sera tellement changé qu'on a pu les y déclarer plus nuisibles qib avantageux et même absolument funestes^.

On voit que le traitement de la malignité varie comme la nature de la maladie à laquelle elle se lie. Où faut-il pourtant chercher la raison de cette variation ? Ce n'est pas assurément dans les conditions organiques. Non-seulement il n'en existe 'aucune, au moins au début, alors qu'il est surtout important d'agir ; mais lors même que la fluxion aura abouti à l'injection du cerveau ou de ses membranes.

' Roucher ; Fièvr. catarrh., 91-2.

2 Mal. obs. à Naples, II, 206.

a J. FraQk; Patliol. int., I, 252.

Roucher; Op. cit., 83.

5 Grimaud ; 0^3. cit., IV, 15~.

6 Tissot; Febr. bil. Laus., 135, 33i.— Grimaud, Cours de fièvres , II, 192

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f^l i THAITÉ D HKiMATOLOGIE DYNAMIQUE.

dériiiilivement constituée, soit par los injections ou les épancliemenls encéphaliques, qui lui sont propres, soit et surtout par la dégénération des forces, qui fait son essence, alors rindicationanti-alfective ne suffit plus; il s'agit d'inaugurer un traitement, à peu près le même dans tous les cas, tendant, soit à combattre la fluxion cérébrale parlesdôplélifs ou les révulsifs appropriés, soit à modifier la lésion dynamique. Celle-ci consiste ordinairement dans une exaltation qui n'exclut pas la faiblesse, et on lui oppose des moyens qui, tout en les déprimant, ne sont pourtant pas, comme le nitre etle camphre, dépourvus de touteffet excitant; souvent même cet effet doit être renforcé et poussé jusqu'à le rendre entièrement tonique. A part l'espèce phlogislique, il n'en est pas une où cette obligation ne se réalise; la malignité bilieuse elle-même n'y échappe point, et Tissot, qui appréhendait tant les toniques, nes'y interdisait pas l'usage ihc vin^. A plus forte raison, les espèces muqueuse et même nerveuse réclameront souvent l'emploi du quinquina, de la serpentaire, dos toniques les plus actifs-. Et il va sans dire qu'en descendant l'échelle des affections, nous trouverons l'emploi des toniques d'autant plus impérieux contre la malignité que l'état de la force vitale sera plus abaissé. Lors donc que de grands médecins ont tonné contre l'emploi de ces médicaments, il faut l'entendre comme méthode générale et absolue, car voilà des cas nombreux et parfaitement déterminés où ils ont été jugés indispensables au succès.

410. Jusqu'ici, à propos de la gastricité, de la pntridité et de la malignité, tout en vérifiant l'importance souveraine de la lésion dynamique et de son génie affectif, nous avons vu qu'on avait pu au moins, sans trop blesser la vraisemblance, faire intervenir les organes digestifs ou encéphaliques, et, bien que ceux-ci ne fussent rien moins

' Tissot; Febr. hil. Laus., 332.

2 Gi-imaud ; Cours de fièvres, IV, 20. — Huxliam ; Ess. srir les fièvres, 111.

que propres à nous révéler les indications, certains faits prêtaient encore à la discussion. La chose n'est plus possible en ce qui touche la contagiosité. Ici, les phénomènes se passant à distance et sans le besoin du moindre contact immédiat, on ne voit pas quel rôle on pourrait rapporter aux solides, ni encore moins quelles indications en découleraient. On comprend, au contraire, que tout; s'opère par le fait d'une vapeur, d'une émanation quelconque provenant d'un fluide et devant aboutir à un autre fluide, et c'est dans cette seule notion que le médecin puisera sa règle de conduite.

Nous n'insisterons pas ici sur des pratiques bien propres cependant à mettre en lumière l'importance absolue des liquides el du sang, d'où ils proviennent tous, dans les faits de contagion. Nous savons qu'au moyen d'une goutte de virus on inocule d'un sujet à l'autre le germe de diverses maladies, et, sur la foi de la vaccine et de son effet préventif, on a conçu l'espoir d'empêcher le développement, soit delà syphilis, soit des fièvres pestilentielles, par l'inoculation du virus propre à chacune. Des expériences ont été déjà tentées au sujet du typhus et de la fièvre jaune '. Et s'il est vrai qu'elles n'aient pas encore donné de résultat définitif, elles attestent au moins une fois de plus que , suivant une opinion à peu près universelle, les phénomènes morbides essentiels, les conditions étiologiques de ces maladies, siègent exclusivement dans les fluides et dans le sang. Mais c'est à un point de vue plus général que nous avons à considérer le traitement de la contagiosité.

Pour trouver ce traitement, de même au reste que celui de tous les états morbides possibles, il s'agit avant tout de s'entendre sur les causes qui interviennent, sur le mode suivant lequel s'opère la transmission du germe contagieux. A cet effet, d'après un très-honorable professeur^ les indi-

1 Anglada; Tr. de laconl.. TI, .Ti'î.

2 Ibid., II, 300.

810 TnAiïÉ d'hématologie dynamique.

cations no sauraient être que l'expression pratique de l'ctiologle. Or, plaçons-nous au point de vue solidisle, et cherchons quelle vue pratique pourra en sortir : nous n'en trouverons aucune. En dehors de tous rapports de contact, il est, disons-nous, impossible de comprendre l'action d'un tissu ou d'un organe sur ceux d'un sujet sain. Dès-lors, non-seulement toute intention thérapeutique se trouve absente, mais il serait plus logique de nier résolument la contagion et de renoncer à s'en occuper, ainsi qu'on l'a proposé.

Parle fait seul qu'elle s'e.xerce à distance, sans autre voie de communication que l'atmosphère, entre le sujet malade et le sujet sain, on est forcément amené à considérer le miasme ou le contage comme un gaz ou une vapeur provenant des liquides du premier et allant se mêler à ceux du second, et dès-lors modifier cette vapeur, soit en ellemême, soit dans les effets qu'elle va provoquer dans ces liquides et principalement dans le sang : tel est l'unique problème que se propose la médecine.

La science exacte n'a pas manqué d'y essayer ses procédés. Avec leur prétention de simplifier les choses et de réduire tous les faits, tant physiologiques que morbides, à une opération de laboratoire, les chimistes, d'après Liebig, ont assimilé le contage à un ferment. De même que la levùre mise en contact avec le sucre se décompose et se réduit en alcool et en acide carbonique, de même aussi le contage, introduit dans le sang, tend à le décomposer, à y détruire une certaine substance , la fermentation , c'est-àdire la fièvre, ayant lieu ou non et se montrant à des intensités différentes, suivant que cette même substance existe ou n'existe pas, etaffecte des proportions différentes aussi '. Ces belles données chimiques sont destinées à porter la lumière et la certitude des sciences physiques dans la théorie et la pratique de la médecine. Mais que les esprits

' Graves ; Leç. clin., I, 30.

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sérieux y regardent do près, et qu'ils prononcent! D'abord les fièvres contagieuses, éruptivcs ou pestilentielles, no différent pas assez, quant à leurs symptômes généraux, des (lèvres simples, pour qu'oD sente la nécessité d'invoquer pour elles une fermentation jugée inutile pour celles-ci. Ensuite, ce n'était pas tout de signaler une certaine substance à détruire par le ferment; il fallait la déterminer chimiquement, et non.-seuleraent elle, mais les résidus qui en j)rovienneut, ainsi qu'on le fait pour le sucre d'un côté, et de l'autre pour l'alcool et l'acide carbonique, dans la fermentation, que l'on prend pour type. Une fois cette première constatation obtenue, tout n'était pas fait. Gomme toutes les fièvres contagieuses, et par conséquent les fermentations, en quoi elles consistent, offrent entre elles de notables différences , il était naturel d'attribuer celles-ci au caractère, à l'activité, on tout au moins à la proportion ; en un mot, à une condition quelconque différente aussi de la substance à détruire, et c'était là une deuxième constatation à faire; il fallait démontrer que telle substance ou tel état de la même correspondait au typhus ou à la peste, telle autre à la variole ou à la fièvre typhoïde, et ainsi de suite. Enfin, partant de cette variabilité de la fameuse substance, il restait à en déduire les indications et à montrer que dans chaque cas tout se borne à trouver le corps neutralisant qui puisse prévenir ou arrêter la fermentation. Faute d'avoir fait toutes ces preuves , la théorie chimique ne saurait avoir pour nous la moindre valeur. Nous l'avons dit : nous autres vilalistes, il nous est permis de laisser dans l'ombre certains phénomènes ou parties de phénomènes, mais en chimie il n'en est plus ainsi, et nous avons le droit de dédaigner toute théorie dont la démonstration matérielle ne nous est pas octroyée.

Il faut donc en convenir, le Solidisme et le Ghimisme sont également incapables de nous révéler le traitement de la contagion. Mais au lieu de ne voir , dans la cause do ceUe-ci, qu'une substance chimique, un agent de fermenta-

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