‹ Traité d'hématologie dynamique pour servir de fondement a un systeme de pathologie vitalisteChapitre 29 sur 33 · II · texte numérisé non relu

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son essence, tend à pervorlir le trouble circulatoire général et à y introduire des résolutions aussi promptes que funestes. Et si l'opium suspend ou dissipe les accidents, c'est en s'altaquant à la lésion, en diminuant, en réprimant son effort d'impulsion sur le sang, comme font, nous le savons, tous les autres agents ou méthodes thérapeutiques; comme il fait lui-même dans des circonstances spéciales où nous avons constaté son utilité, mais toujours sans qu'il soit permis de lui attribuer l'action antipériodique, qui, même dans la fièvre pernicieuse, demeure bien en propre au quinquina.

Toutefois cette action rentre exactement dans nos données vitalistes, et l'intermittence se réunit à tous nos accidents pour prouver partout la prééminence de la lésion dynamique du sang, et achever de mettre hors de doute que c'est à elle qu'il faut s'adresser uniquement pour combattre avec succès les troubles circulatoires divers qui constituent toutes les maladies fébriles et tous les accidents qui peuvent les aggraver.

415. Ici finit notre tâche. Elle a été longue, à travers le champ tout entier de la Médecine; et nous pouvons, en terminant, apprécier les résultais auxquels elle nous a conduit.

Nous avions d'abord à nous édifier sur la valeur des grands systèmes qui se partagent l'histoire de la Médecine, et nous avons pu acquérir cette conviction que, pour reposer sur la donnée matérialiste, ils n'ont pas néanmoins plus clairement ni plus solidement dogmatisé. L'un, anciennement fondé, après une longue existence toute nominale, comme contre-partie de l'autre, s'est enfin formulé dans les temps modernes, cherchant sur la fibre solide un certain privilège, soit d'attirer, soit de pousser le sang dans les ciipillairos, soit du l'agiter dans les grands vaisseaux,

coxcLi siûx. 83.") ilont ou déduisait la théorie do la phlogmasie et do la fièvro osseutielle. L'autre, à l'aide de quatre humeurs priucipales, auxquelles il en adjoignit successivement quantité d'autres, prétendit théoriser les mêmes maladies. Mais aucun des deux ne s'est jamais mis en peine d'administrer la moindre preuve, de démontrer quoi que ce soit, ni de la nature, de l'essence du stimulus ou du spasme, ni de l'existence, de l'identité des humeurs, bien moins encore des effets attribués aux uns et aux autres ; et nous avons pu conclure à dire que rien ne mérite moins le nom de système que cette double tentative de mettre en œuvre les éléments physiques de notre corps.

Ce qui achève de les condamner, c'est que la science moderne les a repris avec ses méthodes perfectionnées d'investigation , sans pouvoir leur conquérir la moindre valeur de plus, bien au contraire. Ne réussissant pas mieux que les anciens à théoriser avec le stimulus et le spasme, elle a substitué à celui-là, pris directement sur le lieu de la phlegmasie, un stimulus par contre-coup de seconde main, l'action réflexe! A celui-ci, à la tension qu'on lui prêtait sur ces vaisseaux, leur nulHté d'action, leur paralysie! — Et à l'enthousiasme européen excité par cette savante énormité, on peut juger du désarroi théorique oii se trouve encore le Matérialisme. De même pour les humeurs, désespérant de théoriser avec elles mieux, qu'on ne l'avait fait jusqu'ici, il les aurait volontiers laissées de côté pour s'attacher au sang et à ses variations hématologiques; mais le mauvais succès de celles-ci l'a bien vite ramené aux humeurs considérées, soit toujours vaguement en elles-mêmes, soit dans tel ou tel de leurs composants : ferments^ pigments, et au besoin dans certaines actions chimiques qui se passeraient en elles, le tout sans rien expliquer ni démontrer; et il est honteux vraiment de le voir se débattre, patauger, sans dignité et sans profit, dans des faits dont il évite de se rendre compte, faute de les bien concevoir à son point de vue ; et, plutôt que d'en

^30 TIIAITK d'iikma TOI.OC.II'; UY.NAMInn.;.

changer, finir, on dehors de touLe Ihéorio, par s 'absorb.^r dans les lésions matérielles des maladies, se condamnant à n'être ainsi que l'Organicisme.

Et ce qui ajoute à la honte du Matérialisme, c'est que, quand il essaie encore de théoriser avec les données des vieux systèmes, il sait très-bien lui-même qu'elles n'ont rien do vrai; bien plus, qu'il s'en démontre expérimentalement la fausseté. Il opère la stimulation, non plus le stimulus hypothétique, mais l'irritation traumatique d'un tissu, et il constate que la fluxion n'en est nuhement la conséquence. Il établit d'un autre côté que la principale, la plus réelle, la plus active des humeurs, la bile, injectée .dans le sang, ne fait que le refroidir, le ralentir, ce qui dispense de lui prêter un rôle fébrile, et bien moins aux autres humeurs, qu'on ne peut se représenter, à supposer qu'elles existent, que comojedes sucs plu? grossiers, plus épais, plus inertes. D'ailleurs, ce n'était pas tout d'expliquer, soit un premier fluxus, soit l'émolion immédiate et générale du sang. Il fallait que la même cause rendît compte de la scène entière qui leur succède : dans un cas, du travail plastique d'où le pus résulte; dans l'autre, de cette marche, de cette durée, de ces terminaisons obligées et fatales qui font de la fièvre une véritable fonction morbide. Et cette cause, ce n'est pas le stimulus, ni une humeur, ni un fait matériel quelconque, qui pourraient la fournir, mais seulement un fait vivant, un fait se rattachant à la force, vitale ellemême qui, lésée dans son essence, introduit dans le sang un désordre prévu et régulier de mouvement, de température et de plasticité, lequel représente la maladie dans son acception la plus générale. Au surplus, les considérations thérapeutiques ne vont pas moins à condamner les vieux systèmes ; d'un côté, le stimulus, le spasme, établiraient comme médicatiou universelle l'emploi des calmants, des antispasmodiques, de l'opium et de ses congénères ; la paralysie, au contraire, celui de la strychnine, do l'électricité et consorts ; ot la justesse de ce double point de vue mesure

celle du fait inilinl supposé. L'Miimorismo a olé plus heureux, plus pratique : il a servi à fonder de très-uliles rnélhodes, qui n'ont pas cessé d'avoir cours. Seulement, s'il fallait accepter les vieilles hypothèses sur qui elles reposent, ces méthodes n'auraient plus leur raison d'être, et bien moins encore si l'on devait les. déduire des idées et des corps chimiques substitués aux humeurs.

416. Ni par eux-mêmes, ni par les revirements qu'ils ont subis et ijui n'ont abouti qu'à les fausser davantage, les deux vieux systèmes matérialistes n'ont donc réussi en rien à dogmatiser la Médecine. Ils nous ont toutefois fourni une idée digne d'être recueillie et fécondée. A travers tous leurs errements, et d'une façon sans doute indirecte et détournée, mais positive, ils n'en finissent pas moins, tous deux, par nous désigner le sang comme leur véritable, leur unique aboutissant, comme l'agent morbide universel qu'ils ont cherché. Le stimulus, le spasme, les humeurs, toutes les considérations auxquelles les uns etles autres ont donné lieu, ne sont pas à autre fin que de mettre le sang en jeu, et cela en troublant son mouvement, sa température; en un mot, sa vie. Nous avons vu quelles illusions il a fallu se faire à ce sujet. Mais, puisqu'il s'agit du sang, il n'était nullement nécessaire do le prendre dans aucune circonstance qui lui soit étrangère. Il suffisait de le considérer en lui-même dans sa vie, dans les lésions dont elle est susceptible, et c'est ce que nous avons fait; si bien que notre Hématologie a cette bonne fortune de pouvoir se produire comme la continuation des vieux systèmes, comme apportant la clé de leurs théories, le complément naturel de leurs dogmes, en tant qu'elle nous conduit jusqu'à la racine des phénomènes dont ils avaient pu apercevoir le mécanisme sans en pénétrer l'essence, et de manière à ne nous faire perdre aucun des beaux fruits portés |)ar ces systèmes, du moins par l'un d'eux : l'Humorisme.

TltAlTÉ D'iIKMATOLOfllIÎ DYNAMIOUE.

Nous nous sommes donc allachû résolùmont au saug pour le saisir dès son origine, dès l'apparition de son premier globule, dans le suc amorphe du blastoderme. Ce suc, tel qu'il est, ne saurait être réputé capable do cette création plastique du premier ordre , dont l'organisme tout entier va sortir, et bien moins encore la membrane rudimenlaire enveloppante, qui n'est elle-même que sa couche extérieure épaissie, pourvue d'un premier degré d'élaboration. Mais avec ce suc, en tant que blastème du sang de la mère, vivifié une seconde fois par un blastème du sang paternel ; avec ce suc s'est transmise une étincelle de la force vitale qui animait le sang des parents, et c'est elle qui va maintenant recommencer son œuvre au profit du nouvel organisme. Pour cela, elle doit d'abord ramener le. suc à l'état de sang, ce qu'elle fait en lui rendant son globule, son élément essentiel ; et c'est le sang qui, ainsi disposé par elle, devient le grand facteur plastique, le distributeur de la substance animale, l'organisateur de toute la machine.

Aussitôt constitué, il envoie dans toutes les directions de petits courants, de petites colonnr^s, dont la couche extérieure s'organise pour lui construire tout un système de vaisseaux dont les contours délimitent exactement ceux de l'être à former, ce qui prouve qu'il en renfermait d'avance en lui l'idée typique. Grâce à une telle disposition, il peut tout aussi spontanément apporter à chaque partie, chaque organe, chaque tissu, la substance qui doit être la sienne, de façon que le corps du fœtus tout entier en résulte. Et jusque-là il n'y a pas à disputer au sang la part exclusive qu'il prend aux phénomènes, car son rôle commence alors qu'aucune trace de liquide ou de solide n'existe et n'existera que par lui. Seulement, ce rôle, il faudrait bien se garder d'en chercher la raison dans sa substance physique, dans sa composition élémentaire. Cette substance est très-approximativement la même dans toute la série animale, et pour que dans chaque espèce son

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