‹ Traité d'hématologieChapitre 10 sur 236 · C. Hyposulflto de soude (à 1 gr. 5 par litre · texte numérisé non relu

C. Hyposulflto de soude (à 1 gr. 5 par litre

D. NaCl à 30 pour 100.

On introduit dans un ballon jaugé de 35 cent, cubes, bouché à l'émeri, 5 cent, cubes de la liqueur acide B. On tare le ballon et on y ajoute 20 à 30 gouttes de sang. On pèse de nouveau et on calcule quel volume de liqueur acide il faut ajouter pour avoir exactement 5 cent, cubes de liqueur acide par gramme de sang. On ajoute ce volume supplémentaire d'acide qu'on a calculé et on complète jusqu'au trait de jauge avec la solution salée D. On agite le ballon et on l'abandonne une heure.

D'autre part, on prépare un ballon témoin avec 5 cent, cubes de liqueur acide et 30 cent, cubes de solution salée.

On filtre alors le contenu du premier ballon et on prélève 10 cent, cubes de la liqueur filtrée que l'on place dans un flacon de 50 cent, cubes en présence de 2 cent, cubes de liqueur iodnre-iodate A. On effectue la même opération avec le ballon témoin. On titre alors, avec la liqueur d'hyposulfite G et l'empois d'amidon comme indicateur, les deux flacons ainsi préparés; et, à l'aide des deux chiffres obtenus, on calcule quelle est la quantité d'acide qui a disparu dans la neutralisation du sang.

Tel est, en résumé, le procédé de Lumière. Il est nécessaire, pour en bien comprendre la pratique, assez compliquée, de se reporter à l'exemple détaillé décrit par les auteurs et qu'il serait trop long de rapporter ici. Cette méthode parait être plus délicate et plus exacte que celle de Rigler. A condition de n'apporter aucune modification à la technique et de se servir toujours de la même solution acide, la limite des erreurs est très peu étendue et on obtient des résultats qui peuvent, d'après les auteurs, être légitimement comparés. En réalité elle est trop compliquée et trop longue pour entrer dans la pratique clinique et il vaut mieux s'en tenir encore à la méthode beaucoup plus simple de Drouin ^

3° Suivant le Procédé de Drouin, on prépare : 1° une solution d'acide oxalique à 2,1 p. 1000; 2° une solution de sulfate de soude à 10 p. 1000.

Dans une rangée de 10 godets, il verse de droite à gauche des quantités croissantes d'acide oxalique, et décroissantes de sulfate de soude, de façon à avoir dans tous le même volume total :

Solution d'acide oxalique 10 gouttes, 9 gouttes 1 goutte.

Solution de sufate de soude 1 — 2 — 10 —

Le sang, recueilli avec une pipette graduée, et versé dans un volume connu d'une solution de sulfate de soude pour empêcher la coagulation, est réparti éga-

^ Drouin. Hémoalcalimétrie. Thèse de Paris, 1892.

ALCALINITÉ DU SANG A l'ÉTAT PHYSIOLOGIQUE.

lement et en quantité connue dans les godets. Chacun de ceux-ci est alors essayé avec du papier de tournesol. Il suffit de déposer sur du papier glacé de tournesol neutre une goutte venant de chacun des godets: on essuie en même temps toutes les gouttes ; celles de gauche font virer au rouge, celles de droite font virer au bleu ; entre les deux, il en est une qui a une réaction neutre ; dans le godet qui l'a fournie, la quantité d'acide versé représente l'alcalinité du volume de sang déposé.

Gautrelet^ a légèrement modifié la technique de Drouin, de façon à donner à la méthode une sensibilité plus grande.

Citons parmi les autres méthodes :

\° La méthode de Landois ;

2° La méthode de Zuntz et Lœwy ^ ;

3° L'hémoalcalimétrie de Engel ;

4° La méthode de Brandenburg * ;

5° La méthode de Schultz-Schultzenstein ;

6" La méthode de A. Dare Cet auteur a proposé de mesurer ralcaHnité du sang par la quantité d'acide tartrique nécessaire joour faire disparaître les deux bandes de Foxyliémoglobine ; son procédé ne donne pas les mêmes résultats que les autres.

7° La méthode éleclrolytique (Ilôber, Henri) ^ ;

8" La méthode gazométrique (Waller, Krauss) % qui repose sur le dosage de l'acide carbonique du sang.

§ II. — Alcalinité du sang' à l'état pIiysioIog°ique.

Le sang est alcalin à l'état normal. Le nombre de milligrammes de soude qui représente l'alcalinité de 100 cent, cubes de sang est : suivant Rumpf et Landois, de 182 à 218 milligr.; suivant Lépine, de 203 à 276 milligr.; suivant Berend, de 450 à 500 milligr.; suivant Tauszk, de 700 à 800 milligr.

1 Gautrelet. Les pigments respiratoires. Thèse de doctorat ès-sciences, Paris, 1903. On trouvera dans cette thèse une étude très documentée de l'alcalinité du sang chez l'homme et les animaux.

- Laisdois. Physiologie de Landois, p. 16.

3 ZusTz et LoEWY. Centr. f. d. med. Wissen., 1894, t. XXXlll, p. 783.

< Brandekbuho. Zeit. f. klin. Med., Bd. XXVI, II. 3. u. 4, 1889, et Ver. f. inn. Med., 23 nov. 1901.

ScuuLTZ-SciiULTZEKSïEiN. CeiitralblatL f. d. med. Wissenschaften, 1894, p. 801. 6 A. Dake. Semaine médicale, 31 déc. 1902.

' V. Henri. La dissociation électrolytique et la mesure de l'alcalinité du sang. Revue ge'nérale des sciences, 15 avril 1902.

8 liRAuss. Arch. f. exper. Path. u. Pharmak., 1890, t. XXYI, p. 18G.

ALCALINITÉ DU SANG.

Brandenburg, qui sépare les alcalis dialjsables des alcalis non dialysables liés à l'albumine, admet que Talcalinité totale du sang équivaut à 300 milligr. de soude, tandis que l'alcalinité dialysable en représente 60 milligr.

De ces variations très considérables, il résulte que les chiffres ne sont comparables entre eux qu'à condition d'être obtenus par le même procédé. Cependant les résultats généraux obtenus par les différents expérimentateurs concordent à peu près.

Chez les individus sains l'alcalinité du sang oscille dans d'étroites limites.

Elle n'est pas la même aux différents âges. Berend et Preisich * ont vu que, très forte au moment de la naissance et pendant le cours de la première année, elle baisse ensuite très rapidement, atteint son minimum entre \ et 3 ans, puis s'élève de nouveau pour atteindre, vers l'âge de 16 ans, le même taux que chez les adultes. Chez les vieillards, elle s'abaisse de nouveau.

L'alcalinité du sang augmente un peu durant le cours de la digestion (Lépine, Canard, Drouin, Dessèvre, etc.). Strauss est d'un avis opposé. Le jeûne fait, au contraire, suivant la plupart des auteurs, baisser l'alcalinité du sang. L'hyperalcalinité du sang pendant la période digestive concorde avec celle de l'urine et s'expliquerait par la spoliation des principes acides nécessaires à la sécrétion du suc gastrique.

L'alcalinité diminue après un exercice violent, dans l'élat de fatigue (Tauszk, Burckardt), ce qui est peut-être en rapport avec la production exagérée d'acide lactique dans les muscles. Burckardt et Minkowski, en tétanisant des animaux par la strychnine, ont produit vme diminution de l'alcalinité du sang.

L'alcalinité du sang total est toujours plus élevée que celle du sérum (Limbeck et Steindler, Rigler), à l'élat physiologique et même à l'état pathologique; cela peut être dû à ce que, dans l'alcalinité du sang total, interviennent les albuminoïdes des globules blancs et des globules rouges dont la fonction est basique.

L'alcalinité du sang frais va en diminuant rapidement depuis

* Berend et Preisich. Magyar Orvosi Archivum, 189S.

Page 1