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MODIFICATIONS DE L'ALCALINITÉ PAR LES AGENTS THÉRAPEUTIQUES

la sortie des vaisseaux jusqu'au moment de la coagulation (Zuntz, Winternitz, V. Jaksch, Drouin). Elle ne varie plus dans le sérum. Zuntz a vu l'alcalinité de 100 grammes de sang frais tomber en deux minutes de 330 à 170 milligrammes de soude.

Le sang artériel est un peu plus alcalin que le sang veineux^ mais la différence est faible (Drouin) ; elle est de moins de 1 /o (Garel et Canard).

L'alcalinité du sang varie dans la série animale ; les différents vertébrés énumérés d'après l'ordre de l'alcalinité croissante du sérum se trouvent groupés en classes qui correspondent à leurs affinités zoologiques; l'alcalinité a son maximum chez les oiseaux; dans son ensemble elle paraît augmenter en même temps que l'activité respiratoire et que la proportion d'hémoglobine dans le sang. De même l'alcalinité s'abaisse pendant la période de sommeil chez les animaux hibernants. Ces faits concordent avec les données de la chimie, qui nous montre les oxydations organiques favorisées par l'alcalinité. Gautrelet les a interprétés en établissant un rapport entre l'activité des échanges organiques et l'alcalinité du sang.

Pour les animaux qui sont plongés dans un milieu liquide, il y a un rapport entre l'alcalinité du milieu extérieur et celle du sang ou de l'hémoljmphe ; ce rapport est plus intime pour les invertébrés marins que pour les poissons osseux.

Par une méthode détournée, Mylius est arrivé à comparer la réaction alcaline des divers éléments histologiques du sang : les noyaux des leucocytes sont neutres ou acides, le protoplasma des leucocytes et surtout celui des lymphocytes est alcalin; les plaquettes sanguines sont fortement alcalines ; les globules rouges sont neutres ou acides ; le plasma et surtout la fibrine sont alcalins.

§ IH. — Modifications de l'alcalinité par les ag-ents thérapeutiques.

Les médications sont-elles capables de faire varier la réaction du sang ? On conçoit quelle importance cela pourrait avoir pour l'appréciation des effets thérapeutiques produits par une cure thermale alcaline comme la cure de Vichy, quel intérêt il y aurait à

ALCALINITÉ DU SANG.

pouvoir augmenter ou diminuer à volonté l'alcalinité du sang troublée dans les maladies, en particulier dans celles qui peuvent être attribuées à une intoxication acide, comme le coma diabétique.

Malheureusement, jusqu'ici nous possédons peu de données précises sur ce sujet.

On sait seulement que l'absorption d'eaux alcalines, de bicarbonate de soude ou de salicjlate de soude (Lépine) ' augmente l'alcalinité du sang ; il en serait de même pour les inhalations de nitrite d'amyle ou d'ozone (de Renzi et Marotta) -. Les modifications obtenues par ces moyens sont minimes et passagères. Charon et Briclie ont essayé, dans un but thérapeutique, d'augmenter l'alcalinité du sang des épileptiques par injections sous-cutanées répétées de solutions alcalines ; ils n'ont obtenu ainsi qu'une augmentation fugace de l'alcalinité, qui disparaît au bout d'une heure.

On avait accusé autrefois les alcalins de provoquer de l'anémie et de mener à une véritable cachexie lorsque le traitement était continué pendant trop longtemps. Pupier ' a fait justice de cet opinion.

Certains auteurs ont observé la diminution de l'alcalinité du sanef après absorption d'acides dilués, de limonades acides (Lassar) *, dans le régime carné. Mais cette modification paraît être bien faible et même douteuse, car plusieurs expérimentateurs n'ont pu l'obtenir. Hoffmann a montré que l'alcalinité du sang persiste chez les carnivores quel que soit le genre du nourriture auquel on les soumet. Walter'^, Hutchinson, Gothgens ^ ne sont jamais parvenus à rendre acide le sang des animaux, malgré l'ingestion abondante d'acides.

Le sang paraît conserver à l'état normal son alcalinité, et résister énergiquement aux causes capables de la modifier. Ce n'est que dans les conditions pathologiques que le mécanisme régulateur devient insuffisant à maintenir l'équilibre de réaction du sang.

1 Lépine. Semaine médicale, 1897, 3 mai.

- De Renzi et Marotta. Biv. clin, e Iherapeut., 1885.

^ Pupier. Académie des sciences, 187S.

^ Lassah. Pfliiger's Archiv, t. IX, p. 44.

6 Walter. Arch. f. exp. Pat/i., 1877, t. VII, p. 149.

6 GôTiiGENS. Med. Centralbl., 1872, p. 833.

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