C. CYANOSE INTERMITTENTE
L'hyperglobulie a encore été observée dans deux cas de cyanose intermittente de cause inconnue, rapportés l'un par Lenoble, l'autre par Vaquez ^ ; dans l'observation de Lenoble où l'hyperglobulie fut légère (.5 828 000), l'altération du sang pouvait être attribuée à un toxémie légère et fugace.
D. SPLÉNOMÉGALIE AVEC CYANOSE CHRONIQUE.
Dans ces dernières années, Rendu et Widal ont attiré l'attention sur un syndrome clinique caractérisé par l'association de l'hyperglobulie et de la cyanose avec augmentation énorme de la rate ; la splénomégalie était due à une tuberculose de la rate.
Il s'agissait d'un syndrome analogue dans une observation publiée antérieurement par Vaquez, ayant trait à un malade présentant de la cyanose avec hyperglobulie considérable (8 450 000) ; dans une observation de Moutard Martin et Lefas * où la cyanose faisait défaut ; dans une observation de Tùrck où la cyanose et l'hyperglobulie (9 150000) étaient associés à une splénomégalie non tuberculeuse.
Il est encore prématuré de vouloir établir une corrélation précise entre la splénomégalie et l'hyperglobulie. Vaquez a émis l'hypothèse que l'hyperglobulie pouvait tenir à un réveil des fonctions hématopoïétiques de la rate ; l'examen histologique de la rate dans le cas de Rendu et Widal, qui a révélé plutôt des lésions destructives, ne plaide pas pour cette hypothèse. Lefas et Bender", qui ont déterminé de l'hyperglobulie par inoculation de tuberculose atténuée
■1 Vaquez. Soc. de biologie, 1892.
2 Lenoble. Thèse de Paris, 1898.
3 Rendu et Wid.\l, Soc. méd. des hôpitaux, 1899.
^ MouTAKD Martin et Lefas. Soc. méd. des hôpitaux, 1899. 3 TunCK. Wiener klin. Woch., 3 avril 1902.
6 Lefas et Benuek, Soc. de Biologie, 28 juin 1902; et Lefas, tlièse de Paris, 1903.
HYPOGLOBULIES
dans la rate des chiens, pensent que l'augmentation du nombre des hématies est due principalement à un réveil de l'activité de la moelle osseuse.
Il faut en rapprocher l'hyperglobulie, observée par Milian, dans un cas de lymphome tuberculeux.
E. INTOXICATIONS
Diabète. — Le nombre des globules rouges et la quantité d'hémoglobine sont, chez les diabétiques, généralement élevés ; ils peuvent même dépasser la normale. Ce caractère persiste même chez les diabétiques amaigris, tuberculeux. Dans le cas de James le nombre des hématies variait de 4 460 000 à 6 730 000.
Il est probable que cette h jperglobulie relative est due à une concentration du sang par la diurèse excessive et l'apport insuffisant d'eau. Il y aurait donc, en même temps, diminution de la masse du sang ou oligémie et, par conséquent, anémie véritable malgré l'hyperglobulie.
Dans le coma diabétique, l'hyperglobulie est plus marquée encore ; Grawitz a trouvé 6 400 000, Habershon - 6 640 000, et Ewing 6 800 000 hématies. La dyspnée, la cyanose peuvent entrer en ligne dans les facteurs de l'hyperglobulie.
Intoxication thyroïdienne. — Lépine a signalé une hyperglobulie passagère, durant deux à trois jours, chez les animaux (chèvre, chien) soumis à l'ingestion ou à l'injection de produits thyroïdiens.
Intoxication par le gaz d'éclairage. — C'est à la stase veineuse qu'on a attribué les hyperglobulies observées par Munzer et Palma et par Limbeck dans 3 cas d'intoxication par le gaz d'éclairage.
§ II. — Hypog-loliulies.
Presque tout état pathologique s'accompagne d'une diminution plus ou moins considérable du nombre des hématies.
Le chiffre globulaire qui marque le commencement de l'hypoglo-
' James. Edinb. med. J. 1896, t. LXII, p. 93.
- H.\BERSiiON. St Barikol. hosp. Rep., 1890, p. 152.
3 J. LiiPiNE. ?oc. de biologie, 22 nov. 1902.
NOMBRE DES GLOBULES BOUGES
bulie n'est pas absolument déterminé ; quand le nombre des globules est inférieur de J million au nombre normal, on peut dire qu'il y a hypoglobulie. Elle devient intense quand le chiffre des hématies tombe à 3 millions ou 2 millions. Elle est extrême quand ce chiffre devient inférieur à 1 million. On l'a vu tomber dans l'anémie pernicieuse progressive à 300 000, à 143 000 même (Quincke).