SELON LA NATURE S YMPTOMATIQUE OU ESSENTIELLE
paludéens, des cas absolument démonstratifs avec réaction mégaloblastique de la moelle des os. Ewing a observé 19 cas d'anémie malarienne pernicieuse avec mégalocylose el mégaloblastie ; dans un de ces cas même, la moelle des os était mégaloblastique et contenait un grand nombre de jeunes parasites de la forme estivoautomnale ; dans tous ces cas, l'anémie malarienne s'est installée en liuit ou dix semaines, aidée par les mauvaises conditions bygiéniques ;
3" Quelques cas d'anémie pernicieuse ont été signalés à la suite de lésions étendues de la moelle des os : c'étaient un sarcome de la moelle des os, dans un cas de Grawitz, un chlorome dans un cas de Waldstein \ des tumeurs de la moelle dans les cas de Lazarus, Ebstein, Rindtleiscli ; des foyers de suppuration dans un cas de Leube
Souvent, dans ces cas, il ne s'agit pas d'anémie pernicieuse progressive cbronique, avec lésions typiques du sang : dans le cas de Leube, il n'y avait pas d'indices caractéristiques de la destruction des hématies, pas de sidérose du foie : par contre, il y avait une hyperleucocytose, avec présence de myélocytes, indiquant une irritation de la moelle osseuse ;
4" Les hémorragies répétées peuvent créer l'anémie pernicieuse ^Habershon, Quincke, Scheperlen, Finney % Greenhow ^, Morse '% Stockmann
Ce sont des hémorragies répétées, dues à un ulcère gastrique ou intestinal, à des hémorroïdes, et passant inaperçues à cause de la difficulté de découvrir le sang dans les fèces ; des hémorragies utérines liées à un fibriome, des hémorragies nasales même.
Frappé de l'importance étiologique des pertes sanguines, Stockmann attribue à des hémorragies intestinales répétées et minimes les anémies pernicieuses dites idiopathiques.
Ehrlich, Ewing pensent que l'importance de cette cause à été exagérée ;
1 Waldstein. Virchow's Archiv., Bd. XCI.
2 Leube. Sitzunrisber. der pivjsik. med. Geselhchaft , W'urzburg, 1900.
3 Finney. lirit. med. Journal, 1880, I, p. 43.
^ GniîENiiow. Krif. med. .Journ., 1871, 11, p. 613.
» MoiiSE. liostoii med. a. siiry. .Journal, 27 nov. 1902.
0 SïOCKMANX. Bril. med. Journ., 1893, I, p. 965.
ANÉMIES
Il est certain, en effet, que les hémorragies, même abondantes et répétées, produisent en général plutôt des anémies secondaires graves que des anémies de type pernicieux ; et que d'autre part, les anémies pernicieuses d'origine hémorragique, surviennent souvent sur nn terrain prédisposé ;
5" Les infections aiguës ne donnent gnère que des anémies d'intensité moyenne. Quincke \ Rosenstein - ont rapporté chacun un cas d'anémie pernicieuse succédant à la fièvre typhoïde ; mais ce sont là des faits absolument exceptionnels ;
()" Les infections chroniques ne provoquent guère l'anémie pernicieuse. La tuberculose donne de l'oligémie plutôt que de l'anémie ; ou bien elle donne des anémies légères, du type chlorotique.
Seule, la syphilis^ bien que très rarement, peut être cause d'anémie pernicieuse ; il en existe des cas certains, rapportés par Laache, Kjerner ' et Muller Ewing a vu souvent des anémies syphilitiques graves avec mégaloblastes, mais il les regarde plutôt comme des anémies secondaires graves que comme des anémies pernicieuses.
Chez les enfants, la syphilis héréditaire provoque des anémies intenses qui, par leurs caractères hématologiques, rentrent dans le cadre de l'anémie pernicieuse (Loos, Luzet).
Grawitz pense, d'après quelques observations, que la syphilis, qui frappe si volontiers le système osseux, peut déterminer un processus sclérosant dans la moelle, qui mène à une insuffisance myéloïde et à une anémie pernicieuse progressive, curable par le traitement spécifique. Un certain nombre d'anémies pernicieuses, en apparence protopalhiques, pourraient donc être d'origine syphilitique ;
7° Le cancer^ bien que très anémiant, ne détermine que rarement le syndrome de l'anémie pernicieuse progressive ; la valeur globulaire est en général très faible, la réaction mégaloblastique est rare. Cependant certains cas d'anémie cancéreuse rappellent de si près l'anémie pernicieuse, que le diagnostic est fort difficile ;
8° L'intoxication chronique par le plomb, agent déglobulisant, a
1 Quincke. Volkmann's Voiircige, 1876, n° 100, p. 22.
2 RosENSrEiN. Berlin, klin. Woch., 1877, n" 9.
3 Kjerner. Sclimidl's Jahrbuch. T. CLXXXVl, p. 26. F. MuLLEH. Charile Amiakit, 1889, p. 2.j3.