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APERÇU HISTORIQUE

Bien que le globule blanc eut été découvert par Ilewson, en 1770, le début des recherclies sur sa physiologie et sur son rôle dans les états morbides ne date guère que de l'année 1845, époque des premiers travaux de Virchov*^ sur la leucémie : A^irchow distingue deux variétés de globules blancs ; les uns petits et à un seul noyau, d'origine lymphatique : les autres plus volumineux, à noyau contourné ou à gros noyau étalé, plus ou moins régulier, auxquels il attribue une origine splénique.

Wharton Jones, en 1846, découvre les mouvements amiboïdes des leucocytes et remarque la présence de granulations dans le protoplasma de certains d'entre eux ; il propose, par suite, de diviser les leucocytes en deux catégories : les leucocytes granuleux, les leucocytes non granuleux.

Robin et surtout Max Schultze, complètent la classification des formes leucocytaires.

Max Schultze dislingue, en efTet, quatre formes principales qui correspondent aux quatre formes primordiales que nous admettons aujourd'hui. Hayem admet aussi ces quatre variétés, qu'il ramène plus tard à trois principales : petit leucocyte à noyau unique ; leucocyte polynucléaire à protoplasma finement granuleux ; leucocyte à grosses granulations. Se basant, non plus seulement sur

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Faspect extérieur des leucocytes, mais sur les réactions histo-chimiques de leur protoplasraa eL des granulations que celui-ci contient. Ehrlich, enfin, établit une classification des leucocytes, qui est bientôt admise par tous les hématologistes.

Ranvier précise la structure du leucocyte et montre que dans la variété dite polynucléaire, le noyau est en réalité unique, mais polylobé. Il établit, enfin, le rôle du leucocyte dans la nutrition des éléments anatomiques et dans l'élaboration des tissus.

Ces leucocytes sont en effet capables, comme le montrent Colmlieim, Recklinghausen, de passer à travers les parois vasculaires à Tétat physiologique et dans les états inflammatoires (diapédèse).

Gohnheim et Recklinghausen, ne reconnaissent pas toutefois le rôle protecteur dévolu au leucocyte dans l'acte de la diapédèse et c'est à MetchnikofP que revient tout l'honneur d'établir sur des bases solides la théorie de la « phagocytose ». Metchnikoff, en effet, montre que le leucocyte doit être considéré comme l'élément protecteur de l'organisme par excellence, non seulement vis—à-vis des microbes, mais encore vis-à-vis des poisons et des toxines, comme le producteur des antitoxines.

Dans le domaine de la pathologie, Virchow avait su révéler toute l'importance de l'examen du sang pour le diagnostic de la leucémie. Hayem, Malassez étudient la leucocytose dans les divers états pathologiques et insistent sur sa valeur diagnostique.

Des travaux d'Ehrlich et de Metchnikoff date surtout l'essor qu'a pris depuis quelques années l'étude du leucocyte. La notion ancienne des variations du nombre global des leucocytes dans les divers états pathologiques, se complète de cette donnée nouvelle, capitale, des variations des diverses espèces de leucocytes, des modifications de la formule hémoleucocytaire.

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§ I". — Teohniqvie.

Examen de sang frais. — On peut étudier la structure du leucocyte et ses caractères physiques en déposant une goutte de sang sur une lame de verre recouverte d'une lamelle et en l'examinant à la température de la chambre. Cette technique est insuffisante pour étudier les globules blancs des mammifères.

TECHNIQUE

Platine chauffante. — Les mouvements sont plus actifs et se conservent plus longtemps quand on se sert pour l'observation de la platine chauffante de Malassez* à conduction de chaleur métallique qui permet de maintenir le sang à une température voisine de celle du corps. On fournit aux leucocytes une

Fig. G5. — Platiiio cbaufl'ante à conduction métallitfue.

réserve d'air, on peut se servir d'une petite chambre à air de Ranvier, ou bien faire reposer la lamelle sur la lame au moyen d'une petite cale de paraffine, ou d'un peu de fécule de pomme de terre (Ranvier) ; la goutte de sang doit être petite et ne pas atteindre le bord de la lamelle ^ Quand on veut fixer les leucocytes au milieu de leurs mouvements afin de

Fig. 6G. — Lymphe péritonéale de l'axolotl. — Globules blancs examinés vivants in vitro pendant leurs

mouvements (JoUy).

bien voir leurs déformations et leurs prolongements, il faut déposer avec une pipette sous la lamelle quelques gouttes d'acide osmique à 1 p. 100 sans que l'acide osmique touche le sang ; les vapeurs d'acide osmique fixent les cellules ;

^ Malassez. Arch. de physiologie, 1886,

2 KnAuss. Ueber eine neue regulierbare Vorrichtung fur den heizbaren Objekttisch Centmlblalt far Bakleriologie, 2o sept. 1902, p. 4G7. Krauss a indiqué récemment une nouvelle platine chauffante avec un mode spécial de régulation thermique.

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au bout, de 1 à 2 minutes, avec l'extrémité d'une fine pipette, on enlève l'acide osmique qu'on remplace avec précaution par de l'eau distillée ; on enlève de même l'eau distillée avec la pipette ; on la remplace successivement par une solution d'éosine et par une solution d'hématéine, et on monte définitivement dans la glycérine. Jolly ^ a pu obtenir ainsi de belles préparations .

Procédé de l'immersion. — Pour remplacer la platine chauffante, peu pratique, Ranvier- a imaginé le procédé de l'immersion, qui consiste à plonger le microscope et la préparation à examiner dans un bain d'eau chaude, et à observer sous l'eau.

Maurel a perfectionné cette méthode et l'a employée pour un grand nombre de recherches. Il se sert d'un microscope petit modèle B, avec un objectif n° 9 à immersion à eau (Nachet) et un oculaire n° 1, ce qui donne un bon éclairage et un grossissement suffisant (650 diamètres). Le microscope est placé sur un crislallisoir renversé dans une cuve en verre clair C, haute de 20 à 25 cent., à fond carré, remplie d'eau chaude à 35''-37°.

Fig. 67. — Appareil de Maurel.

Un thermomètre plongé dans la cuve indique la température de l'eau. Pour que la température du bain reste constante, MaureP fait arriver de temps en temps, au moyen d'un tube siphon F D une certaine quantité d'eau chauffée dans un ballon de verre, placé sur un trépied : un thermomètre I indique la température de l'eau du ballon ; le tube J permet l'échappement de la vapeur ; le tube H sert à l'introduction d'une nouvelle quantité d'eau.

Pour faire pénétrer de l'eau dans la cuve, il suffit, le tube siphon ayant été préalablement amorcé par aspiration, d'ouvrir le robinet E. Le siphon doit

1 Jolly. Thèse Paris, 1898.

2 Ranvier. Acad. des sciences, 31 mars 1890 ; et Semaine médicale, 1890, p. U7,

3 Maurel. v4rc/(. de méd. expér., V mars 1893,

CONSTITUTION DES LEUCOCYTES.

plonger jusqu'au fond de la cuve. Le trop plein d'eau est évacué au moyen d'un tube de caoutchouc M formant siphon.

Pour obtenir la préparation microscopique, Maurel se sert d'une lame de verre épaisse, un peu plus grande que les lames ordinairement employées en histologie, divisée en deux parties par une fine rainure; sur cette lame il trace avec de la einture de benjoin deu.\ petites bandes qui sèchent rapidement et qui serviront à supporter ensuite la lamelle pour empêcher l'écrasement des éléments vivants à observer. La lame est chauffée à 30' environ. Avec un agitateur de verre effilé,

Maurel y dépose sous forme de petites gouttes de 1 millim. environ, très rapprochées la culture ou la solution dont il veut expérimenter l'action sur les leucocytes ; il peut ainsi se rendre compte approximativement de la quantité de substance employée. Ces gouttes sèchent très rapidement ; on ne les dépose que sur l'une des moitiés de la lame afin de se servir de l'autre moitié comme terme de comparaison. Une goutte du sang à examiner est ensuite placée sur la lame et immédiatement recouverte d'une lamelle. La préparation est soigneusement lutée à la paraffine et portée aussitôt dans l'eau chaude sur la platine de microscope. La mise au point et l'observation sont très faciles par ce procédé.

Fig. 08. — Lame de Maurel.

§ II. — Constitution des leucocytes.

Les leucocytes sont essentiellement constitués par une masse protoplasmiqué renfermant un noyau : ils ne sont pas entourés de membrane d'enveloppe.

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Le noyau se présente sons des aspects divers selon la variété de leucocytes; il est toujours unique chez les animaux à sang chaud, comme Ta montré Ranvier, mais il est divisé en lobes, dans certaines variétés de leucocytes, désignés sous le nom de leucocytes polynucléaires. Les leucocytes des animaux à sang froid, notamment ceux du triton, peuvent renfermer deux noyaux.

Granulations des leucocytes. — Un certain nombre de leucocytes du sang renferment des granulations dans leur protoplasma ; celles-ci se voient exclusivement, comme nous le verrons dans la suite, dans le protoplasma des leucocytes polynucléaires. Elles sont d'aspect variable, et présentent, au point de vue de leur affinité colorante, des réactions fjpéciales qui les ont fait classer en éosinophiles, neutrophiles, basophiles.

Les granulations éosinophiles ont été lés plus étudiées. Ellcg apparaissent comme des corpuscules arrondis ou légèrement allongés, sensiblement réfj-ingents, incolores ; elles se présentent quelquefois en bâtonnet, comme les formations cristallo'ides de certaines cellules végétales ; on ne peut distinguer aucune texture ; la périphérie semble seulement plus colorée que le centre. Les granulations existent dans toutes les espèces animales, depuis les batraciens ; chez les invertébrés, on observe d'ailleurs dans les leucocytes des granulations très voisines (Lowitj ; elles se présentent chez les divers mammifères, avec des caractères à peu près identiques ; cependant leur taille est variable ; celles du cheval sont colossales, celles du chien très volumineuses, celles du rat et de la souris moins volumineuses que celles de riiomme. Les granulations acidophiles des oiseaux et de la grenouille apparaissent sous la forme de bâtonnets et de cristaux (granulations cristalloïdes de Ehrlich et Schwarze) ; des formes analogues peuvent se retrouver chez le cobaye dans la moelle osseuse (JoUy).

Ces granulations résistent à Faction dissolvante des acides étendus d'eau, à l'acide chlorhydrique à 1 p. 100. Au point de vue chimique, elles semblent contenir du phosphore et du fer.

Les granulations neutrophiles, très petites, qui ne se voient qu'après l'emploi d'une technique spéciale de coloration, sont;, par

PROPRIÉTÉS DÉS LËUCOCYtËS.

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