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ÉTUDE SYNTHÉTIQUE DES LËUCOCYTÔSËS INFECTIEUSES HL'MAINES

dans la circulation. Baginsky, Monti et Berggrûn ont fait des constatations analogues.

Dans un cas de syphilis héréditaire précoce, avec réaction cutanée intense, hypertrophie de la rate et du foie, M. Labbé et Armand Delille ' ont observé une anémie considérable avec apparition de globules rouges nucléés et de cellules myéloïdes en quantité assez grande pour caractériser un état pseudoleucémique ; le traitement spécifique a amené la gnérison et l'équilibre leucocytaire s'est lentement rétabli.

Ces diverses observations prouvent que la syphilis héréditaire peut amener la production du syndrome anémie pseudo-leucémique infantile.

Lèpre. — Gaucher et Bensaude, puis Darier, Gaston, Leredde, Sicard et Guillain, ont signalé, dans la lèpre, une éosinophilie qui peut être considérable (23 à 28 p. 100), mais qui est inconstante (Jeanselme).

Winiarsky -, dans 17 cas, a trouvé les leucocytes en nombre normal ou inférieur à la normale ; les mononucléaires étaient en excès (maximum 47 p. 100), sauf quand il y avait suppuration.

Actinomycose. — Ewing a trouvé 21 500 leucocytes dans un cas d'actinomycose pulmonaire ressemblant à la phtisie aiguë.

Cabot a trouvé 3 700 leucocytes dans un cas d'actinomycose du foie.

% III. — Etude synthétique des leucocytoses infectieuses

humaines

Dans le précédent chapitre, nous nous sommes seulement attaché à exposer les travaux des divers hématologistes qui ont étudié les formules leucocytaires des états infectieux ; nous sommes maintenant en mesure de tenter la synthèse de ces notions éparses et parfois même, en apparence contradictoires et de chercher à en dégager quelques lois générales.

1 M. Labbé et Akmand-Delille. Soc. médicale des hôpitaux, 6 février 1903.

2 Winiarsky. Saint-Pélersburg med. Woch., 1892, p. 365.

^ F. Bezakçon et M. Labbé. Les leucocytoses dans les maladies infectieuses. Presse médicale, 8 nov. 1902.

LES LEUCOCYTES A l'ÉTAT PATHOLOGIQUE.

La formule hémoleucocytaire la plus répandue, celle qu'on peut considérer, en général, comme la signature de l'état infectieux à la période d'état, c'est, l'hyperleucocytose avec polynucléose. Nous voyons, en effet, celle-ci être l'apanage des inflammations localisées telles que les phlegmons et les suppurations chaudes des parenchymes et des séreuses, des états inflammatoires qui, comme Térysipèle, la pneumonie, la blennorrhagie, les angines, le rhumatisme articulaire aigu, s'accompagnent localement d'une exsudation abondante de fibrine et d'une diapédèse intense de leucocytes.

C'est encore la même formule qu'on observe dans les septicémies, à condition cependant que la virulence excessive du microbe ne paralyse pas complètement les moyens de défense de l'organisme et n'entraîne pas, par suite, une leucopénie analogue à celle de la fièvre typhoïde.

Le nombre des leucocytes varie en moyenne de 15 000 à 25 000 par millim. cube ; ce n'est que dans quelques cas exceptionnels qu'il atteint le chifPre de 40 000 et même de 115 000. La polynucléose va généralement de pair avec l'hyperleucocytose ; le nombre des leucocytes polynucléaires s'élevant de la normale 66 p. 100 à 80 et même 95 p. 100.

La scarlatine se rapproche, par certains côtés, au point de vue hématologique, des états inflammatoires ; l'hyperleucocytose y est très accentuée (30 à 40 000 leucocytes), et la polynucléose considérable (85 à 98 p. 100).

L'hyperleucocytose ne s'accompagne pas toujours de polynucléose ; dans certains cas, ce sont les leucocytes mononucléaires dont le nombre est surtout augmenté. La mononucléose s'observe dans quelques maladies aiguës, les oreillons, la coqueluche ; à certaines périodes de la tuberculose et de la syphilis, sans d'ailleurs qu'on puisse établir pour ces maladies chroniques de règles précises comme pour les étals inflammatoires aigus précédemment décrits.

Certaines infections aiguës déterminent encore une hyperleucocytose avec mononucléose ; mais elles entraînent une formule hémoleucocytaire spéciale, qui indique un réveil inaccoutumé des fonctions de la moelle osseuse ; ainsi dans la variole, et à un degré atténué dans la varicelle, on voit apparaître des formes leucocytaires

ÉTUDE SYNTHÉTIQUE DES LEOCOCYTOSES INFECTIEUSES HUMAINËS.

qui n'existent pas dans le sang normal et qni ne sont guère observées, en dehors de ces maladies, que dans la leucémie et les états pseudoleucémiques.

Il est, par contre, tout un groupe de maladies dans lesquelles riiyperleucocytose fait défaut et où Ton observe même une diminution du nombre des globules blancs, une leucopénie. La fièvre typhoïde, la malaria, sont le type de ces infections sans réaction leucocytaire ; le typhus, la granulie, la rougeole, s'en rapprochent par leur formule. L'abaissement du chiffre des leucocytes porte surtout sur les polynucléaires, de sorte qu'il y a hypoleucocytose et mononucléose relative et quelquefois absolue.

Evolution de la formule leucocytaire dans les infections. -

Dans le cours des maladies infectieuses, la leucocytose semble avoir, ainsi que l'avait déjà bien vu Hayem, une marche parallèle à celle de la maladie ; la courbe suit, dans ses grandes lignes, celle de la température. Ainsi dans la pneumonie, maladie à évolution cyclique, le nombre des globules blancs s'élève d'emblée à 18 ou 24 000 dès le stade de frisson, pour se maintenir au même taux pendant la période d'état de la maladie. On observerait même, d'après Loeper, une exacerbation passagère au début et au moment de la défervescence, superposable à l'exacerbation thermique précritique.

Dans les pneumonies à évolution régulière , à défervescense brusque, le nombre des leucocytes s'abaisse rapidement au moment de la crise pour revenir à la normale le lendemain de la défervescence.

Dans les pneumonies à évolution lente, la crise leucocytaire fait défaut ou n'est qu'ébauchée et se produit irrégulièrement, par fractions, par décharges successives.

L'évolution de la leucocytose suit de même la courbe thermique dans l'érysipèle (Chantemesse et Rey), et dans les suppurations chaudes, où la chute de la leucocytose coïncide avec l'évacuation du pus. Même dans les maladies qui, comme le rhumatisme articulaire aigu, les angines diphtériques et non diphtériques, la blennorrhagie, n'ont pas une marche cyclique, la courbe de la leucocytose suit assez exactement celle de la température.

LES LEUCOCYTES A l'ÉTAT PATHOLOGIQUE

La polynucléose, qui caractérise les maladies que nous venons de citer, a une courbe identique à celle de Thyperleucocylose ; elle commence avec elle et finit avec elle.

Dans les maladies qui s'accompagnent de mononucléose avec ou sans leucocytose, comme la variole, la fièvre typhoïde, la courbe leucocytaire ne paraît pas suivre aussi exactement la courbe de la température.

D'une façon générale, les infections chroniques, telles que la tuberculose, la syphilis, la malaria, ne possèdent pas de courbe leucocytaire à évolution régulière. La formule leucocytaire varie en effet avec les étapes de la maladie ; l'état du sang n'est pas le même pendant les périodes d'accalmie et de recrudescence.

La convalescence des maladies infectieuses est marquée, au point de vue hématologique, par le retour des leucocytes à la normale, quantitativement et qualitativement, que le retour se fasse brusquement comme dans les maladies à crises, ou progressivement comme dans les maladies à défervescence irrégulière ou en lysis.

Ce passage de l'hyperleucocytose ou de la leucopénie à l'équilibre physiologique, ne va pas cependant sans une perturbation de la formule hématologique ; il se traduit, en général, par une lymphocytose ou une mononucléose plus ou moins marquée et quelquefois même par une véritable inversion de la formule normale ; par l'apparition, enfin, de formes cellulaires anormales, leucocytes mononucléaires à protoplasma basophile, myélocytes granuleux, quelquefois^ mais rarement hématies nucléées.

On doit une mention toute spéciale aux modifications que subissent au moment de la convalescence les leucocytes éosinophiles. On sait que ceux-ci constituent un réactif extrêmement sensible des états pathologiques ; d'une façon générale on peut établir comme règle qu'ils diminuent considérablement au cours de la période fébrile de la plupart des maladies infectieuses, érysipèle, pneumonie, rhumatisme articulaire aigu pour reparaître et souvent même augmenter de nombre au moment de la convalescence. C'est là un caractère commun aux infections à réaction leucocytaire ou à leucopénie, à polynucléose ou à mononucléose. La réapparition se fait suivant deux

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