ÉTUDE SYNTHÉTIQUE DK LA LEUCOCYTOSE DANS LES INFECTIONS
modes; ou bien, comme c'est le cas pour la pneumonie^ (Loeper), il y a retour des éosinopliiles au taux habituel sans exagération de nombre ; ou bien comme c'est presque la règle (érysipèle, rhumatisme, fièvre typhoïde, appendicite), il y a une véritable crise e'osinophilique. Cette leucocytose éosinophilique n'est pas en général très considérable : cependant elle peut atteindre un taux assez élevé, jusqu'à 13 p. 100.
Dans les fièvres éruptives où la disparition est plus rare et en général peu accentuée, il semble que la crise éosinophilique n'attende pas pour se produire la convalescence de la maladie, et puisse apparaître d'une façon précoce. C'est ainsi que, dans la scarlatine, on peut voir le chiffre des éosinopliiles atteindre 8 à 15 p. 100 au moment de l'acmé de l'éruption. Il y a là un fait intéressant à rapprocher de la leucocytose éosinophilique que nous observerons dans la plupart des maladies cutanées.
§ IV. — Ktude synthétique de la leucocytose dans les infections
expérimentales.
L'inoculation aux animaux, des microbes les plus divers par les voies les plus variées, détermine, d'une façon générale, de la leucocytose : Limbeck inocule dans les articulations de chien à jeun, des cultures de staphylocoque pyogène, de streptocoque ou de pneumobacille et observe, 6 à 24 heures après l'inoculation, la leucocytose à son maximum ; dans les infections à staphylocoque, qui déterminent la réaction la plus vive, le nombre des leucocytes est 6 à 7 fois plus considérable qu'à l'état normal. Limbeck" observe aussi les modifications que l'infection fait subir à la formule leucocytaire et voit que le aang contient de 88 à 93 p. 100 de leucocytes polynucléaires.
Cette réaction d'hyperleucocytose avec polynucléose que nous avons vue à peu près constante dans les maladies humaines, même dans les maladies telles que la rougeole et la fièvre typhoïde,
1 Même dans la pneumonie, la crise éosinophilique peut être observée. Turck a trouvé 5 et même 7 p. 100 d'éosinophiles dans la convalescence de la pneumonie.
2 Limbeck. Grundriss einer klin. Patliol. der DIules, léna, 1896.
LES LEUCOCYTES A l'ÉTAT PATHOLOGIQUE.
qui ont pour formule générale la mononucléose, est aussi de règle dans les infections expérimentales, qu'il s'agisse d'infection par le pneumocoque, le streptocoque, le staphylocoque, le proteus, le colibacille, le bacille d'Eberth (Achard et Loeper)
Bien plus important ici au point de vue du mode de réaction que la nature dn germe inocnlé, nous apparaissent le degré de virulence de ce germe ou le degré de réceptivité de l'animal. Tchistowitch ^ voit que tandis que le pneumocoque très peu virulent détermine chez le lapin une forte leucocjtose, la leucocytose est peu marquée si le microbe inoculé est très virulent. Williamson montre qne dans les infections très virulentes, s'il j a bien hyperleucocytose, celle-ci n'est qu'ébauchée et fait place bientôt à la lencopénie^ comme dans les septicémies humaines rapidement mortelles.
Le mode de réaction des animaux dans les infections expérimentales semble plus banal que les réactions de l'homme aux infections bactériennes, et l'on ne retrouve pas en général la diversité des formules qu'on voit dans les infections humaines. Il faut cependant remarquer, avec Achard et Loeper, avec Dominici, que les réactions leucocytaires ne sont pas identiques dans les diverses infections expérimentales. Si la polynucléose est importante et prolongée dans les infections banales que nous venons de rappeler, elle est moins marquée dans d'autres cas, par exemple à la suite de l'injection de bacille d'Eberth au lapin, ou de bacille tuberculeux au lapin et au chien.
De même que dans les infections humaines, dans les infections expérimentales curables, l'hyperleucocytose avec polynucléose diminue aux approches de la convalescence et fait place à un stade pendant lequel le nombre des leucocytes est relativement peu augmenté, et la formule hémoleucocytaire constituée par de la mononucléose.
Le stade de mononucléose succédant au stade de polynucléose s'observe, comme l'ont montré Achard et Loeper, à la suite de l'inosulation des microbes les plus variés. Notta Cocco la signale chez les animaux infectés par le pneumocoque; Rey^% chez ceux
1 AciiAiiD et Loeper. Soc. de bioL, i mai 1901.
- Tchistowitch. Aiin. de l'Inst. Pasteur, 1892.
3 Williamson. Beilr. z. paLi. Anat., 1901, Bd XXIX, p. il.
^ Rey. Leucocytose dans re'njsipèle. Thèse Paris, 1899.