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ANÉMIE PSEUDO-LEUCÉMIQUE INFANTILE

cas où le syndrome était apparu chez un hérédo-syphilitique, le retour à la normale de la formule sanguine et la disparition des symptômes sous l'influence du traitement mercuriel apportèrent la preuve qu'il s'agissait bien seulement d'une anémie avec réaction myéloïde, secondaire à l'infection syphilitique.

L'apparence d'individualité de l'affection tient à l'âge du sujet sur lequel agissent les causes morbides, âge qui explique la facilité et l'intensité avec laquelle réagissent les organes hématopoïétiques, la rate en particulier ^. Certaines observations, comme celle de Raybaud et Vernet^, qui chez un enfant de trois semaines mort en dix jours de pyohémie, ont trouvé un grand nombre d'hématies nucléées dans le sang (800 pour 5 à 6 millions d'hématies) , montrent la facilité avec laquelle une infection provoque chez le nouveau-né une réaction du tissu myéloïde.

L'anémie pseudo-leucémique est d'ailleurs loin d'être une aff'ection nettement définie ; son évolution est extrêmement variable : tantôt elle guérit, tantôt elle aboutit à la mort, tantôt enfin elle se transforme en leucémie ou en anémie pernicieuse progressive. Dans un cas de Luzet, on assista peu à peu à la transformation en leucémie; dans un cas de Frizzoni ^ , le nombre des leucocytes passa de 26 000 à 98 000 et des myélocytes apparurent en très grand nombre dans le sang.

La distinction entre l'anémie pseudo-leucémique et l'anémie pernicieuse ou la leucémie est souvent difficile à établir ; dans un des cas de Von Jaksch qui a servi à édifier le syndrome clinique, l'autopsie montra qu'il s'agissait en réalité de leucémie ; le cas de Rotch, étiqueté anémie pseudo-leucémique, est aussi en réalité un cas de leucémie lymphatique (1 311 000 hématies, 116 000 leucocytes et 80 p. 100 de lymphocytes); d'autre part, le cas de Von Jaksch où il y avait seulement 820 000 hématies et 54 600 leucocytes, se rapprocherait plutôt de l'anémie pernicieuse.

Il y a d'ailleurs tous les termes de passage entre certains cas d'anémie pseudo-leucémique, la leucémie et l'anémie pernicieuse ; c'est même là un des points les plus intéressants de l'histoire des

1 Marcel Labbk et Aumand Delille. Soc. méd. des hôpitaux, 6 fév. 1903.

2 Raybaud et Vern'et.. Réunion biolog. de Marseille, 19 mai 1903, p. 672.

3 Frizzoni. Lo speiimentate, 1902, t. LVI, p. 48.

LES LEUCOCYTES A l'ÉTAT PATHOLOGIQUE.

anémies pseudo-leucémiques. Nous voyons, en effet, à l'origine d'états morbides qui aboutiront à la leucémie, une période pendant laquelle le sang présente seulement les réactions banales que nous considérons comme la caractéristique des états infectieux ; la leucocytose ici n'est plus à opposer à la leucémie, elle la précède seulement, et l'on ne peut se défendre de penser que c'est la cause même qui a déterminé tout d'abord la réaction leucocytaire qui est ensuite le primum movens de cette hyperactivité désordonnée du système hématopoïétique qui constitue la leucémie.

§ IV. - Anémies spléniques de l'adulte.

Sous le nom d'anémie splénique, on a groupé des états pathologiques, dont le trait clinique dominant est l'association d'une anémie intense et d'une hypertrophie chronique de la rate (Strumpell*, Griesinger, Muller -, Wood^).

Certains de ces cas rentrent dans des types définis et ressortissent, les uns à la pseudo-leucémie lymphatique ou myélogène, les autres à la splénomégalie tuberculeuse primitive, dont nous avons déjà parlé. Il en est sans doute ainsi des cas à' anémie splénique de Sfrùmpell, qui rentrent pour une bonne part dans la pseudo-leucémie lymphatique, comme le montre leur formule hémoleucocytaire, ou dans la tuberculose de la rate ou le lymphosarcome, des cas de fièvre récurrente de Ebstein que Pel ^, Gowers % Murchison ■ rattachent à la pseudo-leucémie.

Il est plus difficile de classer les faits de splénomégalie avec anémie, étiquetés en Italie sous le nom de maladie de Banti, et ceux que Debove et Bruhl ont décrits sous le terme de splénomégalie primitive.

1 Strumpell. Ein Fall v. Anœmia splenica. Arch. f. Heilkunde, 1876, t. XVII, p. 547.

2 MuLLER. Centmlbl. f. allgem. Path., 1894, p. 354.

5 WoOD. Atneric. Journ. med. Sciences, 1871, p. 373.

* Ebstein (Berlin, klin. Woch., 1887, t. XXXI, p. 565) a décrit sous ce nom une aflecfion caractérisée par des intermittences de pyresie et d'apyrexie, une tuméfaction splénique ou ganglionnaire.

5 Pel. Berlin, klin. Woch., 1887, p. 644.

6 Gowers. Alternating Pyrexia. Reynolds System of Medicine, vol. V, 306, 352. Murchison. Traits, path. soc. London, 1870, t. XXI, p. 370.

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