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PURPURA

§ IX. — Purpura

Dans le groupe des états pseudo-leucémiques, on peut aussi faire rentrer les^ purpuras qui, dans leur forme hémorragique tout au moins, se traduisent par une formule sanguine ayant des traits communs avec celle des pseudo-leucémies et surtout de l'anémie pseudo-leucémique infantile : anémie intense, apparition d'hématies nucléées et de myélocytes.

Werlhoff avait déjà classé à part dans le groupe des purpuras, sous le nom de « morbus maculosus », une variété survenant dans l'enfance, apyrétique, généralement bénigne, procédant par poussées successives, et caractérisée par l'apparition d'hémorragies multiples et abondantes de la peau (larges ecchymoses asymétriques), des muqueuses et des viscères.

Lenoble^, se basant sur la formule hémoleucocytaire, rapproche de la maladie de Werlhoff certains cas de purpura hémorragique aigus, curables ou mortels, et groupe tous ces faits sous le nom de purpura myéloïde ; la formule de celte affection lui a paru suffisamment caractéristique pour qu'il ait cru pouvoir en faire une véritable entité morbide, nettement distincte des purpuras secondaires.

Voici les caractères fondamentaux de cette formule ; certains ont déjà été mentionnés au chapitre de la coagulation du sang ;

1° Le caillot est irrétractile (Hayem -, Bensaude ■'). La rétraction se produirait, par contre, si l'on met le sang purpurique en présence du chlorure de calcium (Sicard), ou de l'extrait de foie (Gilbert et Weil). Lenoble dit n'avoir jamais obtenu, dans ces mêmes conditions, qu'une rétraction incomplète ;

2° Les hématoblastes sont profondément modifiés : ils sont diminués de nombre, augmentés de volume et profondément altérés dans leur structure intime (perte plus ou moins absolue de leur altérabilité spontanée spécifique et de leur tendance à se grouper en amas).

1 Lenoble. La conception des purpuras, d'après leur formule anatomo-sanguine. Arch. de méd. expér., 1903, n°' 2 et 3.

^ Hayem. Leçons sur les maladies du sang, 1900. 3 Bensaude. Soc. méd. des hôpitaux, 13 janv. 1897.

LES LEUCOCYTES A l'ÉTAT PATHOLOGIQUE.

3° La réaction myéloïde est constante, parfois intense. Cette réaction est caractérisée par l'apparition dans le sang de globules rouges à noyau (normoblastes) et de myélocytes. La réaction normoblastique, très intense dans la forme aiguë (Lenoble signale 13,5 hématies nucléées pour 100 leucocytes dans une de ses observations), peut être très atténuée dans les formes chroniques, en dehors des poussées, au moment desquelles elle est toujours notable.

Le nombre des myélocytes n'est jamais considérable (0,25 à 1 p. 100 dans l'intervalle des crises ; 3 à 7 p. 100 au moment des crises, sans que jamais ce chiffre soit dépassé). Ces myélocytes sont, en général, des myélocytes à granulations neutrophiles^ quelquefois éosinophiles.

Ces caractères, d'après Lenoble, sont constants et de plus persistants dans les formes chroniques, toujours plus ou moins durables dans les formes aiguës ou subaiguës; certains d'entre eux peuvent se retrouver encore longtemps après la guérison apparente.

On peut observer encore une leucocytose légère de 10 à 25 000 éléments, avec accroissement du nombre des éosinophiles ordinaires de 3 à 10 p. 100, et surtout augmentation des lymphocytes; la proportion de ceux-ci est constamment accrue, et il existe, dit Lenoble, une réaction lymphoïde au moins aussi importante que la réaction myéloïde. L'augmentation des éosinophiles, sur laquelle Leredde avait déjà beaucoup insisté, et celle des lymphocytes, qui est souvent considérable, ne seraient pas spéciales à cette variété de purpura, mais se rencontreraient dans toutes les éruptions purpuriques.

4° \J anémie est en général très intense ; la valeur globulaire est très diminuée, sans que le nombre des globules soit extrêmement abaissé. Dans les formes aiguës, l'anémie peut atteindre un degré très élevé et l'on voit apparaître dans le sang des pseudo-parasites d'Hayem.

En dehors du purpura myéloïde, il n'y a place, d'après Lenoble, que pour des éruptions purpuriques banales., survenant à titre de complication au cours d'une affection générale, cachectisante ou toxique, et dans lesquelles la formule sanguine n'a rien de spécial.

Du purpura myéloïde, Lenoble rapproche certains exanthèmes purpuriques qui ont pour formule sanguine une réaction myélo-

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