TOXICITÉ DU SÉRUM INTRODUIT PAR INJECTION INTRA-VEINEUSE
dépend de certaines matières albuminoïdes néoformées et non des poisons urinaires retenus ; l'hypertoxicité n'en est pas moins certaine. Herter*, enfin, a montré que chez le chien, au cours de l'urémie expérimentale par ligature des denx uretères, le sérum devenait fortement toxique et convulsivant pour un autre animal de même espèce.
Dans un cas de cirrhose atrophique avec ascite et coma, sans albuminurie ni acétonémie, de même que dans un cas de coma diabétique, observés par Roger, le sérum ne se montra pas plus toxique que le sérum normal.
Dans le coma diabétique, d'après les recherches de Teissier, Devicq et Roques, il semble que la toxicité du sérum puisse être réellement augmentée et que le pouvoir nocif ne tienne pas seulement à l'acidité de celui-ci.
Maladies infectieuses. — Charrin et Roger - ont montré que dans la pneumonie la toxicité varie suivant les diverses périodes de la maladie ; tandis que la toxicité de l'urine va en diminuant au fur et à mesure que la maladie progresse^ pour s'élever au moment de la défervescence et de la crise, la toxicité du sérum suit une marche parallèle ; diminuée pendant la maladie, elle devient considérable lors de la crise urotoxique ; à ce moment il suffit de 1 cent, cube de sérum pour tuer 1 kilog. d'animal.
Dans la fièvre typhoïde^ la toxicité du sérum, normale pendant la première semaine, devient considérable pendant le deuxième septénaire, pour revenir à la normale pendant le troisième. D'après Rummo et Bordoni, le sérum peut être assez toxique pour tuer 1 kilogr. d'animal à la dose de 1 ce. 3.
Dans la malaria^ la toxicité du sérum récolté durant l'accès fébrile et pendant l'apyrexie, surtout chez les individus cachectiques, diminue jusqu'à 20 à 25 par kilogr.; l'inoculation détermine chez l'animal une prédominance des phénomènes de dépression sur ceux d'excitation.
Rummo et Bordoni ont étudié le sang d'animaux infectés avec divers microbes, et ont vu qu'il était fort toxique ; ainsi, on peut
1 Hebter. Urémie expérimentale. Sem. ?néd., 1897, p. 115.
2 Charrin et Roger. Toxicité du sérum sanguin dans la pneumonie. Soc. de Biol., 1891.
TOXICITÉ DU SÉRUM.
amener la mort chez un lapin auquel on injecte 10 à 15 cent cubes de sérum provenant d'un lapin charbonneux.
Affections cutanées. — Quinquaud ' a étudié la toxicité du sérum dans les maladies cutanées. Dans toutes les éruptions d'origine rénale, le sérum sanguin tue à la dose de 5 à 6 cent, cubes par kilogr. d'animal.
Dans les affections cutanées qui coïncident avec de l'albuminurie, le sérum est hypertoxique, mais il y a des cas où le sérum est de toxicité normale bien qu'il y ait albuminurie.
Dans toutes les dermatites avec grande exfoliation, on trouve un sérum hypertoxique dans les premières phases de leur évolution.
Dans le pemphigus aigu, dans les érythèmes infectieux, l'hypertoxicité est extrême, tandis que la toxicité est normale ou inférieure à la normale dans certains pemphigus cachectiques.
Dans les eczémas disséminés ou généralisés, le sérum acquiert une grande toxicité. Au moment des poussées, on rencontre un sérum qui tue à la dose de 3 cent, cubes par kilogr., puis la toxicité décroît et pendant l'accalmie il est hypotoxique.
La toxicité du sérum est augmentée dans les cas de brûlures (Kianiane) ^.
Après extirpation du corps thyroïde. — La transfusion du sang de chien thyroïdectomisé ne produit rien chez le chien normal, mais amène un tremblement continuel et entraîne rapidement la mort chez un animal dont on vient d'extirper le corps thyroïde. Gley a constaté qu'après la thyroïdectomie le sang n'était pas plus toxique mais acquérait la propriété de produire des contractions fibrillaires absolument caractéristiques.
Après extirpation des capsules surrénales. — Langlois a montré que l'injection de sang d'animal décapsulé déterminait une action curarisante sur les animaux privés de leurs capsules surrénales partiellement ou complètement.
1 Quinquaud. Soc. de dermat. et de si/philigraphie, 18 mai 1803. — Revue ge'ncr. de clin, et de thémp., n" 21, 1893.
* Kianiane. De la cause de la mort à la suite des brûlures étendues de la peau. Arch. de me'd. exp., 1894, p. 731.