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COMPLEXITÉ DES CAUSES DE LA TOXICITÉ DU SÉRUM

brightiques n'était pas toxique pour la cellule cérébrale du lapin, c'était parce que cette cellule n'était pas sensible aux poisons humains, ils ont déterminé des lésions expérimentales du rein chez le cobaye et ont vu, dans ce cas, le sérum de l'animal atteint de néphrite devenir toxique pour la cellule cérébrale du cobaye.

§ III. — Complexité des causes de la toxicité du sérum.

La méthode de vérification de la toxicité du sérum par injection intra-veineuse a été l'objet de nombreuses critiques. On a dit que la mort de l'animal n'était pas due au pouvoir toxique du sérum, mais à son pouvoir coagulant (Hayem) ; on sait, en effet, que le sérum du sang contient un ferment coagulant très actif et l'on observe souvent à la suite de l'inoculation du sérum d'une espèce animale à une autre espèce, soit des coagulations en masses occupant le cœur droit, soit des petits foyers d'apoplexie pulmonaire et de petits thrombus dans les capillaires (Hayem).

Le fait même des propriétés coagulantes du sérum n'est pas niable, mais il n'est pas exact de dire que la toxicité du sérum soit due exclusivement à cette action. La coagulation est loin d'être constante et la mort peut survenir sans qu'on trouve de caillots à l'autopsie (Léon Bernard).

Il suffit de rappeler enfin que, comme l'a montré Gley, le sérum d'anguille qui est extrêmement toxique pour le lapin, loin de déterminer des coagulations empêche, au contraire, la coagulation du sang de ce dernier animal.

On peut, d'autre part, comme l'ont montré Mairet et Bosc, séparer les diverses propriétés du sérum, en lui faisant subir certaines manipulations.

L'adjonction de 0,50 cent, de chlorure de sodium à 50 à 60 gr. de sérum enlève à celui-ci ses propriétés coagulantes, tout en lui laissant ses propriétés toxiques.

Le chauffage du sérum à 52°-53°, pendant trois quarts d'heure, supprime aussi la propriété coagulante, tout en laissant persister la propriété toxique. Celle-ci ne disparaît que si l'on chauffe le sérum à 57^

TOXICITÉ DU SÉRUM.

L^aclion de l'alcool ne permet pas de séparer les propriétés coagulantes des propriétés toxiques, il semble, en effet, que le précipité qui se produit-, renferme tous les principes actifs et que l'extrait alcoolique soit sans action toxique.

La toxicité du sérum a été attribuée à ses propriétés hémoly tiques ; la toxicité du sérum d'anguille tient, en effet, en partie au pouvoir hémolytique de ce sérum et la résistance de certains animaux, tels que le hérisson, aux inoculations de ce sérum, tient précisément en partie à la résistance de leurs globules rouges vis-à-vis de ce sérum.

Parmi les divers sérums normaux, comme l'ont montré Carré et Vallée \ les plus hémolytiques pour les globules rouges de cobaye, sont en même temps les plus toxiques pour l'animal; ainsi, le sérum de bœuf très toxique pour le cobaye est très hémolytique ; le sérum de cheval très peu toxique n'est pas hémolytique ; il y a un parallélisme assez étroit entre les deux propriétés pour qu'on puisse prévoir la toxicité d'un sérum par la seule mesure de sa puissance hémolytique. Si on épuise les propriétés hémolytiques d'un sérum en le saturant d'hématies sensibles, on lui fait perdre en même temps son pouvoir toxique. On ne peut cependant attribuer exclusivement la toxicité d'un sérum à ses propriétés hémolytiques, si grand que soit le rôle de celles-ci dans le mécanisme des accidents. Ainsi, pour le sérum d'anguille on peut rencontrer certains échantillons assez toxiques et qui, pourtant, ne possèdent qu'un très faible pouvoir hémolytique ; par contre, on n'a jamais rencontré de sérums normalement globulicides qui ne fussent pas en même temps toxiques. Le sérum de bœuf, fdtré sur filtre Chamberland, perd, comme l'a montré Rummo -, son pouvoir toxique, tandis qu'il conserve sa propriété de dissoudre les hématies du lapin.

Le sérum chauffé à 55" conserve enfin une partie de ses propriétés toxiques, malgré la perte de son pouvoir hémolytique.

La toxicité du sérum est un phénomène très complexe ; elle tient aux multiples ferments qui se trouvent dans tout sérum et qui agissent d'autant plus activement, semble-t-il, qu'ils sont introduits

^ Carbé et Vallée. Sur les substances toxiques des sérums normaux. Soc. de BioL, 1" fév. 1901.

* Rummo. Congrès de Paris, 1900. Section de pathologie générale.

COMPLEXITÉ "des CAUSES DE LA TOXICITÉ DU SÉRUM.

dans la circulation d'un animal plus éloigné dans l'échelle zoologique de l'espèce animale à laquelle appartient celui qui a fourni le sérum. Mais il y a une toxicité propre, indépendante de l'espèce, comme le prouve la toxicité extrême du sérum d'anguille et même peut-être aussi une toxicité individuelle, plus ou moins marquée.

Il faut aussi tenir compte, quand on étudie la toxicité du sérum, de la sensibilité individuelle de l'animal récepteur; les animaux auxquels nous faisons l'inoculation ne doivent pas être considérés comme un réactif banal, n'ayant aucune individualité ; leur plus ou moins grande résistance individuelle est indépendante de la taille et du poids et celte quote-part personnelle de susceptibilité, pour moins considérable que dans l'espèce humaine, reste cependant dans l'expérience comme une source d'erreur extrêmement importante.

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