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CHAPITRE III PROPRIÉTÉS PRÉVENTIVES ET ANTITOXIQUES DU SÉRUM

Les études, en apparence purement spéculatives, entreprises dans le but d'éclairer le mécanisme de l'immunité naturelle ou acquise contre les bactéries ; en particulier, les discussions qui se sont élevées entre les partisans de la théorie bactéricide des humeurs, représentés par Buchner et par Bouchard et ses élèves, et la théorie de la phagocytose édifiée par Metchnikoff, ont abouti à la découverte de nombreuses propriétés du sérum, dont le diagnostic médical et la thérapeutique ont singulièrement profité.

Il n'entre pas dans le cadre de ce livre d'étudier les propriétés préventives et thérapeutiques du sérum ; nous ne ferons que les rappeler. Nous étudierons, par contre, en détail, les autres propriétés : les propriétés bactéricides, cjtolytiques, agglutinantes, précipitantes, etc., qui trouvent leur application en hématologie clinique.

Certains animaux sont normalement réfractaires à l'introduction dans leur organisme de certains microbes ou de certains poisons. On a pensé que cette immunité pouvait tenir aux propriétés spéciales de leurs humeurs : à la présence dans leur sérum de propriétés préventives antimicrobiennes ou de pouvoir antitoxique.

Le point de départ de ces recherches a été l'expérience de Richet et Héricourt °, sur les propriétés préventives du sang défîbriné de chien, vis-à-vis du lapin inoculé avec le staphylococcus pyosepticus. Le chien est réfractaire à ce microbe ; son sang inoculé au lapin, exerce une influence préventive vis-à-vis du staphylococcus.

La présence dans le sérum d'un animal, de propriétés préventives, vis-à-vis d'un microbe, n'est qu'exceptionnellement en rapport avec

1 Pour la rédaction de ce chapitre et des suivants, nous avons fait de nombreux emprunts au livre de Metcmnikoff : Limmunilé dans les maladies infectieuses (1900, Masson, édit.) et à celui de Nicolle : Eléments de ynicrobiologie générale (1901, Doin, édit.).

2 Richet et Héricourt. C. R. de l'Acad. des Se, 1888, t. CXVII, p. 750.

PROPRIÉTÉS PRÉVENTIVES DU SÉRUM DES ANIMAUX VIS-A-VIS DES MICROBES. 773

le fait que l'animal possède une immunité naturelle contre ce microbe et l'expérience de Richet et Héricourt n'est pas susceptible de généralisation.

Une autre expérience rapportée par ces mêmes expérimentateurs a, par contre, une portée beaucoup plus générale : le sang défîbriné de chien, qui a été préalablement soumis à des inoculations du staphylococcus pyosepticus, a des propriétés vaccinales très marquées lorsqu'on l'injecte à des lapins, en même temps que ce staphylocoque. C'est là un exemple concluant du pouvoir préventif vis-à-vis d'un microbe donné, du sérum des animaux vaccinés contre ce microbe.

Les recherches de Behring et Kitasato ' ont apporté celte autre notion capitale : l'inoculation de toxine tétanique ou diphtérique au cheval, détermine l'apparition de propriétés antitoxiques dans le sérum de cet animal. La présence de ces propriétés fait que ce sérum inoculé à des animaux sains, leur permet de résister à l'intoxication par le poison diphtérique ou tétanique. La démonstration du pouvoir antitoxique du sérum des animaux vaccinés contre une toxine, était ainsi donnée.

Nous allons rapidement passer en revue ces diverses propriétés préventives et antitoxiques du sérum, en les étudiant : i° chez les animaux sains ; 2° chez les animaux vaccinés.

§ 1". — Propriétés préventives du sérum des animaux vis-à-vis

des microbes.

Sérum des animaux sains. — Le sérum d'un certain nombre d'individus sains possède des propriétés préventives vis-à-vis de certaines bactéries pathogènes, c'est-à-dire qu'il est capable, lorsqu'on l'inocule à un animal, de le prémunir momentanément contre une infection mortelle pour un animal témoin.

Le sérum de l'homme a des propriétés préventives vis-à-vis du vibrion cholérique (Klemperer, MetchnikofP) , il a la même action, mais très atténuée vis-à-vis du bacille de la fièvre typhoïde.

' Behring et Kitasato. Deutsche med. Woch., 1890, n° 49.

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