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PROPRIÉTÉS AGGLUTINANTES DU SÉRUM VIS A VIS DES MICROBES

§ IL — Propriétés ag-g'Iutinantes du sérum vîs-à-vîs des microbes '

Sérum normal. — Les sérums normaux contiennent des substances agglutinantes vis-à-vis de certains microbes ou de certaines cellules. C'est ainsi que pour ne rappeler que ces exemples, le sérum de cheval agglutine le vibrion cholérique, le vibrio Metchnikowi, légèrement le bacille d'Eberth, le colibacille, le bacille du tétanos, etc., et que le sérum de l'homme agglutine d'une façon considérable f à ~) la bactéridie charbonneuse (l'^'" vaccin).

Cette propriété est absolument indépendante de la propriété bactéricide : elle peut exister dans un sérum indépendamment de celle-ci ; ainsi, le sérum de rat bactéricide pour la bactéridie charbonneuse ne l'agglutine que très faiblement. La propriété agglutinante persiste, d'ailleurs, lorsqu'on chauffe le sérum à 55° pendant une demi-heure, c'est-à-dire alors qu'on détruit la substance alexique du sérum ; beaucoup moins fragile que la propriété bactéricide, elle n'est détruite qu'après un chauffage à 70°.

Sérum des animaux infectés et vaccinés. — La propriété agglutinante se développe presque dans tous les cas dans les humeurs des animaux, à la suite de l'inoculation microbienne ; elle est une des propriétés les plus constantes des humeurs des animaux infectés et vaccinés.

On peut la provoquer expérimentalement, soit par inoculation de microbes, soit par injection de toxines microbiennes, soit même par injection de sérums préventifs.

Les inoculations successives et progressivement croissantes de microbes augmentent le pouvoir agglutinant, mais jusqu'à un certain taux qui ne saurait être dépassé.

Il semble, d'après certaines expériences de Courmont et Jullien, que pour le tétanos, du moins, la propriété agglutinante soit beaucoup plus facile à développer par inoculation de toxines chez les animaux qui ont déjà normalement un pouvoir agglutinant.

1 Bensaude. L'agglutination des microbes. Thèse de Paris, 1897, Naud, édit.

PROPRIÉTÉS AGGLUTINANTES DU SÉRUM

Si la propriété agglutinante se développe le plus souvent à la suite d'inoculations répétées de microbes, cela ne veut pas dire, comme le croyait Gruber, qu'elle soit une réaction d'immunité, c'est ainsi que les travaux de Widal l'ont surabondamment démontré, une réaction contemporaine de la période d'infection.

Il n'existe d'ailleurs pas de corrélation nécessaire entre le pouvoir agglutinant et le pouvoir préventif du sérum. Si l'on voit souvent le pouvoir agglutinant augmenter en même temps que le pouvoir préventif, on voit, par contre, des animaux dont le sérum a un pouvoir préventif puissant et pas de pouvoir agglutinant ; le pouvoir préventif peut persister dans le sérum après que le pouvoir agglutinant a disparu ou inversement.

Il n'existe pas, d'autre part, de corrélation entre le pouvoir bactéricide et le pouvoir agglutinant : Widal a vu des bacilles d'Eberth agglutinés conserver leur vitalité pendant deux mois, malgré leur séjour dans le sérum.

Valeur de la réaction agglutinante pour le diagnostic des espèces microbiennes. — Pas plus que les autres propriétés du sérum, la réaction agglutinante n'est en elle-même une réaction absolument spécifique ; elle n'acquiert donc de valeur diagnostique, comme l'ont montré Widal et Sicard*, que si l'on se place dans des conditions expérimentales précises qui varient avec chaque espèce microbienne.

Il faut se rappeler, en effet, que si certains sérums normaux agglutinent déjà certains microbes : (le sérum de cheval, le vibrion cholérique; le sérum humain, la bactéridie charbonneuse), le sérum des animaux infectés peut aussi agglutiner d'autres microbes que ceux qui ont servi à déterminer l'infection expérimentale ; c'est ainsi que le sérum d'animaux vaccinés contre le vibrion cholérique peut agglutiner le colibacille, par exemple, et que le sérum des typhiques peut agglutiner légèrement le bacille de la psittacose de Nocard et aussi, diaprés Rodet -, certains échantillons de colibacille,

Widal et Sicard ont, à propos de l'agglutination de la psittacose, montré que le fait exact en lui-même n'enlevait rien à la valeur de

1 Widal et Sicard. Soc. méd. des hôp., 4 déc. 1896. * Rodet. Journ. de physiol., juillet 1901.

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