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SÉRODIAGNOSTIC DE LA TUBERCULOSE

§ XIII. — ^Sérodiag-nostîe de la tuberculose.

La méthode du sérodiagnostic ne pouvait être appliquée an diagnostic de la tuberculose sans modification ; grâce à une ingénieuse technique, Arloing et P. Courmont ' ont pu étendre la méthode au diagnostic de cette maladie et poser les règles du sérodiagnostic de la tuberculose.

Technique. — Le bacille tulDerculeux se présentant dans les cultures liquides ou solides, sous forme de voile ou d'écaillés constituées par des bacilles solidement agglomérés, la technique usuelle du sérodiagnostic de la fièvre typhoïde n'est pas applicable au diagnostic de la tuberculose. La condition préalable est, comme l'a montré Arloing, d'avoir des cultures liquides homogènes de bacilles tuberculeux.

Pour obtenir des cultures homogènes de bacilles de Koch en milieu liquide, Arloing ^ est parti de cultures sur pomme de terre, dont les colonies, rapprochées, luxuriantes, ont un aspect gras et brillant.

Arloing repique ensuite les colonies qui se trouvent au fond du tube dans des ballons contenant du bouillon glycériné, mais au lieu d'apporter la semence à la surface en la laissant flotter, de façon à obtenir un voile, il l'immerge dans le liquide et a soin, chaque jour, d'agiter la culture pour combattre la tendance qu'a le bacille tuberculeux à végéter en grumeaux ; dans ces conditions, en effet, le bacille se développe comme le bacille d'Eberth ou le staphylocoque dans la masse liquide qu'il trouble uniformément.

L'examen sans coloration d'une goutte de cette culture montre des bâtonnets isolés les uns des autres, ayant la forme du bacille tuberculeux et jouissant d'une certaine mobilité: l'examen, après coloration par la méthode de Ziehl, décèle les réactions colorantes propres au bacille tuberculeux ^ ; l'inoculation aux animaux détermine enfin la production de lésions tuberculeuses, comparables à celles que l'on obtient après inoculation de produits tuberculeux de virulence atténuée.

1 Arloing et P. Courmont. Gaz. des hôp., 1901 ; — Presse médicale, 1°'' sept. 1900.

2 Congrès de Mon/peliier, 1898 ; Comptes rendus de l'Acad. des sciences, 13 mai et 19 sept. 1898.

3 Le bacille peut d'ailleurs perdre la propriété de se colorer par la méthode de Ziehl, comme l'a observé Arloing, sur des cultures jeunes de dixième' ou de vingtième génération provenant d'une culture sur pomme de terre, mais dont les générations successives ont été très rapprochées les unes des autres. C'est là un fait qu'avait déjà signalé Ferran (de Barcelone) et que Marmoreli a observé sur des cultures tuberculeuses développées en voile à la surface du bouillon ; si l'on examine en elïet la mince pellicule qui se forme à la périphérie de l'écaillé qui a servi à l'ensemencement, on voit que les bacilles qui constituent la pellicule ne se colorent pas par la méthode de Ziehl, mais prennent les matières colorantes à la manière des autres bactéries.

SÉRODIAGNOSTIC.

Pratiquement, comme l'ont montré Arloing et P. Courmont, si l'on veut avoir une culture homogène, on emploiera la technique suivante :

1° A. Le milieu le plus favorable est le bouillon de bœuf, peptoné à 1 p. 100 et glycérine à 6 p. 100: ce bouillon est introduit dans des ballons à fond plat et de forme cylindrique (préférables aux ballons sphéroïdaux usuels, parce que les parois abruptes apportent un certain obstacle à l'ascension des colonies et à la formation du voile). Ces ballons doivent être à moitié remplis.

Le bouillon est ensemencé avec une culture homogène âgée de 20 à 40 jours environ, la quantité de semence apportée dans le bouillon doit être, dans chaque ensemencement, sensiblement égale. Le ballon est mis à l'étuve à 38°, 39°. La culture doit être agitée chaque jour, soit à la main, soit au moyen d'un petit agitateur électrique (P. Courmont) ^ Les cultures âgées de 8 à 10 jours conviennent de préférence pour la recherche de la réaction ; avec des cultures datant de plus de 15 jours, l'adjonction de sérum agglutinant n'éclaircit qu'incomplètement la culture, à moins que le pouvoir agglutinatif ne soit très puissant. Courmont recommande de se servir de cultures d'une certaine viscosité, moussant bien par mélange avec l'air. Ces cultures doivent présenter un trouble tel que l'on voit difficilement par transparence un cercle tracé à l'encre sur le fond du flacon. On peut garder pendant une ou deux semaines une culture propice à l'étude du sérodiagnostic, en la retirant de l'étuve et en la mettant à la glacière, ou bien en la fixant par le formol.

Pour faire des recherches satisfaisantes sur l'agglutination des précédentes cultures par le sérum des tuberculeux, il est indispensable, d'après Arloing et Courmont, d'observer rigoureusement un certain nombre de précautions, jugées inutiles pour le sérodiagnostic de la fièvre typhoïde. Comme pour le sérodiagnostic de la fièvre typhoïde, il faut prélever le liquide à la partie supérieure du ballon, attendu que le liquide du fond renferme presque toujours des amas spontanés; il faut aussi vérifier que les bacilles qu'il renferme sont bien isolés et légèrement mobiles. L'agglutination doit être recherchée surtout à l'œil nu et complétée par l'examen au microscope.

1° Agglutination à l'œil nu ; c'est, d'après Arloing et Courmont, le procédé de choix :

Pour éviter le gaspillage des cultures, on se sert non de tubes à essai, mais de petits tubes stérilisés de 5 à 6 cent, de longueur et d'un petit diamètre. Ces tubes sont introduits dans un petit porte-tube disposé de telle façon que les tubes soient inclinés à 45° et non verticalement : on se sert en général de quatre tubes, pour la recherche du sérodiagnostic : dans le premier, qui servira de témoin, on mettra quelques gouttes de culture sans adjonction de sérum, dans les trois autres, un mélange de sérum et de cultui'c homogène à des titres différents à 1 p. 5, à 1 p. 10, à 1 p. 20, c'est-à-dire 1 goutte de sérum pour 4, pour 9, pour 19 gouttes de culture.

i I\ Courmont. Journal de P/iijs. et de Path. généi\, n» 3, mai 1903.

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