FERMENTS DU SANG
Dans les cas pathologiques, elle est : tantôt au-dessus de la normale (sérum hyperlipasique), dépassant 20 : il s'agit alors de diabétiques; tantôt au-dessous de la normale (sérum hypolipasique), descendant au-dessous de 15, de 10 même, dans certaines maladies graves. Lorsque le chiffre de la lipase tombe au-dessous de 10, la mort survient le plus souvent à brève échéance.
Il y a dans ces variations un signe pronostique sur lequel ont insisté Achard et Clerc.
Dans ces derniers temps, l'existence de la lipase dans le sang a été fortement contestée. Arthus • a restreint son rôle à celui d'une monobutyrinase , c'est-à-dire d'un ferment n'agissant que sur la monobutyrine (éther gras soluble).
Doyon et Morel ^ ont montré qu'un sérum stérile ne dédouble pas les graisses étrangères (huile de pied de bœuf) et que la saponification ne paraît se faire que si le sérum a été infecté.
La saponification elle-même ne se retrouve pas dans ces expériences avec ses caractères fondamentaux, car il est impossible de démontrer l'apparition d'acides gras et de glycérine en proportion convenable dans le mélange de graisse, de sérum et de carbonate de soude.
Suivant Dastre, le sang contiendrait encore un ferment fibrinolytique qui dissout la fibrine formée pendant la coagulation.
Le sang recèle en outre un certain nombre de ferments appartenant au tube digestif : la pepsine^ la trypsine^ la diastase ou amylase,
L'amylase peut être, comme l'ont montré Achard et Clerc, dosée en faisant agir 2 cent, cubes de sérum sur 50 cent, cubes d'empois d'amidon. On met à l'étuve à 37" pendant 24 heures et on dose le glycose formé au bout de ce temps.
Le ferment amylolytique, comme le ferment lipasique, semble diminuer considérablement dans les états graves.
1 Arthus. Journal de physiologie, 1" février 1902.
2 Doyon et Morel. Société de biologie, 3 mai, 31 mai, 28 juin 1902.