FOLLICULES CLOS
l'épithélium, ne sont que des cellules épithéliales en voie de division.
Pour M. Labbé et A. Lévy-Sirugue, l'amygdale doit être considérée comme un organe d'origine mésodermique ; elle renferme, en effet, les mêmes variétés cellulaires que nous avons décrites dans les ganglions lymphatiques, le lymphocyte et les leucocytes mononucléaires non granuleux qui en dérivent. Comme le ganglion, elle ne renferme aucun leucocyte polynucléaire à l'état physiologique. Les
Fig. 110. — Capillaires lymphatiques. — A, Lumière vide ; — B, Lumière bourrée de lymphocytes; — C, Capillaires s'enfonçant dans le tissu amygdalien ; — Capillaires à parois complexes.
leucocytes se forment dans les centres germinatifs et de là essaiment dans la nappe réticulée périfolliculaire et dans le tissu conjonctif ambiant, ou bien dans les vaisseaux lymphatiques efférents.
Outre ce rôle lencocytopo'iétique, l'amygdale joue, grâce à son épitlîélium, un rôle de protection contre les corps étrangers et les bactéries saprophytes et pathogènes de la cavité bucco-pharyngée qui se trouvent à l'état normal à sa surface. L'amygdale sert enfin, comme les ganglions, à la destruction des vieux leucocytes qu'on retrouve dans les centres germinatifs englobés dans des macrophages sous forme de granulations (tingible Kôrper).
§ III. — Follicules clos.
Les follicules clos isolés ou agminés en plaques de Peyer ont une structure comparable à celle de l'amygdale.
Ils sont essentiellement constitués par une série de follicules, plongés eux-mêmes dans une masse réticulée diffuse, se continuant
STRUCTURE DES ORGANES HEMATOPOIÉTIQUES DE l'aDULTE.
insensiblement avec le derme ; on ne voit ni cordons folliculaires, ni sinus caverneux.
Pour Simon c'est tout le derme qui, dans l'intestin est assimilable à la substance médullaire du ganglion ; il est formé de tissu réticulé, dans les mailles duquel on trouve des éléments libres qui sont des lymphocytes, des mononucléaires moyens, des plasmazellen, des macrophages ; quelques rares mastzellen, de nombreux polynucléaires éosinophiles.
Ces mailles communiquent par de larges fentes avec les trajets lymphatiques, il se fait par là un échange continu et dans les deux sens entre le derme et la circulation lymphatique.
C'est enfin dans le derme que s'accumulent pour y être détruits, les polynucléaires neutrophiles, venus par la circulation sanguine ; ils se massent surtout dans le tissu périfolliculaire, mais on en retrouve d'autres dans le derme de régions presque complètement dépourvus de follicules. Ces polynucléaires, au lieu d'être détruits par les macrophages, s'éliminent par l'épithélium, c'est une extension du phénomène de Stôhr.
Les leucocytes éosinophiles passent aussi du derme dans la cavité intestinale à travers l'épithélium. Ce passage ne se fait qu'au niveau des glandes. Chez l'animal à jeun, le nombre des éosinophiles du derme et des formes de passage dans les glandes est très diminué ; quand on provoque une sécrétion abondante de suc entérique, on provoque une infiltration massive d'éosinophiles dans le derme et l'on trouve dans les cavités glandulaires toute une série d'intermédiaires entre l'éosinophile normal et le coagulum de sécrétion.
Renaut a, en outre, décrit sous le nom de points lymphatiques, de petits îlots de tissu lymphoïde formés d'un stroma conjonctif réticulé comparable à celui des sinus caverneux du ganglion et logeant des cellules lymphatiques ; des vaisseaux afférents y aboutissent^ des lymphatiques en émanent. Ce qui les caractérise, c'est la variabilité de leur siège.
1 Simon. Contribution à l'étude de l'appareil lymphoïde de l'intestin. Th. de Paris, 1903. Steinheil, édit.
THYMUS.
§ IV. - Thymus \
Des ganglions lymphatiques ou plus exactement des follicules clos et de l'amygdale, on peut encore rapprocher le thymus. La texture de cet organe est cependant déjà plus complexe; sans doute à cause de son caractère d'organe fœtal, le thymus renferme à côté des éléments lymphoïdes qui sont prédominants des éléments myéloïdes, comme il en existe dans le ganglion et la rate embryonnaires.
Le thymus se compose de deux lobes, formés chacun d'un certain nombre de lobules, subdivisibles eux-mêmes en lobules fondamentaux. Chaque lobule comprend deux zones, l'une corticale, sombre et compacte ; l'autre médullaire, claire et lâche, ces deux régions sont d'ailleurs constituées d'une manière identique ; elles renferment les mêmes variétés de celkiles, incluses dans les mailles d'un tin réticulum, formé lui-même de cellules éloilées anastomosées; les cellules sont seulement en proportion différente selon les points ; la substance médullaire contient enfin seule des formations spéciales au thymus les corpuscules de Ilassal.
Les lobules thymiques sont, d'après Renaut, formés, à leur périphérie, par de véritables follicules, analogues à ceux des ganglions lymphatiques pbngés dans un tissu adénoïde plus ou moins lâche.
La majorité des cellules est constituée par des lymphocytes ; on trouve aussi en moins grand nombre des petits mononucléaires et des grands mononucléaires ; quelques cellules mononucléées contiennent, d'après Ghika, des granulations neutrophiles dans leur protoplasma et représentent de véritables formes intermédiaires. Les polynucléaires neutrophiles sont toujours très peu nombreux, les éosinophiles et les mastzellen exceptionnels.
Les hématies nucléées et les myélocytes sont également en petit nombre, à l'état physiologique du moins, car à l'état pathologique, on peut observer une véritable réaction myéloïde.
Les cellules de charpente se présentent sous plusieurs variétés ; les unes sous l'aspect de cellules à grand noyau vésiculeux allongé très clair, à protoplasma ramifié ; les autres sous forme de cellules
1 Ghika. Elude sur le Thymus. Thèse Paris, 1901. Steinheil, édit
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caractérisées par un noyau plissé et par une lamelle protoplasmique irrégulièrement polygonale (cellules épithélioïdes) ; d'autres figurent des plaques protoplasmiques, véritables cellules géantes contenant soit un, soit deux ou trois noyaux vésiculeux clairs.
Ces diverses cellules se voient surtout dans la couche médullaire.
Quant aux corpuscules de Hassall, situés exclusivement dans la substance médullaire, ils sont formés de deux parties, l'une centrale, Tautre périphérique. La zone centrale, dans les formes jeunes, est représentée par une à trois cellules volumineuses, sphériques ou
Fig. 111. — Thymus du chat (Roger). — Réticulum bien visihle ; nombreux lymphocytes ; cellules de charpente à grand noyau clair et à nucléole distinct; corpuscules de Hassall; vaisseaux sanguins.
polyédriques, ressemblant à des cellules épithéliales ; la zone périphérique est constituée par des lamelles d'apparence cornée, imbriquées en bulbe d'oignon autour de l'autre zone. Ces lamelles renferment parfois encore un noyau en voie d'atrophie.
Les corpuscules plus âgés subissent les dégénérescences hyaline, colloïde ou graisseuse. Les cellules centrales dégénèrent les premières ; à un stade plus avancé, les corpuscules se transforment en une véritable cavité kystique, limitée par une coque stratifiée plus ou moins épaisse.