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La paroi des corpuscules a une structure essentiellement polymorphe, tantôt elle est formée d'une seule rangée de cellules plates, d'apparence endothéliale ; tantôt elle se compose de lamelles écailleuses, réfringentes, comparables à celles des globes épidermiques du cancer.
Chez l'homme, les corps de Hassall apparaissent vers le quatrième et cinquième mois (Ghika). Pour quelques auteurs, ils représentent les restes de la structure épithéliale que présente le thymus au début du développement ; pour d'autres, ils dérivent de l'endothélium vasculaire ; pour Ghika, ils proviennent des cellules du réticulum, ces dernières ayant d'ailleurs une origine mésodermique ou mieux endothéliale, selon l'hypothèse déjà soutenue par Ranvier et Cornil. Certains corpuscules sont encore reliés à des capillaires par de véritables pédicules.
Quelques mois ou quelques années après la naissance, le thymus entre en régression, il subit une dégénérescence graisseuse presque complète : le tissu thymicjue persiste cependant sous forme d'îlots noyés dans une masse fibro-graisseuse abondante. Les corpuscules de Hassall persistent jusqu'à un âge avancé ; ils disparaissent chez les sujets très âgés.
§ V. - Ratei.
La rate est essentiellement constituée par un système de tissu lympho'ide, analogue au système folliculaire des ganglions^, plongé dans un tissu très particulier, la. pulpe splénique.
La rate du cobaye qui est subdivisée par des tractus fibreux partis de la capsule périphérique en véritables lobules et qui présente d'autre part un système de cordons de la pulpe et de sinus nettement délimités (Bezançon) convient mieux à l'étude que la rate de l'homme.
Système folliculaire. — Il est constitué essentiellement par les corpuscules de Malpighi et leurs prolongements ; ceux-ci sont des sphéroïdes ou plutôt des corpe oblongs qui apparaissent arrondis ou
1 F. Bezançon. La rate dans les maladies infectieuses. Thèse Paris, 1895. Steinheil édit. — F. Bezançon et M. Ladbé. Congrès de Paris, iOOO. - Do.minici. Histol. de la rate à l'état normal et pathoL, Arch. de méd. exp., janvier 1900.
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ovoïdes sur la surface de section, selon que la coupe a passé par leur grand ou leur petit diamètre.
Les corpuscules de Malpighi ont la même structure que les follicules du ganglion et, comme eux, se présentent tantôt sous Taspect de corpuscules à cellules uniformes, tantôt sous celui de corpuscules à centre clair. Ils sont en général traversés par une artériole située tantôt à leur centre, tantôt plus ou moins excentriquement au voisinage de la périphérie. Dans les corpuscules à cellules uniformes, l'artériole est située au centre ; tandis qu'elle est à la périphérie, en dehors du centre germinatif, dans les corpuscules à centre clair (F. Bezançon et M. Labbé).
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Fig. 112. — Portion de rate de lapin adulte. Dessin demi-schématiqae (Dominici). — G, Capsule; — FM, Système folliculaire ; — CFtr, Cordon folliculaire transversal ; — GB, Cordons de BiUroth ; — S, Sinus ; — TR, Travées fibreuses.
De ces corpuscules se détachent des bandes de tissu lymphoïde formant, soit des traverses les unissant les unes aux autres, soit des expansions ramifiées. Ces irradiations sont les homologues des cordons folliculaires du ganglion (Dominici).
Des recherches que nous avons entreprises, il nous a semblé résulter que l'analogie du système folliculaire de la rate et de celui du ganglion était absolument complète et que le corpuscule de Malpighi n'est pas plus plongé à même la pulpe splénique que le follicule du ganglion n'est entouré directement par les sinus lymphatiques. De même qu'autour du follicule proprement dit existe une zone réticulée diffuse, qui se continue avec les cordons folliculaires et a la même structure que ceux-ci, de même chez le cobaye et le lapin du moins,
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autour du corpuscule de Malpiglii proprement dit existe une nappe de tissu réticulé diffuse qui se distingue du corpuscule par Torientation diffuse des travées, par le tassement moindre des cellules lymphatiques et la proportion prépondérante des leucocytes mononucléaires, à protoplasma abondant et la rareté relative des lymphocytes.
Pulpe splénique. — Entre la capsule et ses prolongements fibreux d'une part et le système folliculaire d'autre part, est répandue la pulpe splénique, creusée de grandes cavités vasculaires.
Chez le cobaye, ces grandes cavités forment un vaste réseau tortueux qui transforme la masse de la pulpe en une série de cordons, cordons inlervasculaires de Billrolh ; ces cordons et ces cavités vasculaires s'intriquent les uns dans les autres comme des pièces découpées d'un jeu de patience. Chez l'homme, il n'existe pas de système de cordons aussi nettement délimités eL l'intricaLion est si profonde qu'il est difficile de saisir les rapports des diverses parties constituantes.
Fig. 113. — Coupe d'ensemble montrant les rapports des capillaires veineux avec la pulpe splénique (rate de cobaye demi-schématique (f. Bezançon). — a, Artériole ; — 6, Corpuscule; — c, Capillaires veineux ; — p, Cordons de la pulpe.
En réalité, il n'y a pas de cordons de la pulpe, mais une infinité de petites logettes, délimitées par les mailles du tissu réticulé, dans lesquelles sont contenus les éléments de la pulpe proprement dite.
Ces éléments de la pulpe sont en majorité des hématies- et des leucocytes mononucléaires. Les hématies sont en moins grande quantité que les leucocytes mononucléaires. La plupart de ces leucocytes mononucléaires forment ce qu'on appelle les cellules de la pulpe et ont le même caractère que les macrophages du ganglion
STRUCTURE DES ORGANES HÉmATOPOIÉTIQUES DE LADULTE.
lymphatique. On trouve en outre des lymphocytes et des petits leucocytes mononucléaires.
Comme l'un de nous l'a montré dans sa thèse, les leucocytes polynucléaires, qui sont déjà absents des corpuscules de Malpighi sont en très petit nombre dans la pulpe.
On trouve enfin des globules blancs en voie de désintégration, des fragments irréguliers basophiles ou acidophiles provenant de leucocytes ou d'hématies. Ces fragments sont libres ou bien englobés dans les macrophages, mais comme Bezançon, Dominici, l'ont fait remarquer, les phénomènes de phagocytose sont bien peu actifs dans la pulpe à l'état physiologique.
Les sinus apparaissent arrondis ou allongés en forme de fente, ils sont dépourvus de parois propres et tapissés par des cellules endothéliales anastomosées ; ils contiennent des hématies en plus grand nombre que les logettes de la pulpe, mais le nombre de leucocytes qu'ils contiennent est en proportion beaucoup plus considérable que dans le sang ; l'un de nous a pu compter 30 ou 40 leucocytes dans la lumière d'un sinus de calibre moyen. Dominici donne un rapport de 1 leucocyte à 30, 40, 10, 5^, 2 hématies, suivant les cavités sinusiales. Ces leucocytes appartiennent surtout à la série lymphoïde ; on voit cependant quelques leucocytes polynucléaires neutrophiles et éosinophiles ; ceux-ci, d'après Dominici, semblent apparaître surtout pour être détruits par les macrophages, qui jouent dans les sinus un rôle plus actif que dans les logettes de la pulpe. Ces macrophages, en petit nombre, d'ailleurs, contiennent dans leur protoplasma des hématies en voie de désintégration et du pigment ocre, des polynucléaires en voie de plasmolyse et de karyolyse.
On discute encore sur l'existence de globules rouges à noyau dans la pulpe. Malassez, Bizzozero ont affirmé le rôle hématopoïétique de l'organe ; Neumann considère que cette fonction serait périmée dans la rate depuis la fin de la vie intra-utérine ; Dominici dit que la rate du lapin adulte renferme encore cependant quelques hématies nucléées.
Les connexions du système folliculaire et de la pulpe ont fait l'objet de nombreuses controverses. Il semble qu'il n'y ait pas de démarcation bien tranchée entre les alvéoles du système folliculaire
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et les logeltes de la pulpe. Peu à peu, en effet, on voit apparaître des globules rouges dans les logettes lymphatiques ; ceux-ci sont apportés par les capillaires, irradiés de l'artériole centrale qui a traversé, sans s'y terminer, les corpuscules de Malpighi. Pour Muller, ces capillaires présenteraient une paroi extrêmement mince qui se diviserait en fibres allant se confondre avec les parois des logettes de la pulpe. Dominici a bien décrit ce mode de passage et a montré le capillaire dont les cellules endoLhéliales se disjoignent et s'anastomosent avec les travées du réticidum conjonclif, au lieu de s'anastomoser avec la paroi d'une veine.
Fig. 114. — Limite d'un corpuscule de Malpigtii et cordon folliculaire de terminaison (Dominici). — FM, Corpuscule de Malpighi ; — P, Pulpe ; — S, Sinus ; — At, Artériole terminale allant du follicule dans la pulpe ; — CFt, Cordon folliculaire terminal ; — CB, Cordon de Billroth.
Les lacunes de la pulpe s'ouvrent dans les sinus veineux par de vastes orifices décrits par Legros et Robin. En résumé, c'est tout le réseau de la pulpe qui sert d'intermédiaire entre le sang artériel et le sang veineux.
Le système de la pulpe et dés sinus est, dans la rate, l'homologue du système des voies lymphatiques du ganglion ; les deux organes possèdent le même système folliculaire mais, tandis que dans le ganglion^ ce système folliculaire est appendu sur le trajet de la lymphe, dans la rate, il est appendu sur le trajet du