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RÉACTION DES ORGANES HÉM ATOPOIÉTIQUES DANS LES ÉTATS PATHOLOGIQUES

§ l". — Gang-lion.

INFECTION '

Organe lympliopoïe tique, placé sur le trajet de la lymphe, le ganglion joue un double rôle :

Par son système des voies lymphatiques, le ganglion joue un rôle considérable dans les inactions localisées ; c'est un organe d'arrêt, chargé de retenir au passage les bactéries qui ont échappé à la destruction au point d'inoculation et à l'action des leucocytes et des endothéliums dans le trajet des vaisseaux lymphatiques.

Véritable prolongement du tissu conjonctif, les voies lymphatiques intra-ganglionnaires présentent en effet d'une façon intensive et extrêmement précoce les mêmes phénomènes réactionnels qu'ont déjà provoqué les bactéries dans le tissu conjonctif au point d'inoculation.

Nous étudierons successivement le mode de réaction et les lésions des ganglions dans l'infection staphylococcique, dans l'infection char bonneuse et dans l'infection diphtérique du cobaye ; la première nous offrant un type d'infection dans laquelle prédominent les phénomènes de réaction ganglionnaire locale, analogues à ceux qu'on observe dans les adénites banales de l'homme ; les deux autres étant, au contraire, des types d'infection locale ou générale grave.

Infection staphylococcique-. — Le ganglion qui dessert le territoire lymphatique correspondant au point d'inoculation des cultures,

1 F. Bezançon et M. Labbk. Etude sur le mode de réaction et le rôle des ganglions lymphatiques dans les infections expérimentales. Arch. de méd. exp., mai 1898; — M. Labbé. Le ganglion lymphatique. Th. Paris, 1899, Naud, édit.; — F. Bezançon. Art. : « Maladies du système lymphatique » du Traité de méd. et de tliérap. de Bbouardel et Giluekt.

2 F. Bezançon et M. Labbé. Infections ganglionnaires expérimentales (Charbon staphylocoque) Soc. de Mot., 26 mars 1898.

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se tuméfie rapidement et se congeslionne, mais la congestion est modérée et les hémorragies rares ; la réaction principale consiste dans l'apparition, dans le ganglion, des leucocytes polynucléaires qui, à l'état normal, y font défaut complètement ; ces leucocytes sont apportés par les vaisseaux lymphatiques afférents et aussi par les capillaires sanguins.

Le réticulum des voies lymphatiques réagit avec une grande intensité, les cellules se tumétîent, se desquament pour jouer le rôle de macrophages.

Pendant ce temps, le système folliculaire garde toute son intégrité et subit même une hyperactivité fonctionnelle qui persiste pendant toute la durée de l'infection.

Chez certains animaux, qui succombent spontanément à l'infection, on observe des lésions de nécrose et des suppurations.

Infection charbonneuse. — La réaction est très précoce (40 minutes après l'inoculation), la congestion est intense et de nombreuses hématies se répandent dans le système caverneux, des hémorragies dilacèrent même le parenchyme. La leucocytose polynucléaire, la réaction des cellules du réticulum s'observent aussi, mais sont beaucoup moins marquées que dans l'infection staphylococcique. L'activité des follicules persiste.

La réaction du ganglion est courte ; au bout de 24 heures, aux phénomènes réactionnels font place de véritables lésions : nécrose des cellules endothéliales et destruction des cellules lymphatiques à l'intérieur des follicules.

Infection diphtérique^ . — Très rapidement (après deux heures et demie), les ganglions correspondant au territoire au niveau duquel on a pratiqué l'inoculation sont hypertrophiés et congestionnés. Le réticulum des voies lymphatiques est tuméfié, les leucocytes polynucléaires arrivent par les vaisseaux sanguins et lymphatiques afférents. Après 7 heures, l'activité karyokinétique des cellules des follicules commence à diminuer et l'on voit, par contre, apparaître un processus très marqué de fragmentation nucléaire ; plus tard, lorsque l'animal va succomber, les lésions nécrotiques sont intenses

1 Bezançon et M. Labbé. Effets comparés sui' les ganglions du bacille et de la toxine diphtérique. Soc. de bioL, 1 mai 1898.

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