GANGLION
et multiples ; les cellules éosinophiles et les mastzellen s'accumulent alors en très grand nombre dans les régions nécrosées. Les lésions nécrotiques sont encore beaucoup plus accentuées si, au lieu de bacille, on a inoculé de la toxine diphtérique ; les phénomènes de réaction du réticulum manquent à peu près complètement; l'apport des polynucléaires fait défaut.
Si maintenant nous analysons le mode de réaction du ganglion au processus infectieux, nous voyons qu'il passe par une série de phases :
Congestion. — La première manifestation de l'infection est la congestion, d'autant plus intense en général que l'infection est plus sévère. Les capillaii'es apparaissent gorgés de sang. La congestion s'accompagne d'une diapédèse active d'hématies. Dans les cordons folliculaires qui représentent la région la plus vasculaire des ganglions, un certain nombre d'hématies traversent la paroi des capillaires dilatés et deviennent libres dans les mailles du réticulum au milieu des cellules lymphatiques ; dans les sinus et dans les systèmes caverneux, on retrouve ces mêmes hématies libres, isolées ou réunies en petits tas. Dans les stades suivants, la congestion et la diapédèse hémorragiques s'accentuent. Les globules rouges se répandent dans les sinus caverneux qu'ils parviennent presque à obstruer en certains points ; ils se réunissent par petits groupes arrondis de 8 ou 10 ou plus et entourent les cellules fixes du réticulum et les leucocytes mononucléaires libres dans les voies lymphatiques. De la fibrine peut aussi s'épancher à la périphérie du ganglion et dans les voies lymphatiques.
Arrivée des leucocytes polynucléaires. — La congestion s'accompagne de l'apparition dans le ganglion des leucocytes polynucléaires neutrophiles qui, comme nous l'avons vu, n'existent dans le ganglion normal ni dans le système folliculaire, ni dans le système caverneux.
Ces leucocytes semblent arriver au ganglion par deux voies : la voie lymphatique et la voie sanguine :
1" Les leucocytes apportés par la voie lymphatique sont en plus ou moins grand nombre suivant les cas ; peu abondants au cours de
90i RÉACTION DES ORGANES HÉMATOPOIÉTIQUES DANS LES ÉTATS PATHOLOGIQUES.
l'infection charbonneuse expérimentale dans laquelle il ne se produit au point d'inoculation qu'une faible leucocytose locale, ils sont très nombreux dans l'infection staphylococcique, où il est très facile, sur les coupes, d'observer leur arrivée par les lymphatiques afférents ;
2° Par la voie sanguine ; la congestion vasculaire s'accompagne en général d'une leucocytose polynucléaire exagérée, d'une margination des leucocytes et d'une issue par diapédèse. Celle-ci peut se produire dans les cordons folliculaires et dans la nappe réticulée, mais l'envahissement est rare et tardif ; le follicule et son centre germinatif en particulier ne sont jamais envahis, alors même que les voies lymphatiques sont bourrées de leucocytes polynucléaires.
Disparition des leucocytes éosinophiles. — En même temps que se produit l'arrivée des leucocytes polynucléaires à granulations neutrophiles, on peut constater la disparition des leucocytes éosinophiles^ si nombreux dans le ganglion du cobaye ; cette disparition est à rapprocher de la disparition analogue signalée par tous les hématologistes dans le sang de la circulation générale pendant la période d'état des maladies infectieuses. On assiste d'ailleurs aussi h la réapparition des éosinophiles dans le ganglion, lorsque l'animal survit, comme on voit alors dans le sang ime crise éosinophiUque.
Réaction des cellules du réticulum. — La réaction des cellules du réticulum des voies lymphatiques est un phénomène très précoce. Cette réaction est en tous points comparaljle à celle des cellules fixes du tissu conjonctif, de l'endothélium des alvéoles pulmonaires et des séreuses, telles que les travaux de Cornil et Ranvic;r nous l'ont fait connaître. La cellule se tuméfie, son noyau se gonfle, devient vésiculeux, clair et ovalaire : le protoplasma augmente de volume ; la cellule, qui était primitivement plate et appliquée contre une mince travée conjonctive, se soulève et forme une saillie semi-circulaire, puis se redresse et reste attachée à la paroi par un pied rétréci ; à un degré plus avancé, elle ne reste plus attachée au bord du sinus que par un prolongement fibrillaire ; celui-ci se rompt et la cellule devient libre, elle perd alors ses prolongements et s'arrondit.
Les cellules fixes tuméfiées, jouent un rôle très actif ; c'est à elles qu'est due la résorption des hématies épanchées dans les voies lymphatiques ; ces hématies apparaissent dans l'intérieur du proto-