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PLEURÉSIE RHUMATISMALE

Dans un cas de leucémie lymphatique, M. Labbé a eu l'occasion d'examiner le liquide d'un épancbement pleural. Ce liquide était hémorragique et contenait un très grand nombre de globules rouges mêlés à une assez forte proportion (1 pour 10 hématies) de lymphocytes ; pas de leucocytes polynucléaires, ni de placards endothéliaux : les cellules trouvées dans l'épanchement étaient identiques à celles du sang. Cependant on ne saurait ici conclure à un épanchement mécanique, car la formule rappelle assez bien celle de la pleurotuberculose ; et, en l'absence d'autopsie et d'inoculation du liquide pleural, il est impossible d'affirmer qu'il ne s'agissait point d'un épanchement tuberculeux.

Dans une pleurésie sérofibrineuse aseptique consécutive à un abcès du foie, Ravaut a trouvé une formule analogue aux précédentes : placards endothéliaux, lymphocytes, polynucléaires en assez grand nombre.

Pleurésies syphilitiques. — Dans un cas de pleurésie survenue au cours de la période secondaire de la syphilis, Widal et Ravaut ont trouvé de grandes cellules endothéliales isolées et soudées, quelques polynucléaires et de grands mononucléaires éosinophiles ; un second examen fait deux jours plus tard leur montra des cellules endothéliales (35 p. iOO), des lymphocytes (22 p. 100), des grands mononucléaires éosinophiles (37 p. 100) etdes grands mononucléaires neutrophiles (6 p. 100). La singularité de cette formule est un argument en faveur de la spécificité des pleurésies du stade roséolique,

Pleurésie rhumatismale. — Dans six cas de pleurésie survenue au cours du rhumatisme articulaire aigu, Castaigne et Rathery ^ ont eu des résultats discordants: dans un premier groupe de faits, il n'y avait guère que des polynucléaires ; les lymphocytes, les mononucléaires, les placards endothéliaux étaient très rares ; dans un second groupe, les cellules endothéliales prédominaient; à côté d'elles on voyait des polynucléaires, des mononucléaires, de nombreux globules rouges ; le cas de Dopfer peut être classé dans ce groupe.

1 Castaigne et Rathery. Soc. de biologie, 11 janv- 1902.

CYTODIAGNOSTIC.

Ces deux formules distinctes correspondent peut-être à des pathogénies distinctes, certains épanchements étant dus à une congestion sous-pleurale, d'autres à une véritable inflammation pleurale ^

Pleuri£Sies diphtériques. — J. Courmont et F. Arloing ^ ont étudié les cellules des pleurésies produites expérimentalement chez le cobaye par l'inoculation de cultures ou de toxines diphtériques. On y trouve : une notable quantité de globules rouges ; quelques cellules endothéliales ; des leucocytes constitués en majorité par des mononucléaires. Widal et Ravaut ont fait des constatations expérimentales analogues.

ErANCHEMENTS SEPTIQUES. â) PlEURÉSIES PNEUMOCOCCIQUES.

Ces pleurésies sont caractérisées essentiellement par la présence de leucocytes polynucléaires à granulations neutrophiles, dont le nombre absolu et la proportion relative sont en rapport avec la richesse microbienne de Texsudat.

Leur formule histologique est en rapport avec l'évolution symptomatique.

Au début, on trouve des cellules endothéliales en placards, des leucocytes polynucléaires et des globules sanguins.

Quand l'épanchement augmente et devient cliniquement appréciable, on trouve de nombreux polynucléaires et des cellules endothéliales. On observe en même temps, dans l'exsudat, des phénomènes de cytolyse ou de phagocytose. Les cellules se conservent d'autant plus mal que l'exsudat est plus septique ; les cellules endothéliales s'altèrent et s'isolent, les polynucléaires 'se déforment. La phagocytose est effectuée : à l'égard des microbes vivants, par les leucocytes polynucléaires ; à l'égard des microbes et des polynucléaires altérés eux-mêmes par les cellules endothéliales qui se transforment en macrophages.

Plus tard, si la pleurésie tend vers la guérison, les polynucléaires disparaissent et quelques lymphocytes se montrent. Si la pleurésie tend au contraire vers la purulence, les polynucléaires affluent de

1 Jarvis. Contribution ù l'étude du rhumatisme pleural. Thèse de Paris, 1902.

2 J. Courmont et F. Arloing. Soc. de bioL, 12 janv. 1901.

ÉPANCHEMENTS SEPTIQUES.

plus en plus et se transforment en globules de pus ; leur noyau se fragmente, se met en boule, de sorte qu'on pourrait confondre ces leucocytes et ces lymphocytes, si l'on n'avait recours au triacide d'Ehrlich qui montre des granulations neutrophiles tassées ou éparpillées autour du noyau. D'autres leucocytes polynucléaires subissent une destruction différente que nous avons décrite plus haut sous le nom de pycnose. Le noyau des cellules endothéliales subit une fonte rapide.

Fig. 126. — Pleurésie pneumoooooique. — A, Globules rouges ; — B, Leucocytes polynucléaires.

b) Pleurésies streptococciques. — L'exsudat de ces pleurésies contient des cellules endothéliales, pour la plupart isolées, et de très nombreux polynucléaires. Ceux-ci augmentent de nombre très rapidement et deviennent presque les seules cellules de l'épanchement, lorsque le liquide sérofibrineux devient purulent.

c) Pleurésies eberthiennes. — Les pleurésies éberthiennes du début de la dothiénenterie (pleurotyphus) n'ont pas été étudiées au point de vue cytoscopique. Les pleurésies éberthiennes qui apparaissent au déclin ou à la convalescence de la dothiénentérie sont sérofibrineuses, hémorragi ; les ou purulentes. Sérofîbrineuses, elles contiennent cependant t ajours un assez grand nombre de globules rouges ; on y rencontre quelques polynucléaires, des lymphocytes parfois assez nombreux, et constamment de grandes cellules endothéliales soudées. Dans un cas, suivi de guérison, et négatif au point de vue de la tuberculose, Widal et Ravaut ont trouvé une forte proportion de leucocytes polynucléaires éosinophiles (23 p. 100)

938 CYTODIAGNOSTIC.

associés à des lymphocytes, 66,6, et à des mononucléaires et cellules endothéliales, 10,4.

CYTODIAGNOSTIC DES ÉPANCHEMENTS PÉRITONÉAUX ET ARTICULAIRES.

CYTODIAGNOSTIC DES HYDROCÈLES

L'étude cytologique du liquide péritonéal et du liquide articulaire est loin de donner des renseignements aussi précis que celle du liquide pleural ; celle du liquide épanché dans la vaginale a plus de valeur au point de vue séméiotique, comme Font montré Widal et Ravaut, Tuffier et Milian ; les résultats sont pour ainsi dire calqués sur ceux que donne le cjtodiagnostic des épanchements pleuraux : lymphocytose dans les hydrocèles tuberculeuses, placards endothéliaux dans les hydrocèles essentielles, polynucléose dans les vaginalites qui accompagnent les orchites infectieuses.

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