RÉCOLTE DU SANG CHEZ LES ANIMAUX
A. Ponction d'une artère. — Après avoir dénudé l'artère, on pose une ligature définitive sur le bout périphérique du vaisseau et une pince temporaire à mors plats sur le bout central. On incise latéralement en biseau un point de la paroi du segment artériel circonscrit entre les deux points comprimés, puis on introduit un petit trocart à extrémité mousse qu'une ligature maintient fixe dans la lumière du vaisseau. Au pavillon du trocart est adapté un tube de caoutchouc. La pince temporaire enlevée, le sang s'écoule dans les récipients.
Le procédé est difficile à employer chez les petits animaux tels que le cobaye, le calibre de Tartère admettant difficilement un trocart. On pourra cependant recueillir une assez grande quantité de sang, en employant la méthode suivante : dénuder l'artère sur la plus grande étendue possible ; poser une ligature définitive sur le bout périphérique, une pince à mors plat sur le bout central ; sectionner Tartère au voisinage de la ligature périphérique ; introduire le bout central dirigé par la pince dans le récipient et laisser s'écouler le sang.
Si l'on n'a besoin que de quelques gouttes de sang, on se contente de piquer une veine périphérique à travers la peau aussi soigneusement nettoyée que possible ; les veines de l'oreille du lapin pendu par les pattes offrent, à cet égard, de grandes commodités ; la section au ciseau du pavillon de l'oreille ou d'une extrémité digitale d'un cobaye fournit assez facilement du sang.
B. Ponction de la veine. — Chez le chien et chez le lapin on peut, suivant Grawitz, recueillir du sang dans la veine jugulaire. Cette veine étant mise à découvert au niveau de sa bifurcation, on introduit une canule dans l'une des branches de bifurcation, on la pousse jusque dans le tronc principal et on place une ligature temporaire au-dessous. Grawitz recommande, pour éviter les coagulations, quand on veut recueillir une grande quantité de sang, d'huiler l'intérieur de la canule.
Chez la poule, on puise le sang dans une grosse veine qui parcourt la région axillaire.
C. Ponction du cœur. — Chez le lapin et même chez le cobaye, on peut, comme l'a montré Camus, ponctionner le cœur et aspirer
RÉCOLTE nif SANG.
le sang au moyen d'une seringue ayant une capacité de plusieurs cenliniètres cubes. L'aiguille est enfoncée dans un espace intercostal, perpendiculairement à la paroi, le long du bord gaucbe du sternum; en prenant comme point de repère le bord inférieur du grand pectoral dont on détermine la saillie en écartant les pattes de l'animal.
§ III. — Choix du procédé de récolte.
Nous avons indiqué les divers procédés qui permettent de recueillir du sang. Suivant le but qu'on se propose d'atteindre, on aura recours à tel ou tel de ces procédés.
La récolte du sang dans la veine n'est guère utilisée que pour les examens bactériologiques : cultures et inoculations aux animaux.
La ventouse scarifiée sert pour l'examen du sérum (examen chimique, cliromométrique, spectroscopique, séro-diagnostic des infections par le procédé de la culture en sérum).
La piqûre du doigt, lorsqu'elle est profonde, peut donner assez de sang pour étudier la coagulation du sang à l'intérieur d'une éprouvette. Ce procédé est employé couramment pour obtenir les quelques gouttes nécessaires à l'examen liistologique et à la numération des éléments figurés du sang.