SÉDIMENTATION DU SANG
ment beaucoup plus élevé que la quantité d'hémoglobine, à cause du grand nombre de leucocytes. Au contraire, dans l'anémie pernicieuse, la quantité d'hémoglobine est plus considérable qu'on ne le croirait si on l'appréciait au moyen de la densité du sang. A cause de ce manque de concordance entre les résultats de la densimétrie et de l'hémoglobinimétrie, à cause de son défaut de précision, le procédé d'Hammerschlag ne mérite pas de remplacer en pratique les méthodes de dosage direct de l'hémoglobine.
§ VI. — Sédimentation du sang;.
Lorsqu'on empêche le sang de se coaguler, il sédimente : les globules rouges et blancs tombent au fond du tube qui contient le sang tandis que le plasma surnage.
La sédimentation peut être obtenue par la centrifugation ou par le repos.
1° Par centrifugation. — Hedin^ chercha le premier à mesurer le sédiment sanguin et inventa dans ce but un appareil appelé hématocrite, basé sur le principe du lactocrite déjà utilisé dans l'industrie.
C'est un tube de verre, d'un millimètre de diamètre intérieur, divisé en 50 parties égales, qu'on peut placer sur un centrifugeur.
La sédimentation peut être obtenue avec du sang pur ou avec du sang dilué.
Dans le premier cas on remplit exactement l'appareil avec le sang à examiner.
Dans le second cas, ce sang recueilli avec une pipette graduée est mélangé à une quantité égale d'une solution aqueuse de bichromate de potasse à
2,5 p. dOO (méthode de Daland) ^ et introduit dans l'hématocrite de façon à le remplir exactement. Le tube est ensuite placé sur un centrifugeur et on le soumet
Fie. 3. — Hématocrite.
Heuin. Ein neuer Apparat zur Untersuchung des Blutes. Scandinavisches Archiv fia- Physiologie, 1899, II, p. 134.
- J. Daland. Uber das Voium der rothen und weissen Blutkôrperchen. Fortschrille der Medicin, 1891, n" 31,
QUALITÉS PHYSIQUES DU SANG
à une rotation rapide durant deux minutes. L'opération terminée, on lit sur l'hématocrite le nombre de divisions qu'occupe le sédiment et on a ainsi la proportion de ce sédiment pour 100 parties de sang.
Si l'on a introduit dans l'hématocrite, non pas du sang pur, mais un mélange à parties égales de sang pur et de solution de bichromate de potasse, il faut multiplier par 2 le chiffre de la graduation lu sur l'instrument.
2° Sédimentation spontanée. — Bierinacki^ 0. Millier- préfèrent la Hédimentalion sponlanée qui donne des résultats plus constants. Elle peut être étudiée au moyen de la méthode de Marcano .
L'appareil se compose : 1° d'une pipette de 15 centimètres graduée en millimètres cubes: 2° d'un verre conique portant des divisions qui répondent chacune à un volume de 5 millimètres cubes.
On aspire dans la pipette du sang jusqu'à la division 2.5, puis du sérum formolé jusqu'à la division 100. On souffle lentement le contenu de la pipette dans le verre que l'on bouche et abandonne au repos. Le sang ne se coagule pas, et sédimente. La chute des globules a lieu lentement; le liquide commence à s'éclaircir au bout de quelques mi- Fi<T 4 — verreàs.'dimeii- uutes, ct généralement la séparation est complète après .tation. 24 heures.
La formule du sérum formolé est :
Solution de sulfate de soude de densité 1020 = 100 ce.
Chlorure de sodium = 1 gr.
Formol du commerce — 3 ce.
Il suffit alors de lire le nombre de divisions qu'occupe le sédiment et de le multiplier par 4 pour avoir le volume des globules pour cent parties de sang.
Le volume du sédiment est en moyenne à l'état normal de 50 p. 100 parties de sang.
Il diminue dans la chlorose, où il peut s'abaisser jusqu'à 20; dans l'anémie pernicieuse où on l'a vu tomber à 9 ; dans la tuberculose pulmonaire ; dans les néphrites chroniques ; dans la pneumonie ; après
1 BiEBNACKi. Zur Methodik der Blutimtersuchungen. Centralblall fur innere Medicin, 1891, n° 31.
- 0. MuLLER. Beobachlunrjen iiber spontané Sédiment irung. Berlin, 1898. 3 G. Marcano. La sédimentation sanguine. Journal de pliysiologie et de pathologie générale, 15 mars 1901.