DANS LES CELLULES VASO-FORMATIVES
enfin l'aspect typique d'un noyau d'hématie nucléée, tandis que le protoplasma s'infiltre d'hémoglobine.
La théorie de la formation des hématies par les cellules géantes des organes hématopoïétiques, admise par Foa, ne saurait plus être acceptée ; il est bien démontré que ces cellules sont en réalité des phagocytes et que les hématies contenues dans l'intérieur de leur protoplasma sont des hématies en voie de destruction et non en voie de formation.
§ II. — Dans les cellules vaso-formatives
Le mode de formation simultanée des globules rouges et des capillaires qui les contiennent ne disparaît pas complètement de l'économie, alors même que certains organes se sont spécialisés pour la fonction hématopoîétique. Des cellules vaso-formatives peuvent se développer non seulement dans le grand épiploon, ainsi que Ranvier l'a montré, mais encore, suivant Schâfer, dans le tissu conjonctif sous-cutané, et même d'après How^ell^ en tous les points de la circulation où apparaissent des capillaires nouveaux.
Ranvier a observé, au niveau des taches laiteuses du grand épipîoon du lapin nouveau-né, la production d'hématies non nucléées dans des cellules vasoformatives, grandes cellules ramifiées, munies de pointes d'accroissement, dont la périphérie forme la paroi vasculaire et le centre forme les globules rouges.
n est possible que la formation d'hématies au
^ . Fig. 45. — Cellule vasofor-
moyen des cellules vasoformatives persiste encore ™ative (d'après Hayem). chez l'enfant, dans certains états pathologiques, ainsi qu'il résulte des observations de E. Weil ' dans deux cas de cyanose congénitale.
La théorie de la formation intra-cellulaire des hématies non nucléées, acceptée par Schâfer, Leboucq, Hayem, Malassez, est loin
1 E Weil. Soc. de hiolof/ie. 1901.
ORIGINE DKS C.LOBULKS ROUGES.
d'être admise sans conteste. Spuler et Saxer regardent les cellules vaso-formatives de Ranvier comme des cellules endothéliales qui se sont séparées des jeunes vaisseaux très délicats et ont emporté avec elles quelques cellules rouges du vaisseau. D'après Renaut', les cellules vaso-formatives ne seraient que des reliquats du réseau capillaire périphérique en régression. Les recherches récentes de François - semblent montrer le bien fondé de l'obserA^ation de Ranvier ; les cellules vasoformatrices, ne seraient cependant pas iiidéjjendantes des capillaires, mais devraient être considérées comme de véritables pointes d'accroissement dérivant de caj^illaires préexistants ; l'orientation de la coupe empêche seule de voir ces connexions et fait croire à l'indépendance des cellules.
§ III. — Dans le sang- (aux dépens des hématoblastes).
Pour Hayem, le processus de formation des hématies chez l'adulte par la moelle des os n'a jamais pu être démontré, la disparition du noyau avant la pénétration de l'élément dans le sang est une simple hypothèse qui est détruite par le fait du passage de globules rouges nucléés dans le sang dès que la moelle osseuse est incontestablement active. Les hématies nucléées n'apparaissent dans le sang qu'au cours d'anémies progressives extrêmes ; elles manquent dès que le sang se répare ; elles sont le témoin de la souffrance du système hématopoïétique et non de la rénovation du sang.
Hayem admet que chez l'adulte, la genèse des hématies se fait principalement au moyen des hématoblastes.
La structure des hématoblastes, que nous étudierons plus tard, ne diffère pas en effet sensiblement de celle des globules rouges ; si à l'état normal ces deux éléments ne sont rattachés l'un à l'autre que par des formes intermédiaires assez rares, dès que l'évolution du sang est troublée, ces formes intermédiaires deviennent abondantes et l'on peut suivre l'évolution des hématies depuis l'hématoblaste le plus petit et le plus délicat jusqu'au globule rouge
1 Renaut. Congrès des Anatomisfes, 1902.
2 François. Recherches sur le développement des vaisseaux et du sang dans le grand épiploon du lapin. Ai-ck. belges de Biologie, t. XIII, i89j.