CHAPITRE YII
HÉMOLYSE
§ I". — Application des lois cic l'osmose aux hématies.
Nous avons vu, dans le chapitre de Fanalomie du globule rouge, que la plupart des histologisles n'admettent plus aujourd'hui, la présence d'une membrane d'enveloppe périphérique autour du globule rouge. On se représente celui-ci comme constitué par un slroma albuminoïde protoplasmique à mailles fines, dans le réseau duquel est contenu l'hémoglobine; et l'on estime, avec Hamburger, que l'absence de difïusion de l'hémoglobine dans le plasma tient aux qualités mêmes du slroma protoplasmique et aux conditions de concentration luoléculaire dans lesquelles se trouvent placés, d'une part le milieu extérieur au globule rouge, le plasma, d'autre part le contenu du globule lui-même.
Le stroma protoplasmique se comporte comme une membrane semi-perméable et, en vertu des lois de l'osmose, il ne se produit pas d'échanges entre le plasma et l'hémoglobine qui sont au même degré de concentration moléculaire, autrement dit isotoniques.
Par contre, si l'on substitue au plasma isotonique un autre liquide de concentration dilî'érente, il se produit entre le globule rouge et le milieu dans lequel il est plongé, une série d'échanges, avant pour but de rétablir l'équilibre osmotique.
Si le milieu extérieur est hypertonique, c'est-à-dire a une concentration moléculaire plus élevée que les globules, ceux-ci vont perdre une partie de leur eau, diminuer de volume, se ratatiner, se déformer en boule épineuse (Hamburger).
S'il est au contraire hjpotonique, les globules vont absorber de
ÉTUDE DES DIVERS AGENTS HKMOLYTIQUES
Feau, se gonfler progressivement ^ et, si l'action se poursuit, le stroma va laisser diffuser Thémoglobine dans le milieu ambiant.
Le défaut d'isotonie du liquide ambiant n'est pas la seule cause qui puisse déterminer les altérations globulaires et l'issue de l'hémoglobine hors du stroma. On peut encore observer ces altérations si le liquide bien qn'isotonique, contient certaines substances douées d'un pouvoir destructeur vis-à-vis du globule rouge.
Les altérations globulaires peuvent donc s'observer dans deux conditions : 1° des conditions physiques tenant au degré de concentration moléculaire du milieu où plonge le globule.
2° Des conditions chimiques ou biologiques tenant à la toxicité ou à la nocivité spéciale du milieu pour les globules rouges-.
L'étude des altérations globulaires peut, en pratique, être appliquée à deux fuis :
1° Ou bien, en possession de globules rouges normaux, étudier l'action sur ces globules de divers liquides artificiels, physiologiques ou pathologiques, et de certains poisons chimiques ou biologiques : nous exposerons d'une façon succincte le mode d'action des agents hémoly tiques^ dont l'étude est intéressante pour comprendre la production de certaines anémies et des hémogiobinuries.
2° Ou bien chercher la façon dont se comportent des globules rouges pathologiqvies en présence de solutions salines isotoniques au sérum sanguin, ou voisines de l'isotonie, et par conséquent sans action sur des globules rouges normaux ; rechercher, autrement dit, la résistance globulaire.
§ il. — Etude des divers ag-ents hémolytiques.
On peut, selon leur mode d'action présumé, considérer plusieurs groupes d'agents hémolytiques.
1 Malassez a montré que dans ces circonstances les globules rouges présentent des diminultons de diamètre qui correspondent en réalité à des augmentations de volume par absorption du liquide de dilution. Les hématies tendent, en eifet, à prendre la forme sphérique, qui est celle du plus grand volume sous la moindre surface (surface qui est la dimension que nous mesurons).
2 Nous verrons dans la suite qu'il n'y a pas, entre le mode d'action de ces deux groupes d'agents hémolytiques, de démarcation aussi tranchée, et que même dans le cas où l'hémolyse se produit, bien que les solutions soient isotoniques, on a tendance à expliquer le phénomène par un processus d'ordre physique.
HÉMOLYSE.