II. Mésoderme des Spongiaires et des Coelentérés
Chez les Spongiaires et les Coelentérés le tissu de soutien porte la dénomination de « mésoderme », assez impropre au point de vue embryologique.
Là où il est le plus pauvrement développé, comme chez l'Hydre d’eau douce par exemple et chez d’autres Hydrozoaires, il est représenté par une lame, dite Jj « lame de soutien », intermédiaire à l’ectoderme et à l’entoderme (fig. 532). -! Chez les autres Cœlentérés, dans les espèces où le mésoderme acquiert un plus grand développement, la lame de soutien continue d’exister ; c’est donc, • chez les Cœlentérés, une formation constante et caractéristique. En général très mince, la lame de soutien est quelquefois assez épaisse et composée del plusieurs strates, de constitution fibrillaire (Tiibiilarict).
CELLULES DE SOUTIEN
Fréquemment, le « mésoderme » se développe assez puissamment en un tissu de soutien constitué de façon variée : tels le tissu fondamental des Eponges, l’ombrelle des Méduses, la cloche natatoire des Siphonophores, la gelée des Cténophores, etc.
Le mésoderme des Eponges est une substance gélatineuse, traversée par un réseau formé de cellules étoilées et anastomosées, où circulent de nombreux amibocytes et où se trouvent les produits génitaux issus de ces derniers. Selon qu’il s’agit d’Eponges calcaires, siliceuses ou cornées, il s’y trouve en outre des spiculés calcaires ou siliceux et leurs cellules formatrices, ou des fibres cornées. Nous retrouverons tout à l’heure les
Fig. 532. — Coupe de la paroi d’un polype de Tubularia indivisa L. avec la lamelle de soutien.
ec, ectoderme. — en , entoderme. — Is, lamelle de soutien. — m, fibrilles musculaires (en coupe
transversale). X 5oo.
spiculés et les fibres cornées et nous dirons quelques mots de leur mode de formation.
Il existe chez Tubularia un bourrelet cellulaire saillant dans la cavité gastrale, le « bourrelet gastral » de v. Koch, qu’on considère comme dérivé de l’entoderme, bien qu'il soit séparé de celui-ci par la lame de soutien. Il est formé de cellules prismatiques d’autant plus grandes et plus distendues par du liquide qu’elles sont plus âgées, à tel point qu’elles forment un véritable réticulum .
La gelée de l’ombrelle des Méduses, qui est comprise entre l’ectoderme et l’entoderme, paraît être un produit direct de ce dernier feuillet; car Maas, en étudiant la formation des bourgeons chez certaines Méduses, l’a vue accolée à Y entoderme, tandis qu’elle est séparée de l’ectoderme par la lame de soutien. Cette gelée n’a d’ailleurs d’abord aucune structure. Puis il s’y développe des fibres, soit isolées et simples, soit ramifiées en un réseau, surtout développées chez les Méduses craspédotes, où elles sont dirigées en général de la face supérieure à la face inférieure de la cloche. Chez les Méduses acraspèdes, la gelée renferme en outre des cellules, ce qui la fait ressembler au tissu conjonctif muqueux qu'on connaît chez les Vertébrés.
La gelée des Clénophores (fig. 533) est formée de cellules étoilées,
CYTOLOGIE GÉNÉRALE ET SPÉCIALE
libres ou reliées en un réseau (Eimer, Ciiun, R. Hertwig) ; ces cellules sont unies de la façon la plus intime aux fibres musculaires. En outre, Samassa y a décrit des fibres de soutien moniliformes très spéciales.
Le « cœnenchyme » ou «mésoglée », qui unit entre eux les hydranthes d’un Polypier, et auquel on a reconnu une origine ectodermique, se compose de fibres et de cellules : les fibres étendues de l’ectoderme à l’entoderme ; les cellules semblables à des éléments migrateurs semés dans la substance fondamentale. Celle-ci subit, comme on le sait, soit une transformation
cornée (Gorgones), soit une incrustation calcaire (Corail) à laquelle le Polypier doit sa grande solidité.