‹ Traité d'histologie : (volume 2)Chapitre 45 sur 163 · VA · texte numérisé non relu

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Fig. 34. — Proloplasmas artificiels avec structure alvéolaire, et structure alvéolaire dans les corps minéraux, d'après Bütschli.

A. Ecume d’huile d’olive et de sucre de canne. X 1.200.— B. Coupe optique de la partie périphérique d'une goutte d’écume oléagineuse, faite avec l’huile d’olive et ie chlorure de sodium et offrant la couche alvéolaire. X i.î?5o. — C. Ecume d’huile d’olive très épaisse et de carbonate de potassium, étirée par pression du couvre-objet en cordons qui ont une structure fibrillairealvéolaire. — D. Solution d’acétate de plomb, étalée en couche mince sur le porte-objet, puis évaporée. X i«3oo.

inattaquable et a subi plusieurs critiques fondées. Entre autres, l'examen des figures données par Bütschli (fig. 33-35) ne peut convaincre personne de la réalité d’une structure alvéolaire. Car ces figures ne montrent que des réseaux, que Bütschli admet être la coupe optique ou réelle des parois des alvéoles ; or c’est précisément là ce qu’il faudrait et ce qui ne se peut prouver. La théorie alvéolaire et la théorie réticulaire ne sont donc que deux interprétations différentes d’une même image histologique.

Ce n’est pas d’ailleurs sur le terrain de l’observation que la théorie alvéolaire est réellement solide. Sa solidité lui vient précisément de ce que transportée au delà de l’observation histologique, dans le domaine purement physique, elle demeure capable d'expliquer « tout ce qui est protoplasmatique »

CYTOLOGIE GÉNÉRALE ET SPÉCIALE

dans la cellule et rend compte de la façon dont le protoplasma se comporte physiquement (Rhumbler).

La structure alvéolaire ou spumeuse est celle en effet qui, au point de vue physico-mathématique, rend possible le développement maximum de la surface entre la substance de la paroi de l’écume et la masse du contenu alvéolaire. Elle fait du protoplasma un appareil osmotique d’un rendement puissant, où chaque alvéole fonctionne comme une cellule osmotique (au sens de la physique). La petitesse des alvéoles multiplie beaucoup l’étendue des surfaces entre la paroi et le contenu alvéolaires, donne par suite, dans cet appareil microscopique qui est la cellule, une valeur énorme à la tension superficielle, qu’elle introduit, dans le microcosme, à côté des énergies électrique, calorifique et autres, comme une énergie nouvelle très puissante, qui n’a presque pas de valeur et qui est presque totalement négligée dans le monde macroscopique (Ostwald, Rhumbler).

La théorie alvéolaire ou spumeuse a l’avantage de se transporter du terrain histologique au terrain physique, sans souffrir aucune modification du fait de la transplantation ; l’écume histologique, les alvéoles histologiques, en devenant écume et alvéoles physiques, n’ont besoin que d’être diminués de dimension. La théorie alvéolaire explique donc de la même façon ce que nous voyons et ce que nous ne voyons pas du protoplasma. De là sa supériorité sur toutes les autres.

Article 2. - LA RÉALITÉ DES STRUCTURES PROTOPLASMIQUES LES DEUX SUBSTANCES FONDAMENTALES, FIGURÉE ET AMORPHE, DU PROTOPLASMA

A. Les aspects structuraux qui ont été décrits plus haut sont une réalité de l'observation. Mais cela ne veut pas dire que ce soient des images naturelles, et qu’ils ne soient pas dus à des artefacts. La question a été soulevée surtout par Fischer, qui a fait la critique des méthodes de la technique cytologique, et a prétendu que granula, réticulums, filaments et même structure alvéolaire ne sont que des produits artificiels. R a vu en effet que ces diverses structures peuvent être obtenues avec des substances albuminoïdes variées traitées par les différents réactifs usités dans la technique histologique ; par exemple, en traitant par le sublimé une certaine matière albuminoïde, on précipite cette albumine sous la forme granulaire, et non pas sous une autre ; et ainsi de suite.

La constatation des structures protoplasmiques (grains, filaments, alvéoles) sur des cellules vivantes fait justice des critiques de Fischer. On a été même jusqu’à affirmer que ce sont les réactifs qui révèlent le plus de détails de structure, qui sont aussi les plus fidèles, et que ceux au contraire qui font voirie protoplasma homogène doivent être suspectés d’infidélité.

Mais s’il n’est pas juste de prétendre que les structures protoplasmiques sont artificielles, il y a lieu toutefois de s’étonner de leur diversité et d’en rechercher les raisons. Cette diversité tient à la variété des objets examinés et à celle des procédés d’examen. Lors donc qu’on s’abstient de toute géné-

MORPHOLOGIE I)E LA. CELLULE

ralisation de ces aspects, on demeure sur le terrain positif de l'observation. En généralisant chaque aspect, chaque structure, on fait une théorie de la structure du protoplasma : théorie granulaire, filaire ou alvéolaire ; et ce n’est pas la réalité des aspects observés, mais seulement la légitimité de la théorie qui les généralise que l’on doit mettre en doute. Beaucoup d'auteurs (Kôlliker, Henneguy, Unna, Wilson, etc.), auxquels se joindront certainement les histologistes expérimentés et libres de toute théorie personnelle, ont pensé que la structure du protoplasma n’est pas univoque, mais qu’elle varie selon l’état physiologique de la substance vivante et la façon dont elle est intéressée par les réactifs, et qu’elle peut se montrer dans une même cellule tour à tour granulaire, fibrillaire, alvéolaire. Ce sont là autant de structures fonctionnelles (Schmaus et Albrecht), c’est-à-dire de structures qui, dans une cellule donnée, sont en rapport avec une certaine phase, avec une forme déterminée de l’activité cellulaire. Ce sont aussi autant de structures réactionnelles, c’est-à-dire de structures fonctionnelles traduites différemment par la réaction vis-à-vis des diverses substances employées dans la technique. Les structures histologiques sont le produit de deux facteurs : la fonction et l’état cellulaire d’une part, la réaction et le réactif cellulaire d’autre part.

B. Il n’y a pas que des différences entre les théories variées de la structure protoplasmique. Elles ont toutes un point de commun. Dans toutes, en effet, on admet l’existence d’au moins deux substances, dont les dispositions réciproques assurent la structure du protoplasma. Dans la conception d’ALTMANN, ce sont les granula et c’est la substance intergranulaire ; dans les théories filaire et réticulaire, c’est la masse filaire et la substance interfîlaire, ou bien c’est le spongioplasme et l’hyaloplasme. D’une manière plus générale, toute théorie de la structure du protoplasma implique l’idée de deux parties : une qui est figurée , F autre qui ne l’est pas, qui est amorphe (fig. 35). La partie figurée, celle que voit positivement l’histologiste, douée d’une forme propre, d’une consistance plus grande, d’une réfringence plus forte, d’une colorabilité plus ou moinsélective, ce sont les granula, le mitome, le réticulum; la partie amorphe, qui n’est aux yeux de l’observateur que le moule ou le négatif de la précédente, sans forme propre, plus molle et semblable à un suc cellulaire, moins réfringente, moins vivement colorée par les réactifs, formant le milieu où les parties figurées sont plongées, c’est la substance intergranulaire, le paramitome, la substance inter -réticulaire ou enchylème. Le terme de « morphoplasma » (Ballowitz) désigne bien la portion figurée du protoplasma, quel que soit son aspect.

La distinction n’est d’ailleurs pas purement morphologique ; la dualité des parties élémentaires du protoplasma se maintient encore sur le terrain physiologique. En effet, deux parties étant en présence dans le protoplasma, la question s’est posée de savoir laquelle des deux est la plus importante dans les phénomènes de la vie cellulaire, laquelle même est le principe vivant, laquelle ne l’est pas ; en d’autres termes, laquelle des deux est le protoplasma. Pour la plupart des auteurs, c’est la partie figurée qui est vivante ; pour Altmann, ce sont les granula ou bioblastes ; pour Flemming, Heidenhain, c’est le mitome ; pour Carnoy, c’est le réticulum. Au contraire, Brücke, Brass, Leydig ont soutenu que c’est l’hyaloplasma ou enchylème

CYTOLOGIE GÉNÉRALE ET SPÉCIALE

amorphe, contenu dans les mailles du spongioplasme ou réticulum, qui est la partie vivante.

Chacune des deux manières de voir a pour elle ses arguments.

L'observation sur le vivant a montré à certains auteurs la contraction du réticulum, d’où la conclusion que c’est bien en lui et non pas dans l’hyaloplasme inclus dans ses mailles que réside la vie. Mais, d’autre part, le fait que la charpente figurée du protoplasma est formée d’une albumine plus résistante aux réactifs, plus solide et plus fixe (fîg. 35), est peu favorable à

l’opinion qui donne la vie au réticulum. Un troisième fait peut, par contre, être considéré comme une grave difficulté pour la théorie de l’enchylème vivant. C’est que c’est dans les mailles du réticulum, au niveau de l’enchylème, que se déposent toujours les produits variés dus à l’activité du protoplasma.

L’enchylème paraît donc coïncider avec le plasma secondaire, avec le produit inerte.

Cette question perd beaucoup de son intérêt dès lors qu’on admet qu’il n’y a pas dans le protoplasma à opposer une substance vivante à une substance inerte, mais qu’il existe seulement des substances douées d’une vie plus ou moins active. Elle cesse de se poser si l’on ne s’attache pas exclusivement à une théorie de la structure cellulaire, et si l’on admet, comme nous l’avons fait, que les diverses structures du protoplasma n’ont rien de fixe et se transforment l’une dans l’autre selon les états fonctionnels de la cellule.

Article 3. — PROTOPLASMAS VARIÉS, FONCTIONNELS ET SPÉCIFIQUES

A. Protoplasmas fonctionnels : Protoplasma supérieur (archoplasme, kinoplasme, ergastoplasme). — On vient de voir qu’une quelconque des descriptions delà structure protoplasmique nepeuts’appliquer à une celluleconsidérée à divers moments de son existence et de son activité fonctionnelle. Si l’on imagine une cellule parcourant plusieurs stades fonctionnels, son protoplasma, à supposer qu’il présente à l’état statique la structure alvéolaire et que cette structure soit le point de départ de l’évolution cellulaire, pourra se présenter tour à tour sous l’aspect filaire ou réticulaire, granulaire. On disposera donc d’un jeu de structures fonctionnelles qu’on pourra rapporter aux divers états fonctionnels par lesquels passe la cellule. Il ne faudrait pas croire cependant que ce jeu soit suffisant et réponde à tous les besoins de la description. Qu’on mette en série les trois structures principales qui ont

Fig. 35. — Cellule du testicule de Cloporte (O niscus sp.), pour la distinction du réticulum et de l’enchylème.

Macération pendant quarante-huit heures dans un liquide digestif artificiel. Le réticulum r a persisté ; l’enchylème e a presque disparu, et il n’en reste que quelques granules blottis contre les trabécules du réticulum. — n, noyau avec filament nucléinien pelotonné. X 4oo, d’après Carnoy.

MORPHOLOGIE DE LA CELLULE

été- admises, on verra quelles lacunes restent entre elles et que d’élats intertermédiaires il faudrait pour combler les vides.

Ces intermédiaires, on est bien loin de les posséder tous et de réaliser ainsi une série continue d’états fonctionnels du protoplasma, pour une cellule donnée. Mais il est nécessaire de savoir dès à présent que chaque fait descriptif doit avoir une place marquée dans la série fonctionnelle des états cellulaires. Il est bien évident en effet que quand, dans une cellule dont le protoplasma a une structure filamenteuse, les filaments qui étaient homogènes se montrent grenus, la structure fonctionnelle n'est plus la même qu’au début ; lorsque, dans ces filaments, les grains qui n’avaient d’abord qu’une affinité faible pour les matières colorantes s’en montrent au contraire très avides, c’est encore à une nouvelle structure fonctionnelle que l’on a affaire.

Comme, dans l’état précaire de nos connaissances, il faut à chaque fait nouveau une étiquette au moins provisoire, on ne s’étonnera pas qu’il y ait beaucoup de variétés fonctionnelles du protoplasma désignées par des noms différents mais non encore exactement classées.

Parmi ces variétés

„ . n Ftg.36. — Figure de division d'une cellule testiculaire de Scologen-

lonctionnelles, il en est une dra cinguiata, vue un peu obliquement par un de ses pôles. Qui a une importance con- ha fi»ure montre le corpuscule centrale, situé au centre d’une . . , . . J plaque de protoplasma plus sombre ou archoplasma a. De

Slderable, et dontl exemple iarchoplasma partent des fibres épaisses /c, fibres kinoplass’imDOSe miques, ordonnées radiairemerit en un aster; quelques-

. . unes de ces fibres vont s’attacher aux chromosomes

La distinction dans cr. x i.5oo.

un protoplasma alvéolaire,

filaire ou réticulaire, d'une partie amorphe et d’une partie figurée n’est pas le dernier mot de l’analyse histologique. Toutes les travées du spongioplasme, toutes les fibres du mitome ne sont pas en effet semblables. Dans nombre de circonstances, certaines d’entre elles prennent des caractères particuliers qui les différencient nettement du reste ; devenues plus épaisses et plus réfringentes, elles affectent ainsi une disposition spéciale ; enfin, elles se comportent d’une façon plus ou moins élective avec certains procédés de coloration.

Voici par exemple une figure de division d’une cellule testiculaire de la Scolopendre, cette figure étant vue par l’un de ses pôles. On constate que les fibres du protoplasma, plus puissantes ici que partout ailleurs dans la cellule et du reste colorées électivement en bleu violaçé par le procédé employé, sont ordonnées radiairêment à partir d’un corpuscule appelé « corpuscule central » et divergent comme les rayons d’une étoile, d’où le nom« d’aster » donné à la figure ainsi produite et à l’ensemble de ces fibres (fig. 36). Stras-

CYTOLOGIE GENERALE ET SPECIALE

Fig. 37. — Cellules de la glande sousmaxillaire de l'Homme — n, noyau. — erg, ergastoplasme. X 5oo. D’après Ch. Garnier.

BURGERadonné le nomdekinoplctsrna à la substance particulière qui compose ces libres, en l’opposant à celui de trophoplasma par lequel il a désigné la matière de la charpente cellulaire ordinaire. Par kinoplasma, il entend une substance plus particulièrement contractile et jouant un rôle actif dans les mouvements dont la cellule est le théâtre, notamment lors de la division

cellulaire ; par trophoplasma il désigne la substance simplement nutritive de la cellule.

Dans ces autres cellules (fig. 37), empruntées à la glande sous-maxillaire de l’Homme, nous voyons la zone basale de l’élément en partie occupée par des filaments (« filaments basaux ») un peu tortueux, plus épais que ceux qui forment la trame ordinaire du corps cellulaire, et d'ailleurs colorés d’une façon tout à fait dictincte. De même dans cet ovocyte d’une Étoile de mer (. Asterina gibbosa ), le corps cellulaire est abondamment pourvu de filaments fortement colorables, surtout serrés au voisinage du noyau (fig. 38). On a donné (Garnier, P. et M. Bouin) le nom d'ergastoplasma (1) à la matière dont sont faites ces fibres basales et ces filaments, parce qu’on les trouve dans les cellules sécrétoires, celles qui élaborent un produit quelconque, et qu’elles ne s’y trouvent qu’au moment où se fait la préparation de ce produit.

Dans certains éléments glandulaires, comme, par exemple, ceux qui composent la plupart des éléments rénaux (fig. 39), on trouve que la partie basale des cellules est décomposée en bâtonnets parallèles, décrits surtout par R. Heidenhain d’abord, par H. Martin, Théohari et par beaucoup d’autres ensuite ; on peut aussi apparenter ces bâtonnets aux filaments ergastoplasmiques. D’autre part, BENDAa décrit, dans un grand nombre d’éléments cellulaires, des grains que leur colorabilité spécifique permet de dis-

Fig. 38. — Ovocyte <f Asterina gibbosa Forb. n, noyau. — erg, ergastoplasma. X 5oo. D’après M. et P. Bouin.

(1) De eoya/op-at, travailler en élaborant.

MORPHOLOGIE DE LA CELLULE

tinguer des cytomicrosomes ordinaires et qu’il appelle « mitochondres », c’est-à-dire grains de filaments, parce qu’il a vu ces grains se disposer en file pour donner naissance à des « chondromites », ou filaments formés de grains. La valeur exacte de la substance qui constitue les mitochondres et les chondromites n’est pas déterminée; mais il n’est pas douteux qu’elle ne soit très voisine de celle qui forme le kinoplasme et l’ergastoplasme.

Enfin, HEiDENHAmet Vander Stricht ont désigné sous le nom de «pseudochromosomes » des corps en forme de bâtonnets rectilignes ou flexueux, qui se différencient dans des cellules épithéliales et dans des ovocytes à certains moments de leur existence. Ces corps, apparentés ou même identiques aux filaments ergastoplasmiques, ont été nommés par Heidenhain des pseudoehromosomes, parce qu’ils simulent, tant par leur forme que par leur colorabilité, les corps appelés chromosomes qui s’individualisent dans le noyau d’une cellule en division.

On connaît depuis longtemps, sous les noms de Nebenkerne ( noyaux accessoires), Nebenkôrper ( corps accessoires ), des formations dont la signification est restée longtemps énigmatique, et dont la place naturelle parait être à côté de celles dont il vient d’être question ; elles en sont seulement une modalité assez particulière et correspondent à une phase spéciale de leur évolution.

La Valette Saint-George et Nussbaum ont les premiers signalé le Nebenkern ou Nebenkôrper , le premier dans les éléments séminaux, le second dans les cellules glandulaires. Cette formation a été retrouvée et étudiée depuis par un grand nombre d’auteurs, dans les cellules séminales par Platner, Hermann, Meves, etc., dans les cellules glandulaires par Ogata, Eberth et Mueller, etc. D’autre part, il existe dans les œufs d’un grand nombre d’animaux, sinon de tous, un corps, le Dotterkern ou noyau vitellin, que Balbiani a surtout étudié chez les Araignées et les Myriapodes, et qui est l’équivalent du Nebenkern des cellules séminales. Voici des spécimens de ces diverses formations (fig. 4o, 4L 42) dans un élément glandulaire, dans une cellule sémi-

Fig. 3g. — Tube à bâtonnets ( sécrétoire ) de la néphridie ( organe rénal) d'un Ver de terre (Lumbricus herculeus Sav.).

n, noyau. — b , bâtonnets. — vc, vaisseau capillaire sanguin. Préparation et dessin de St. Maziarski.

CYTOLOGIE GÉNÉRALE ET SPÉCIALE

pan-

Fig. 4o- — Cellule glandulaire du créas de la Salamandre (Salamandra ma culosa Laur).

n, noyau. — c, caryosomes. — pl, plasmosomes. — cp, corpuscule paranucléaire ou Nebenkôrper. — g, grains de sécrétion. X 5oo.

nale et dans un œuf. A l’inspection de ces trois figures, on voit que les corps dont il s’agit diffèrent passablement dans les trois exeipples choisis ; et si nous pouvions passer en revue à cet égard un grand nombre de cellules

sexuelles ou glandulaires et, de plus, les suivre pendant un certain temps dans les phases successives de leur évolution, nous verrions que ces formations offrent une grande diversité, et nous pourrions conclure que sous un même vocable on a décrit des choses différentes, ou tout au moins des phases différentes d’une seule et même formation. D’ailleurs, nous ne sommes pas en possession de tous les éléments nécessaires qui concourent à la constitution du noyau accessoire et du noyau vitellin, et pour en avoir une notion complète, il faudra se reporter au chapitre IV et surtout au livre X. Dès à présent, nous pouvons indiquer (et c’est ce qui légitimait et nécessitait même la mention de ces formations à cet endroit) que Nebenkern et Dotterkern renferment dans leur constitution une substance voisine de celle de l’ergastoplasme et des mitochondres. L’un et l’autre ne sont qu’une forme particulière, secondaire et souvent dégénérée de cette substance ; sous leur état le plus caractéristique, ils en représentent une sorte de résidu.

Dans les divers exemples qui précèdent, dans la cellule en division, comme dans celle qui est en travail glandulaire, dans les cellules séminales comme dans les œufs, en général dans toutes les cellules à kinoplasme, à ergastoplasme et à chondromites, à Nebenkern et à noyau vitellin, s’est différenciée une substance distincte du protoplasma figuré ordinaire, dont il faudra chercher et définir le représentant et l’équivalent dans toutes les cellules où elle n’est pas encore connue. On est ainsi conduit à admettre dans tous les éléments cellulaires l’existence d’une substance protoplasmique différenciée du protoplasme ordinaire. On

pourra qualifier cette substance de « protoplasma supérieur » (Prenant), parce qu’elle apparaît le mieux et qu’elle est le plus connue dans les circonstances où l’activité de la cellule est exaltée (cellules en division, cellules glandulaires en voie d’élaboration) et où le protoplasma prend une qualité véritablement supérieure. De ce que le protoplasma supérieur résulte d’une

Fig. 4i. — Cellule séminale (spermatocyte) du testicule de l'Escargot (Hélix pomatia L.).

n, noyau. — nb, Nebenkern. X 5oo.

D’après Ancel.

MORPHOLOGIE DE LA CELLULE 63

différenciation du protoplasme ordinaire, il ne faudrait pas tracer entre l’un et l’autre une ligne de démarcation tranchée, en faire une espèce à part et un organe distinct dans la cellule. Il y a naturellement autant de protoplasmas supérieurs distincts par la forme qu’ils prennent et par leurs autres caractères, qu’il y a de cellules différentes ; le kinoplasme et l’ergastoplasme n’en sont que les deux principales espèces .On exigera du protoplasma supérieur les caractères généraux suivants. Il doit être formé d’une substance spécialement chromatique, mais autrement chromatique que la chromatine du noyau (cytochromatine) ; il sera figuré, et représenté par des corps de forme variée, des cytosomes (« pseudochromosomes » de Heidenhain, pour les distinguer des chromosomes du noyau) ; il jouera un rôle prépondérant dans les divers actes de layie cellulaire, par exemple dans la division des cellules et dans l’élaboration de divers produits ; sa destinée sera enfin de disparaître, ce rôle accompli, laissant souvent comme résidu des corps variés (Nebenkerne, « plasmosomes », « parasomes »).

La différenciation fonctionnelle du protoplasma peut prendre encore une tout autre forme que celle de protoplasma ordinaire et de protoplasma

supérieur, dont il vient d’être question.

Dans un grand nombre de cellules, le corps protoplasmique présente deux zones topographiquement différentes, l’une extérieure, dite ectoplasme , l’autre intérieure ou endoplasme. Ces deux zones se distinguent par leur aspect, et par conséquent par leur structure, et elles remplissent des fonctions jusqu’à un certain point différentes.

Elles sont donc formées de deux protoplasmas fonctionnels distincts.

Beaucoup de cellules des tissus des Métazoaires offrent la différenciation structurale et fonctionnelle en question. Mais c’est chez les Protozoaires qu’elle est le plus nettement exprimée. Là, l’ectoplasme, où « ectosarc », clair, d’apparence homogène, forme une couche corticale de, l’animal; l’endoplasme ou « endosarc », sombre, chargé de granules et de dépôts de toute sorte, constitue la masse principale du corps (fig. 43 et 44)- C’est la zone ectoplasmique qui remplit

Fig. 43. — Amœba terricola Greeff.

», noyau. — ec, ectoplasme avec prolongements pseudopodiques. — en, endoplasme rempli de parcelles alimentaires et excrémentitielles. — v, vacuoles pulsatiles. D’après Vogt et Yung. X *50 environ.

Fig. 42. — Œuf ovarien d'un Myriapode (Geophilus. longicornis) montrant le noyau vitellin.

n , noyau. — nv , noyau vitellin. D'après Balbiani.

CYTOLOGIE GÉNÉRALE ET SPÉCIALE

AU

plus particulièrement les fonctions de sensibilité et de motilité, tandis que les phénomènes de nutrition s’accomplissent surtout dans la partie centrale, endoplasmique, de la cellule.

On a beaucoup discuté sur la question de savoir si ces deux parties sont absolument distinctes Tune de l’autre, ou si elles passent insensiblement de l’une à l’autre par des zones de transition. L’intérêt n’est pas de savoir s’il y a ou non transformation de l’un dans l’autre protoplasma, mais bien de constater qu’il y a chez tout Protozoaire, Amibe, Infusoire ou autre, une différenciation du protoplasma qui est constante, caractéristique de la cellule-protozoaire, véritablement spécifique. D'ailleurs, d’une façon générale, toute masse protoplasmique libre se partage en deux parties, bien entendu mal délimitées : l’une intérieure, douée d’une cohésion moindre et dans laquelle peuvent se creuser des vacuoles et s’accumuler des enclaves de toute sorte ; l’autre extérieure, très compacte et presque homogène, affecte la forme d’une couche membraneuse superficielle et représente un ectoplasme.

B. Protoplasmas spécifiques. — En outre des variétés fonctionnelles de protoplasma, il y a des variétés spécifiques, c’est-à-dire qui ne se rencontrent que dans certaines espèces de cellules qu’elles caractérisent bien. On ne veut pas dire qu’elles ne puissent avoir elles aussi une signification fonctionnelle ; il ne saurait même en être autrement, et les protoplasmas spécifiques sont plus que tout autre un produit de la fonction. Il faut entendre que cette fonction, dont un protoplasma spécifique est le substratum, est limitée à. une espèce cellulaire donnée.

Les cellules vibratiles sont caractérisées (voir fig. 173) par la présence, à leur surface libre, de petits prolongements appelés cils vibratiles, animés d’un mouvement particulier dit vibratile. Ces cils, qu’on retrouvera plus tard à titre d’organes spéciaux de la cellule, sont formés d’un filament de protoplasma particulier, homogène, bien différent de celui qui constitue le corps de la cellule par son aspect et surtout par ses propriétés physiologiques. C’est un protoplasma spécifique.

On doit ranger aussi dans la catégorie des protoplasmas spécifiques, n’appartenant qu’à des espèces cellulaires bien caractérisées, la substance des fibrilles musculaires dans les cellules musculaires, celle des fibrilles nerveuses dans les cellules nerveuses, et tant d’autres substances très particulières qui dérivent du protoplasma ordinaire par une différenciation étroitement liée à une fonction cellulaire déterminée.

Fig. 44. — Myxidium Lieberkühnii ( Myxosporodie de la vessie da Brochet).

n , nombreux noyaux. — ec, ectoplasme. — en, endoplasme. — 6, bordure en brosse qui termine l’extrémité fixée de 1 animal. — ep, cellules épithéliales de la vessie du Brochet sur lesquelles le parasite est fixé.

MORPHOLOGIE DE LA CELLULE

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Article 4- — LE DEUTOPLASMA OU PARAPLASMA.

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