‹ Traité d'histologie (volume 3)Chapitre 109 sur 198 · IT.— CONSTITUTION GÉNÉRALE DES GLANDES SALIVAIRES ET PÉRIORBITAIRES · texte numérisé non relu

IT.— CONSTITUTION GÉNÉRALE DES GLANDES SALIVAIRES ET PÉRIORBITAIRES

1° FORME ET ARCHITECTURE GÉNÉRALES. — Les glandes salivaires et périorbitaires appartiennent à différents types, tubulaire composé, tubulo-alvéolaire composé, alvéolaire composé, comme Maziarski l'a établi par ses reconstructions de la forme générale de la ramificalion glandulaire. La glande lacrymale est tubulaire composée, c'est-à-dire que les tubes glandulaires ne sont que peu ou point dilatés à leur extrémité. Les glandes muqueuses, telles que la sous-maxillaire et la sublinguale, sont du type tubulo-alvéolaire composé, c’est-à-dire que si la forme générale est tubuleuse, les tubes offrent le long de leur trajet et à leur extrémité des dilatations alvéolaires, des alvéoles, qui sont les parties proprement sécrétrices de la glande. Quant aux glandes salivaires séreuses dont

la glande parotide, FLEMMING et à sa suite Srôur leur avaient reconnu une F1G. 415. — Modèle en cire d’une partie de forme complètement tubulaire et ra-

la glande parotide de l'Homme. Az À : :

: te mifiée. Selon Renaur et Maziarski, il

Analogie de forme avec une grappe de raisin. ÿ F'LRE ù

— ce, conduits excréteurs. — al, alvéoles n’en est pas ainsi ; la glande parotide sécréteurs. Très grossi. D'après MaziARSkl. Offre le type parfait de la glande en grappe, acineuse ou alvéolaire, dont les portions distales sécrétrices, renflées en alvéoles ou acinus, sont suspendues aux tubes excréteurs par des canaux rétrécis, comme dans une grappe

le représentant le plus important est

de raisin les grains sont attachés par de minces pédoncules aux branches et à l’axe de la grappe (fig. 415). Les résultats de PE1sER diffèrent un peu de ceux de Maziarski; d’après cet auteur, aucune de ces glandes n'est franchement tubuleuse ni alvéolaire ; la glande sublinguale, la partie muqueuse de la sous-maxillaire se rapprochent de la forme tubuleuse, tandis que la parotide, la paroi séreuse de la sous-maxillaire sont plus voisines de l'état alvéolaire.

Les glandes salivaires et périorbitaires se composent de deux parties : l’une est le système ramifié des conduits excréleurs, l'autre représente les culs-de-sac sécréleurs qui terminent la ramification glandulaire. Dans le cas

FiG. 416. — Schéma de la ramification glandulaire dans les glandes salivaires de l'Homme. D'après SrüHr. F

A, parotide. — B, sous-maxillaire. — C, sublinguale. ce, conduits excréteurs.— cs, canaux sécréteurs.— si, segments inlercalaires. — st, segments terminaux.

de complication maxima, le système des conduits excréteurs comprend plusieurs ordres de canaux, en allant de l'embouchure de la glande vers les culs-de-sac sécréteurs. Ce sont d’abord (fig. 416) les conduits excréleurs principaux (c.e.),qui ne font que conduire au dehors le produit de sécrétion. Les branches de division de ces canaux ont un caractère différent; elles possèdent une structure spéciale et ne sont pas de simples conduits vecteurs, mais se comportent comme éléments sécréteurs ; pour cette raison on les a appelées canaux sécréleurs (c.s.) (Sekretrühre). Enfin le système des conduits excréteurs se rattache souvent aux culs-de-sac sécréteurs par des canaux de très pelit diamètre que l’on nomme « passages de Boll », segments ou pièces intercalaires de v. Exer (Schaltstücke) ls.i). Les culs-de-sac sécréteurs ou segments lerminaux (s.£.), qui leur font suite et qui terminent la ramification glandulaire, sont tantôt des tubes, tantôt des alvéoles ou des

acinis, selon qu’il s’agit de glandes tubuleuses ou de glandes alvéolaires. MerkeL a surtout contribué à corriger l'idée trop simpliste et certainement

erronée qu'on se fait des divers segments du système excréteur en les con- :

sidérant comr:e de simples canaux vecteurs dénués de toute signification glandulaire. Tandis que les acinis fournissent la partie principale, la plus

consislante et la plus caractéristique du produit de sécrétion, les canaux.

sécréteurs produiraient les sels calcaires et les canaux intermédiaires un liquide très aqueux.

Toute la glande est enfouie dans un {issu conjonclif plus ou moins abondant, souvent fortement chargé de graisse, où cheminent des vaisseaux et des nerfs destinés à l'organe glandulaire, ainsi que les canaux excréteurs. Ce tissu conjonctif se condense à la périphérie de la glande en une enveloppe ou capsule. Il forme des cloisons reliées superficiellement à la capsule, qui divisent la glande en lobes, subdivisés eux-mêmes par des cloisons conjonciives plus minces en /obules glandulaires.

2° STRUCTURE GÉNÉRALE. — À, Culs-de-sac sécréteurs.

a) Caractères des cellules glandulaires. — Tout l'arbre glandulaire est tapissé par une couche le plus souvent simple de cellules épithéliales, pyramidales ou prismaliques, qui offrent des caractères différents dans la partie excrétrice et dans la partie sécrétrice de la glande et qui diffèrent aussi dans les diverses régions du système excréteur.

«) Ergastoplasma el grains de sécrétion. — Dans les culs-de-sac sécréteurs, l’épithélium a des caractères nettement glandulaires. Il se présente en effet sous un aspect différent, selon qu'il se trouve dans tel ou tel autre état fonctionnel ; la cellule offre deux zones, basale et apicale, différentes aussi par leurs caractères et par leur signification physiologique.

Dans les cellules en voie d'élaboration glandulaire, la zone basale contient des filaments différenciés, électivement colorables, que SoLGErR a décrits sous le nom de « filaments basaux », et que GaRNIER el d'autres auleurs ont admis être formés d'un protoplasme spécial, l'ergastoplasme (V.t. I, fig. 37 et t. II, fig. 410).

Le protopl isma de la zone basale renferme aussi des corps bien limités, de figure variée, qui rentrent dans la catégorie des paranuclér, corps accessoires ou noyaux accessoires (Ne cheRlG RER Nebenkerne).

La zone apicale, comprise entre le noyau et la lumière glandulaire, offre

fréquemment un centrosome en forme de diplocoque (diplosome) ; il est.

situé au milieu du produit de sécrétion ou bien dans la partie la plus superficielle de la cellule (Zimmermann) (L. I, fig. 157). On trouve aussi dans celte zone, ou plutôt entre elle et la zone basale, un « appareil réliculé » décelable par le procédé de la réaction noire (NeGri. v. BeRGEN). Le produit de sécrétion remplit toute la zone interne ou apicale. Il se présente sous la

forme ordinaire de grains. Ceux-ci ne sont pas le produit définitif, mais un W

état imparfait et transitoire de ce produit (prézymogène et zymogène). Quelques doutes que certains auteurs (Fiscuer, R. KeausE) aient émis sur la réalité de leur existence, ces grains ne sont cependant pas des formations artificielles ; car on peut facilement, à l'exemple de LanGrey, les observer

ET TT er

+ id ométt

sur le frais : observation que E. Müzcer, JouvENEL et d'autres ont renouvelée avec succès. Certains autres auteurs ont prétendu que les grains n'existent pas à l’état frais et ne sont que des produits d’altération ; car sur la cellule glandulaire vivante on ne trouverait que des gouttelettes de sécrétion (Socer, HELn).

Il n’y a pas assez de différence physique entre un grain solide et une goutte liquide pour que la question veuille la peine d'être plus longuement discutée. Ces grains ou ces gouttes représentent bien le véritable produit de sécrétion, tel qu'il est formé dans les cellules glandulaires ; car ces granules remplissent presque complètement les cellules dans les glandes au repos et disparaissent de la cellule dans les glandes épuisées par une longue période de sécrétion. NusssauM a montré de plus que l'abondance de ces grains varie selon la teneur en ferment actif du liquide total sécrété par la glande.

Diverses réactions colorantes ont été appliquées aux grains de sécrétion. ALTmann et Nicocas ont montré que les grains de sécrétion se coloraient à la façon des granula ou bioblastes, de elle sorte que ceux-ci représentent sans doute dans les éléments glandulaires la forme originelle et banale de tous les grains de sécrélion, quels que soient les caractères spéciaux que ceux-ci offriront plus tard dans les différentes glandes. Les grains de sécrétion se colorent en noir par l'acide osmique (NussBaum); par l'hématoxyline au fer de HeInENHaAIN et BENDA, ils apparaissent colorés de façon très précise en noir pur.

8) Cellules séreuses el cellules muqueuses. — Les grains que forme la cellule glandulaire sont de deux natures bien différentes.

Les uns, en effet, qu'on peut appeler grains de zymogène, fourniront par leur transformation ultérieure un produit séreux ou albumineux qui peut être un ferment, une zymine. Les cellules qui préparent des grains de cette nature et qui fournissent ce produit définitif sont appelées cellules séreuses. On nomme glandes séreuses ou albumineuses celles qui, comme la parotide, renferment des cellules séreuses. |

Une autre catégorie, celle des grains de mucigène, est destinée à devenir un produit tout différent, le mucus. Les cellules qui préparent ce produit sont nommées cellules muqueuses. Les glandes, telles que les glandules pala- Unes de l'Homme, qui sont formées de telles cellules, sont qualifiées de glandes muqueuses.

Le même cul-de-sac sécréteur ne renferme fréquemment que des celluies de l’une ou de l'autre sorte. Souvent donc les glandes sont purement muqueuses ou purement séreuses. Beaucoup de glandes cependant, la sous-maxillaire notamment, contiennent à la fois des cellules muqueuses et des cellules séreuses. Ces deux sortes d'éléments peuvent être répartis dans des culs-de-sac sécréteurs distincts, les uns muqueux, les autres séreux, indépendants les uns des autres, si bien que la glande est formée de deux parties, l'une muqueuse, l’autre séreuse, enchevêtrées l'une dans l’autre. Plus souvent, les cellules séreuses sont annexées aux acinis muqueux, à la face externe desquels elles sont situées (« cellules marginales ») ; ou bien, au lieu d’être isolées elles sont réunies en un amas, en

PNA T "11 SL EN v rs ñ£ «{ bou..." 000

forme de croissant, le croissant ou la demi-lune de Giannuzzi, appendu à l’acinus séreux dont il double Ia paroi sur une certaine étendue.

D'après la nature de leurs produits, on peut donc distinguer les glandes salivaires et périorbitaires en trois catégories : les glandes séreuses, les glandes muqueuses et les glandes mixtes.

Les recherches de R. HeibENHaIX, Ranvier, LaAvpowsxy, LôWENTHAL et d’autres permettent de dresser le tableau histologique suivant des glandes salivaires et périorbitaires, classées d'après la nature du produit qu'elles forment.

Page 1