‹ Traité d'histologie (volume 3)Chapitre 124 sur 198 · II. — Larynx · texte numérisé non relu

II. — Larynx

A. Muqueuse. — a) Épithélium. - L'épithélium du larynx se présente

sous deux formes bien différentes. Certaines régions sont tapissées par un |

épithélium pavimenteux stratifié, d’autres par l’épithélium typique des conduits aériens, c’est-à-dire par un épithélium stratifié à cellules superficielles cylindriques et vibratiles (fig. 450). Il y a d’ailleurs dans la distribution de cet épithélium des différences liées à l'âge du sujet. Chez le nouveau-né, l’épithélium vibratile revêt toute la muqueuse laryngienne, excepté celle des cordes vocales inférieures et celle de la face antérieure ou buccale de l'épiglotte. Dans ces deux endroits, l’épithélium vibratile est remplacé par une couche épithéliale mince à deux ou trois couches d'éléments assez plats,

dont plusieurs vésiculeux (Nicoras). Chez l'adulte, l'étendue de l’épithélium «

plat augmente aux dépens de l’épithélium vibratile. Aussi trouve-t-on le

premier dans les régions suivantes : la surface extérieure ou pharyngienne « du larynx tout entière; les cordes vocales supérieures et parfois aussi les \

; 4 à VHS ‘ cordes vocales inférieures; la face postérieure de l'épiglotte et la face interne

des replis ary-épiglottiques dans une certaine étendue à partir de leur bord

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libre; des îlots disséminés çà et là sur le reste des faces postérieure et interne de l’épiglotte et des replis. Sur les cordes vocales inférieures l’épithélium plat ne recouvre du reste qu'une bande de muqueuse mesurant de 3 à 4 millimètres de large, et appartenant à la fois à la face supérieure, au bord libre, et à la face inférieure de la corde vocale.

L'épithélium pavimenteux stratifié n'offre pas de caractères spéciaux. Quant à l’épithélium stratifié vibratile,ses cellulessuperficielles,cylindriques, vibratiles ont leurs noyaux situés à différentes hauteurs, ce qui fait croire à un nombre de strates plus grand que celui qui existe réellement ; le mou-

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FiG. 450. — Coupe verticale de l'épiglotte d'un fœtus humain à terme.

La coupe intéresse le bord libre de l’épiglotte. — epc, épithélium cilié qui recouvre la face laryngée de l’épiglotte. — epp, épithélium plat de la face pharyngienne. — x, point de passage de l’un à l'autre épithélium. — ca, cartilage épiglottique. — te, tissu conjonctif. x 100.

vement des cils est dirigé vers le pharynx, de bas en haut par conséquent. A ces cellules vibratiles sont mélangées des cellules muqueuses caliciformes. Enfin, les couches profondes de l’épithélium sont formées de cellules polyédriques, situées entre les pieds des cellules cylindriques. Parmi

ces cellules profondes, un certain nombre sont certainement des leucocytés immigrés dans l’épithélium.

b) Glandes. — Les glandes du larynx sont très développées. D'après les recherches de Mlle Fucas-WoLrFrixG et de Maziarski, elles sont de deux sortes : les unes mixtes, les autres séreuses. Dans les glandes mixtes, dont le type est alvéolaire composé, la partie séreuse de la glande est tantôt représentée par de simples croissants de Giannuzzi, coiffant les acinus muqueux, tantôt (chez le Lapin) par des culs-de-sac séreux indépendants des alvéoles muqueux (Fucus-WoLFrinG). Chez l'Homme, Mazrarski a décrit des glandes tubuleuses ramifiées qui sont entièrement séreuses.

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Les glandes laryngées sont, chez l'Homme, soit disséminées, soit réunies en masses volumineuses et compactes, qu'on peut répartir en plusieurs groupes : un groupe antérieur ou épiglottique; un groupe postérieur ou interaryténoïdien situé dans la goutlière interaryténoïdienne; deux groupes latéraux symétriques situés dans l'épaisseur des replis ary-épiglottiques, ainsi que dans l'intérieur des cordes vocales supérieures et inférieures. Les glandes des replis ary-épiglottiques forment de chaque côté un amas ayant la figure d’une L, avec une branche verticale et une branche horizontale. Celles des cordes vocales inférieures, découvertes par KNozz, manquent au voisinage du bord libre de la corde dans l'étendue correspondant à la zone à épithélium plat. La région sous-glottique du larynx est très riche en

SEE | __. glandes. Toutes ces glan-

É # —l p: # des laryngées sont assez

ge développées pour dépasser

profondément la muqueuse

et s’enfoncer jusqu’entre les muscles du larynx.

c) Chorion. — Le chorion de la muqueuse est riche en fibres élastiques. Il n'est généralement pas séparé de l’épithélium par une membrane basalenette.

sauf au niveau de la corde vocale inférieure, là où existe un épithélium straà AIT DCI ON ET tüifié plat. Ce chorion est

F1G. 451. — Corde vocale de l'Homme. lisse dans toute l'étendue

ep, épithélium plat stratifié. — ch, chorion. — g£, glandes avec oùil estrecouvert par l épi-

leurs canaux excréteurs ce, l'un en coupe transversale, thélium vibratile. Mais là l'autre sectionné en long au voisinage de son orifice. — ne s m, muscle thyro-aryténoïdien. x 100. où il est revêtu par un épi-

thélium pavimenteux straüfié, il se soulève en papilles. Piotusdämient le chorion n'est séparé de la tunique fibreuse sous-jacente que par une couche celluleuse mince et peu distincie. Le chorion de la muqueuse laryngée est le siège d’une infiltration lymphoïde diffuse, surtout marquée dans la région sus-glottique. Là, et notamment au niveau de l’épigloite, des replis ary-épiglottiques et des ventricules de Morgagni, les globules blancs peuvent même se concentrer en véritables follicules clos (Luscaxa, Coyne). Le diverticule ou appendice du ventricule de Morgagni a été comparé par FRrANKEL, COYNE, CiTEzLt à une crypte amygdalienne (« amygdale » ou « tonsille laryngée »), en raison du développement considérable qu'atteint le tissu lymphoïde dans l’épaisseur de sa paroi.

B. Membrane élastique, muscles et cartilages. — La muqueuse du l:rynx est doublée sur toute son étendue par une membrane élastique, ou plutôt conjonctivo-élastique, décrite par Laura, et çà et là interrompue par

le passage des glandes les plus volumineuses. Les « ligaments thyro-aryténoïdiens », compris dans l'épaisseur du bord libre des cordes vocales,sont dus à des épaississements locaux de cette membrane.

Les muscles du larynx sont des muscles striés ; leur étude est du ressort de l'anatomie descriptive.

Il en est de même des cartilages du larynx, de la structure desquels il y a peu à dire. Les cartilages thyroïde, cricoïde, la plus grande partie des cartlages aryténoïdes et souvent les carlilages sésamoïdes antérieurs sont formés de tissu cartilagineux hyalin. Le cartilage de l’épiglotte, les cartilages cunéiformes (ou de Morgagni-Wrisberg), le sommet de l’apophyse vocale des cartilages aryténoïdes, fréquemment les cartilages sésamoïdes consistent en cartilage élastique. Les cartilages corniculés (ou de Santorini) sont conslilués tantôt par du fibro-cartilage, lantôt par du cartilage élastique. Il y a dans ces cartilages laryngés des variations structurales assez considérables selon les points, selon l’âge et suivant les espèces. C'est ainsi par exemple que çà et là la structure hyaline du cartilage thyroïde passe à la structure fibro-cartilagineuse, notamment au niveau des insertions ligamenteuses et des surfaces articulaires. Avec les progrès de l’âge, des cartilages typiquement hyalins peuvent devenir fibreux ou élastiques. Chez certains Mammifères le cartilage épiglottique est remplacé par un tissu con- Jonctif vésiculeux el graisseux(« cartilage graisseux »), danslequel setrouvent des cellules cartilagineuses (DEKHUYZEN, OPPEL, ZUCKERKANDL, SCHAFFER).

Les cartilzges du larynx sont d'abord vascularisés comme le sont toutes les pièces cartilagineuses jeunes. Puis les vaisseaux disparaissent, pour reparaîltre de nouveau vers la quinzième année. Cette vascularisation secondaire est le début d'un processus d'ossification vraie (et non pas seulement de calcification) dont les grands cartilages hyalins du larynx (thyroïde, cricoïde, aryténoïde) sont le siège ; il commence chez l'homme de 20 ans et chez la femme de 22 ans (Cmewrrz). C'est un processus d'ossification enchondrale, à la suite duquel se censtitue un tissu osseux spongieux, de texture souvent lamelleuse, avec espaces médullaires remplis de moelle graisseuse.

IIT. — TRACHÉE-ARTÈRE.

A. Muqueuse. — a) Épithélium. — La muqueuse de la trachée-artère est tapissée par un épithélium stratifié vibratile identique à celui du larynx. Ça et là existent, comme dans le larynx, des îlots d'épithélium pavimenteux stratifié, signalés chez divers Mammifères et chez l'Homme par Drascn, HaYCRAFT, CARLIER, SCHNITZLER, BARABAN. On n'est pas fixé sur la signification de ces plages d'épithélium,plat. On ne sait si elles sont le résultat de processus inflammatoires ou si elles sont dues à des actions mécaniques d’ailleurs normales. BARABAN, ayant constaté chez un supplicié l'existence de ces îlots à épithélium plat, non seulement dans la trachée mais aussi dans les bronches, croit que la conservation de l’épithélium cilié est due à ce que recouvert par du mucus il a été soustrait aux influences irritantes qui ont amené la transformalion des îlots d’épithélium pavimenteux. Pour

CaRLIER, la transformation est produite par les frottements que subit l’épithélium en certains endroits par suite de dispositions anatomiques spéciales. Plusieurs auteurs (DrAscH, ScHucHARDT, GRIFFINI) Ont vu que la réparation des pertes de substances expérimentales ou produites par une inflammation se fait par un épithélium pavimenteux stratifié.

b) Glandes. — Les glandes de la trachée sont surtout nombreuses et bien développées au niveau des espaces intercartilagineux et de la portion postérieure membraneuse de la trachée, plus rares et plus petites à la face interne des anneaux cartilagineux (VERSON, FRANKENHAÜSER). Elles sont de même nature que celles du larynx, c’est-à-dire les unes mixtes, les autres purement séreuses (Fucas-WoLrriNG, Maziarski). Elles sont assez volumineuses pour dépasser profondément la muqueuse et s'engager dans la sousmuqueuse ou même dans le muscle de la portion membraneuse qu'elles peuvent parfois traverser. Le corps de la glande, ovoïde ou sphérique dans les espaces intercartilagineux, piriforme et allongé dans la portion membraneuse, devient aplati et lenticulaire pour les glandes situées au niveau des cartilages. Le canal excréteur traverse obliquement la muqueuse, où il présente une dilatation ampullaire (FRANKENHAUSER) et à la surface de laquelle il s'ouvre par une fossette infundibuliforme. Ces glandes ne se développent, d’après Gepuorr, que tardivement, après la naissance.

c) Chorion. — Le chorion de la trachée se distingue comme celui du larynx par sa richesse en fibres élastiques. Elles forment ici un réseau à mailles allongées suivant l'axe de la trachée, développé surtout chez les grands Mammifères. Ce réseau se condense suivant une lame qui occupe la partie muqueuse du chorion et qui forme une membrane élastique assez nettement limitée, séparant ainsi le chorion proprement dit en deux couches secondaires, l’une sous-épithéliale, l’autre adjacente à la sous-muqueuse. La couche sous-épithéliale est fortement infiltrée de globules blancs qui, comme on l'a vu pour l'œsophage, s'accumulent surtout autour des conduits excréleurs des glandes (VERsON, DoLkowskt, FRANKENHAÜSER), Sans cependant donner lieu, chez l'Homme du moins, à de véritables follicules clos.

Le chorion est séparé de l’épithélium par une membrane basale qui résulte de la condensation du tissu conjonctif et qui se présente comme une membrane homogène ou finement striée assez épaisse; elle est creusée de pores que traversent des leucocytes migrateurs pour pénétrer dans l’épithélium, et elle se prolonge par des dentelures entre les limites des cellules épithéliales les plus profondes. DeBove a décrit et FRANKENHAÜSER a retrouvé au-dessous de cette basale une couche de cellules polygonales aplaties (« endothélium sous-épithélial » de DeBove), dont TourNEUx et HERRMANN n'ont pas admis l'existence. ù

Le chorion n'atteint, selon Gepnorr, son état définitif que vers l’âge de 12 ans, et le tissu élastique s’y développe de plus en plus avec l’âge. D'après cet auteur, la délicatesse et la structure du chorion et sa vascularisation abondante dans le jeune âge, jointes au développement incomplet des glandes muqueuses, expliquent la fréquence des affections trachéales de l'enfance.

B. Membrane élastique. Muscles et cartilage. — Au-dessous de la muqueuse, la paroi de la trachée est formée par une {unique fibro-élastique, comprenant dans son épaisseur des anneaux cartilagineux, formés de tissu hyalin qui servent de charpente; elle est renforcée par un muscle lisse, le muscle trachéal. La description de ces diverses parties est du ressort de

l'anatomie.

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